[VIDÉO] Des policiers aident les contrôleurs à traquer les resquilleurs

TransportsDes policiers épaulent les contrôleurs CFF. Objectif affiché: lutter contre la resquille, rassurer et garantir les recettes.

Vidéo: Anetka Mühlemann

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Gare de Lausanne, mercredi dernier, 10 h 20. Dans les haut-parleurs, l’annonce du départ imminent du RegioExpress de 10 h 21 en direction de Genève fait se dépêcher les derniers passagers. Un peu en retrait, huit personnes réparties en deux groupes font semblant de regarder ailleurs, mais ne perdent en réalité pas une miette de cette scène du quotidien. Chaque quatuor est composé de deux contrôleurs et de deux policiers des transports, pistolet et menottes à la ceinture, gilet estampillé «CFF Police» jaune fluo sur le dos. Ils observent discrètement.

Les portes à peine refermées sur les derniers passagers constituent le signal. Les deux petits groupes, au pas de charge, avalent les escaliers en quelques foulées et grimpent dans le wagon. Quatre d’un côté, quatre de l’autre. Le «piège» se referme, l’opération peut débuter.

Depuis quelques mois, ce genre de scène se multiplie dans les gares et les trains du pays. Lors d’opérations ponctuelles, les contrôleurs sont assistés dans leur travail par des policiers. Plusieurs raisons sont avancées pour justifier ces patrouilles inédites. «Il s’agit de rassurer les voyageurs en même temps que de créer un sentiment d’insécurité parmi les resquilleurs», détaille Michel Willy, chef régional de la police des transports. Il dirige une équipe d’une cinquantaine d’agents, essentiellement actifs sur les voies de chemin de fer de l’arc lémanique.

Manque à gagner

Véritables bêtes noires des CFF, les passagers sans billet valable visés ce jour-là sont en augmentation. À l’échelle nationale, ils sont passés de 430 000, en 2016, à 440 000 l’an dernier. Avec, à la clé, un manque à gagner de plusieurs dizaines de millions pour les CFF. De quoi justifier le dispositif. Misant sur la supériorité numérique et l’effet de surprise, le concept est conçu pour impressionner.

Retour sur la voie 8. Ce jour-là, ce sont uniquement les wagons de première classe qui sont visés. Dans un mouvement de tenaille, les contrôleurs examinent les billets, les policiers restent en retrait.

«Je me suis trompée de wagon, je prends le train tous les jours, mais je n’ai pas vu qu’on était en première»

Il n’y a pas foule dans le train et les quelques passagers présents dégainent tous un billet valable. Rien de significatif à signaler donc, jusqu’au contrôle d’une femme, la quarantaine, tête appuyée contre la vitre. Elle sort un billet de deuxième classe. «Je me suis trompée de wagon, je prends le train tous les jours, mais je n’ai pas vu qu’on était en première», soutient-elle au contrôleur. Avec l’air de celui qui connaît la chanson, il entend lui facturer un surclassement à 75 francs. Elle insiste: «Vous n’êtes pas sympa, je n’ai qu’à rejoindre le wagon 2e classe et on n’en parle plus.»

Mais le contrôleur n’en démord pas, indiquant à la resquilleuse qu’elle aura tout loisir de s’adresser au service des contentieux… après s’être acquittée de la somme. La discussion traîne en longueur. Jusqu’à ce qu’un policier fasse un pas en avant, de manière ostentatoire. La femme soupire, s’exécute et règle la somme. «Sans la présence des policiers, cette femme serait probablement encore en train d’essayer de négocier», estimera le chef de la police des transports un peu plus tard.

L’opération de la journée verra deux autres voyageurs attirés par la première avec un billet de deuxième en poche. Les deux paient le surclassement. Mission accomplie.

Autre dispositif le week-end

Dix minutes plus tard, l’escouade, chargée cette fois uniquement de très courts trajets, s’apprête à sortir à Renens. À huit devant la porte du train, ils ne passent pas inaperçus. Le dialogue s’amorce donc facilement avec les usagers. La plupart d’entre eux louent l’initiative. «Mais vous seriez bien plus utiles le samedi soir, lorsque les wagons sont pleins de jeunes violents et alcoolisés», leur lance un homme. «L’opération du jour n’est qu’une variante d’un système global qui s’adapte à toutes les situations. Le samedi soir, nous menons aussi ce genre d’actions, mais les effectifs sont bien plus importants», rétorque Michel Willy. (24 heures)

Créé: 12.05.2018, 08h09

Articles en relation

Les CFF soignent les clients pour faire passer leurs gros travaux

Mobilité Le transporteur admet avoir dû «changer de culture» pour gérer les nuisances qu’il provoque en Suisse romande. Plus...

Ce que les CFF réservent aux Vaudois en 2018

Transports Le nouvel horaire est instauré le 10 décembre. Les chantiers massifs continuent de l’influencer. Comme toujours, certains perdent, d’autres gagnent. Plus...

Un été 2018 sans train pour Berne

Infrastructures Une partie de la ligne Lausanne-Berne sera complètement interrompue durant sept semaines l’année prochaine. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.