Vieillissement et asile pèseront sur les finances du Canton en 2018

Budget 2018L’Etat prévoit 9,5 milliards de dépenses l’an prochain, avec un bénéfice de 60 300 francs. La fiscalité des sociétés reste incertaine.

«Les gens devront choisir entre les vacances, d’autres choses, et la qualité des soins», Pascal Broulis Conseiller d’Etat (PLR) en charge des Finances

«Les gens devront choisir entre les vacances, d’autres choses, et la qualité des soins», Pascal Broulis Conseiller d’Etat (PLR) en charge des Finances Image: GERALD BOSSHARD -A

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Vieillissement, asile et RIE III. Les trois mots revenaient fréquemment dans la bouche de Pascal Broulis mercredi matin, au moment de présenter le budget 2018 de l’Etat de Vaud, dans les sous-sols de la Maison de l’Elysée, à Lausanne.

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Disant attendre au plus vite la version définitive du Projet fiscal 17 du Conseil fédéral (mis en consultation au début du mois), le grand argentier table sur des dépenses de 9,5 milliards de francs pour l’an prochain. Les revenus seront presque identiques, avec un résultat positif de 60 300 francs.


L'éditorial: Et si cette fois Broulis s’inquiétait à juste titre?


Le ministre libéral-radical parle d’une croissance des charges «marquée, mais maîtrisée», car elles augmentent de 2,48% par rapport au budget 2017 (+230 millions). Quant à la dette, elle devrait légèrement dépasser le milliard, contre 775 millions en 2016 (voir infographie). Les investissements se monteront à 693 millions.


Vieillissement et primes

L’an dernier, lors du budget 2017, il était apparu que la part dévolue au social dépasserait celle de la formation cette année. Sur 100 francs dépensés par l’Etat, celui-ci mettait 28 fr. 75 pour le social et 28 fr. 70 pour la formation. L’an prochain, le rapport devrait revenir à la normale: 30 fr. 30 pour la formation et 29 fr. 06 pour le social (voir infographie). Ce changement serait dû à une modification du calcul, car il se base sur une méthode statistique de la Confédération.

Le social reste tout de même le principal bénéficiaire de l’augmentation des charges: 134 des 230 millions. La majeure partie revient à la hausse des subsides LAMal (+52 millions), c’est-à-dire pour aider certains Vaudois à honorer leurs primes d’assurance-maladie. Le vieillissement de la population et la hausse des primes expliqueraient cette augmentation des subsides. Si la situation continue, «les gens vont devoir choisir entre les vacances, d’autres choses, ou la qualité des soins, analyse Pascal Broulis. Les primes d’assurance sont le reflet de ce que nous consommons.»


L’asile: un appel à Berne

Quant à l’asile, Pascal Broulis reconnaît qu’il s’agit d’un élément parmi d’autres dans les difficultés qu’il pressent. Mais s’il en a beaucoup parlé mercredi, c’est pour faire passer un message à Berne. En 2018, l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) coûtera 142 millions et la Confédération en couvrira 75 millions, soit 52,8%. Or Berne devrait couvrir entièrement la facture pour ces requérants d’asile. A cela s’ajoute un autre élément: après cinq ans, la Confédération transfère au Canton les dossiers (et donc les coûts) des réfugiés qui bénéficient des régimes sociaux. Coût pour le Canton: environ 20 millions par an.

«Sournoisement, les coûts dégoulinent sur les cantons, commente Pascal Broulis. La Confédération doit soutenir la politique liée aux migrants, sinon il existe un risque pour la cohésion. Chaque année, entre 200 et 300 dossiers de migrants émargent au social. Pour certains, ce sont des gens pour qui la valeur du travail n’est pas la même, c’est-à-dire que le travail ne représente pas pour eux une panacée.» Il explique ne pas critiquer, mais souligner une différence culturelle.


L’incertitude fiscale demeure

Ce qui préoccupe Pascal Broulis, ce sont les rentrées fiscales. Il prévoit une hausse de 1,9% de l’impôt sur le revenu (3,5 milliards) et de 2,7% de l’impôt sur la fortune (575 millions). Et pour les entreprises? Zéro virgule zéro pour-cent d’augmentation, alors que le volet vaudois de la troisième réforme fédérale de l’imposition des entreprises (RIE III) doit se déployer pleinement dès 2019. Selon les prévisions, tant l’impôt sur le bénéfice que celui sur le capital ne bougeront pas: 582 millions pour l’un et 90 millions pour l’autre.

«Nous sommes dans une attente totale», explique Pascal Broulis, faisant référence au Projet fiscal 17 du Conseil fédéral. Il doit faire suite au refus, en février, de la RIE III par le peuple suisse. Et Pascal Broulis ajoute: «Nous n’avons plus implanté de grande société étrangère, c’est-à-dire avec plus de 50 employés, depuis 2012. La prévision de l’impôt sur le capital le montre. Nous vivons sur nos acquis. Or nous sommes en concurrence avec le reste du monde et les cantons voisins.» (24 heures)

Créé: 27.09.2017, 21h59

La droite fustige la «voracité» de l’Etat

Cela n’étonnera personne. Marqué par une ixième hausse des charges, le budget 2018 est diversement apprécié par les formations politiques selon qu’elles font ou non partie de la majorité gouvernementale. A l’UDC, on s’«inquiète» de ce «fragile équilibre budgétaire». «Sans l’apport des revenus non fiscaux, comme la répartition du bénéfice incertain de la BNS et les subsides fédéraux par nature volatiles, le budget 2018 serait déficitaire.» En cause surtout, le social: «Ce sont une fois de plus les charges brutes de l’action sociale qui explosent tous les records avec une hausse massive de 134 millions de francs», souligne le parti de droite.
Sur la même partition, le PLR entonne son refrain préféré en fustigeant la «voracité» du Département de la santé et de l’action sociale, un «mammouth qui dévore une bonne partie des financements». Les libéraux-radicaux craignent toujours de voir augmenter les impôts et la dette. «La seule maîtrise vient des ministres du centre droit et du travail méticuleux du chef du département, Pascal Broulis, qui réussit à présenter un budget équilibré» malgré l’appétit de la gauche, notent-ils.

Anticipant les réactions sur la hausse des dépenses sociales, le Parti socialiste vaudois (PSV) défend ses ministres en mettant la droite devant ses responsabilités fédérales: dans son communiqué, il appelle le PLR et l’UDC, «majoritaires à Berne, à corriger leurs positionnements pour mieux lutter contre la paupérisation de la population engendrée par leurs décisions: austérité, coupes budgétaires, inaction face aux caisses maladie, etc.». En dépit de cela, le PSV, satisfait, constate que le Canton «est bien géré, que son développement est maîtrisé», bref, «qu’il va bien. Mais certains Vaudois et Vaudoises vont moins bien et l’Etat poursuit sa politique cohérente pour les soutenir.»

Un poil plus mesurés, les Verts saluent un budget équilibré et invitent les milieux patronaux, «qui se défaussent toujours plus de leur responsabilité salariale, à mieux répartir les richesses pour éviter l’éclatement de l’élastique social de plus en plus tendu entre riches et pauvres». Le Parti écologiste exprime un regret vis-à-vis de ce budget: «le manque d’ambition en termes de protection du climat».
V.MA.

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