D’où viennent les 326 Vaudois qui rêvent d’aller à Berne?

Elections fédéralesLes candidats au Conseil national sont avant tout urbains. Un sur deux habite en ville et 70% viennent de l’arc lémanique.

Parmi les 326 candidats qui rêvent de décrocher un siège au Conseil national, ceux de gauche sont plus urbains que ceux de droite.

Parmi les 326 candidats qui rêvent de décrocher un siège au Conseil national, ceux de gauche sont plus urbains que ceux de droite. Image: Patrick Martin

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Aujourd’hui, quatre Vaudois sur 10 habitent en ville. Et les 326 candidats aux élections fédérales, ceux qui rêvent de décrocher un siège au Conseil national, d’où viennent-ils? La proportion d’urbains est un poil plus importante: 52%, c’est-à-dire 170 sur 326. Lausanne est évidemment la ville qui compte le plus de concurrents: 78.

A ce petit jeu, la gauche confirme son image de courant politique urbain. Sur ses 90 candidats, 54 habitent dans une ville. Un chiffre qui n’est que de 47 sur 90 à droite et 44 sur 98 au centre. Pour le savoir, 24 heures a compulsé l’ensemble des 23 listes définitives. Une constante: celles des petits partis, toutes incomplètes, sont moins représentatives. Enfin, 13 candidats habitent hors du canton (lire ci-contre).

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Gauche: deux tiers d’urbains

La première place de la gauche reflète la force de son électorat en ville. Le record revient au Parti ouvrier populaire (POP) et à SolidaritéS, avec 15 urbains sur leur liste, dont 11 Lausannois. Céline Misiego, secrétaire du POP et candidate au Conseil des Etats, habite elle-même la capitale. Selon elle, l’origine géographique n’a pas été un critère déterminant. «Mais nous avons essayé d’avoir davantage de candidats hors de Lausanne, comme du Chablais ou de la région de Nyon», précise-t-elle.

Les socialistes, eux aussi, font fort: 12 urbains, dont sept Lausannois. D’ailleurs, cinq de leurs six conseillers nationaux actuels vivent en ville. Le président du parti, lui aussi Lausannois, veut casser le mythe d’un parti ancré dans la capitale. «Ce qui intéresse les électeurs, c’est avant tout le bilan politique d’un candidat, estime Stéphane Montangero. Dès le moment où des personnalités se profilent grâce à leurs actions politiques, il est normal que notre congrès les désigne comme candidats, ville ou pas.»

Quant aux Verts, ils arrivent en dernière position à gauche, avec huit urbains, dont quatre Lausannois. Les écolos deviendraient-ils campagnards? Il y a un peu de ça, oui. Leur électorat s’y développe, selon leur président, Martial de Montmollin, citoyen de Bussigny. La raison? «Nous sommes présents sur des thèmes comme l’agriculture et l’alimentation, note-t-il. De plus, notre conseiller aux Etats Luc Recordon a été très actif sur la fiscalité agricole.»

Droite: équilibre campagnard

Si la gauche ne s’émeut pas plus que ça de l’origine de ses candidats, la droite, elle, en fait une question de principe. Tant l’UDC que le Parti libéral-radical (PLR) ont mis au point un ensemble de règles complexes pour représenter chaque région sur leur liste. Ainsi, près de la moitié des candidats bourgeois n’habitent pas en ville (43 sur 90). Les urbains ne sont que 7 sur 18 à l’UDC et 9 sur 18 au PLR.

«Notre but est de garantir une mobilisation dans chaque région, grâce à l’addition des réseaux de chacun des candidats», explique la Veveysanne Fabienne Despot, présidente de l’UDC et candidate au Conseil des Etats. «Notre slogan est d’être proche des gens et, avec nos candidats, nous encourageons les électeurs à se sentir proches de nous.»

A la fois syndic d’Aigle, président du PLR et candidat au Conseil national, Frédéric Borloz abonde: «Chaque région a une tendance naturelle à se mobiliser derrière son propre candidat, analyse-t-il. Le risque d’en présenter plusieurs par district, ce sont les coups de crayon.»

Exception à droite: la liste des Jeunes libéraux-radicaux, avec seulement six citoyens d’une ville. Un souci de recrutement? «Non, répond leur présidente et tête de liste, Oriane Engel, citoyenne d’Yvorne. Plusieurs candidats urbains potentiels ont renoncé à se présenter. Par contre, nous aurons des candidats pour les communales en ville, par exemple à Lausanne», promet-elle.

Centre: biais agrarien

C’est au centre que les urbains sont les moins nombreux: 44 sur 98, avec seulement 15 de Lausanne. Les chiffres sont biaisés par le petit Parti bourgeois-démocratique (PBD), dont seuls trois candidats sont urbains, même si 14 viennent de l’arc lémanique. Son slogan «Les PAI votent PBD» se revendique rural, en référence à l’ancêtre de l’UDC, le Parti des paysans, artisans et indépendants. «Notre liste représente l’union ville-campagne, souligne le président du PBD, l’Avenchois Eric Schürch. L’UDC ne représente plus l’électorat agrarien.»

Créé: 03.10.2015, 13h48

12 Romands et un Californien

Sur les 326 candidats, 13 habitent hors du canton de Vaud, tout à fait légalement. On y trouve trois Valaisans, deux Neuchâtelois, deux Bernois, deux Fribourgeois, deux Genevois et un Tessinois. Ecopop en compte six, Action Nationale trois, les Jeunes socialistes deux et le Parti nationaliste un. «Nous n’avons pas réussi à mettre sur pied des listes dans d’autres cantons, c’est pour ça que nous avons réuni nos candidats sur notre liste vaudoise, car la plupart d’entre eux travaillent dans ce canton», explique Anita Messere, tête de liste d’Ecopop. Un seul Suisse de l’étranger se présente dans le canton: un pasteur de la liste du Parti évangélique, installé en Californie.

Majorité lémanique

Sept candidats sur 10 habitent dans un district au bord du lac Léman, soit 231 concurrents sur 326. La proportion est quasi similaire à droite (63 sur 90), au centre (63 sur 98) et à gauche (68 sur 90). Dans le classement des régions, c’est évidemment le district de Lausanne qui arrive en tête avec 84 candidats, soit 27% des concurrents alors qu’il représente 21% de la population vaudoise. En deuxième position, mais loin derrière, 37 concurrents habitent dans le district du Jura-Nord vaudois, dont 18 à Yverdon. Le district le moins représenté est celui de Broye-Vully, avec seulement 13 candidats. Il s’agit aussi du district le moins peuplé, soit 4,2% des 755'000 Vaudois.

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