Passer au contenu principal

La vie sociale des Vaudois passe en plein écran

Cours de musique, de théâtre ou d'éducation canine sans bouger de son salon. À l’heure du confinement, les loisirs se réinventent en mode 2.0 pour lutter contre la morosité.

C’est pour la visioconférence que Fabian Ferrari, professeur de théâtre à Lausanne, tout comme Sébastien Pittet, professeur de guitare à Romainmôtier, ont opté pour continuer à voir leurs élèves.

Malgré une petite bise, il fait grand beau dehors. Pourtant, après une longue journée de télétravail enfermé dans sa chambre, Davide Brusaferro, 33 ans, n’ira pas courir au bord du lac. Il n’ira d’ailleurs pas plus loin que son salon. «Durant ce confinement, je limite mes sorties au maximum», indique-t-il. Pour se changer les idées, cet architecte paysagiste italien, installé depuis plusieurs mois à Lausanne, a donné rendez-vous sur Skype à deux de ses amis pour une séance de sport par visioconférence. «Cela nous permet de nous changer les idées, de nous dépenser tout en nous motivant les uns les autres, et de maintenir un semblant de vie sociale», raconte-t-il avant de débuter une série d’abdos. Son seul matériel: un tapis de gym, des haltères et une bonne connexion internet.

Piscines, fitness et cinémas fermés. Virées shopping impossibles. Pistes de ski inaccessibles. Mesures de confinement obligent, la liste des activités dans laquelle les Vaudois pouvaient piocher pour occuper leurs soirées ou leurs week-ends se réduit comme peau de chagrin. Des alternatives plus ou moins originales pour passer le temps intelligemment ont vu le jour. Certains acteurs culturels, sportifs ou de loisirs ont dégainé leurs armes sur le Net. Certains fitness, à l'instar du club Let's Go, proposent par exemple des entraînements par écrans interposés. Alors que des professeurs de musique ou de yoga offrent leurs services à travers des plateformes de visioconférence. Dans la Broye, une école d’éducation canine a même trouvé le moyen de continuer à donner ses cours à distance. Par le biais de petites vidéos d’exercices à faire depuis son salon avec son chien, envoyées sur le service de messagerie WhatsApp.

Lien social

Pour vaincre la morosité du confinement, les loisirs se réinventent avec les moyens du bord, comme l’observe Gianni Haver, professeur de sociologie de l'image et d'histoire sociale des médias à l'Université de Lausanne (UNIL). «On n'a finalement pas connu beaucoup de périodes de confinement auparavant. La précédente qui me vienne en tête, c’est celle de la grippe espagnole», rappelle-t-il. Mais entre-temps, les écrans ont fait leur apparition. Nous permettant de faire passer le temps plus vite. Mais pas seulement. «Ils nous permettent de maintenir le lien social, ce qui est primordial», ajoute le sociologue (lire encadré).

Cours de théâtre en ligne

Depuis le début du confinement, Fabian Ferrari, professeur de théâtre à Lausanne, propose à ses élèves, des adultes et seniors amateurs, de se retrouver un soir par semaine sur la plateforme de visioconférence Zoom (vidéo ci-dessus). «Au théâtre, les comédiens sont amenés à interagir entre eux, à se toucher et à jouer avec l’espace. Sur Zoom, c’est clair que c’est très limité à ce niveau-là, explique le professeur de théâtre. Mais nous préparons un spectacle pour le mois de juin, si tout va bien. Nous pouvons donc continuer à travailler les textes.» Mais pas que. Au programme: des exercices de diction, d’intonation, de respiration et d’émotions. Pour Isabelle Rochat, élève de Fabian Ferrari depuis plusieurs années, ces répétitions virtuelles sont salutaires après ses longues journées de télétravail. «En ce moment, ma vie sociale est très limitée. Ces cours m’aident surtout à voir autre chose, à me changer les idées, à décompresser.»

C’est également pour la visioconférence que Sébastien Pittet, professeur de guitare à Romainmôtier, a opté afin de continuer à voir ses élèves. «Certes, il y a plus d’inconvénients que d’avantages dans cette manière d’enseigner la musique, mais c’est mieux que rien, souligne-t-il. Par exemple, il n’est pas possible de jouer ensemble en direct et le retour de son n’est pas optimal. Mais ça permet de travailler des choses plus techniques comme les partitions. Tout en gardant un contact régulier avec les élèves. »

Une fois la crise passée, le développement accéléré de ces nouvelles manières d’interagir pourrait encourager des changements sociétaux profonds. C’est du moins ce que pense Gianni Haver: «Dans la situation actuelle, on remarque qu’il y a toute une série de choses qu’on peut très bien faire par écrans interposés. C’est même inquiétant à quel point certaines réunions, notamment professionnelles, peuvent se révéler parfois plus performantes que celles en présence. On voit mieux les expressions de chacun, il suffit de prendre la parole pour parler, on s’écoute mieux les uns les autres et il y a une meilleure répartition de la parole.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.