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Les vignerons ont protesté poliment et en petit comité

Parqués à 200 m du Palais fédéral, les producteurs ont dénoncé entre eux leur situation, malgré la visite de quelques parlementaires.

La profession réclame notamment une limitation des importations de vin étranger.
La profession réclame notamment une limitation des importations de vin étranger.
JEAN-BERNARD SIEBER / ARC

Dur pour les vignerons de voir le verre à moitié plein: la mobilisation qu’ils organisaient lundi à Berne pour crier leur colère a tourné en une sorte d’assemblée générale en plein air. Autour d’une tonnelle où le chasselas était généreusement servi, les membres des «Raisins de la colère» étaient en effet à peine plus d’une centaine pour faire passer un message, privés d’auditoire. Du monde, et du beau, il y en avait pourtant juste à côté, au Palais fédéral, à l’occasion de la rentrée parlementaire, où l’heure était plutôt aux selfies de famille et aux célébrations, un verre – maigre consolation pour les vignerons – à la main.

«Il est interdit d’organiser des rassemblements en période de session et nous avons été contraints de nous installer à l’écart, sur la place du Casino», regrettait, fataliste, Alexandre Fischer, le producteur de Yens qui a lancé la révolte. «On aurait pu espérer être plus nombreux, c’est vrai, mais nous sommes là et il faut le voir comme un premier pas encourageant avec la présence de représentants de plusieurs cantons.»

«Un peu décevant»

Un avis pondéré compréhensible mais de façade, les propos étant beaucoup moins nuancés autour des verres, certains parlant même d’un «flop», sans pour autant renier le bien-fondé de la démarche. «C’est un peu décevant, notamment de la part des jeunes, que j’imaginais plus concernés, mais ça a le mérite d’alarmer de manière concrète sur la situation de crise qui touche la profession», estimait Serge Hugi, viticulteur à Denens. «Les 170millions de litres que nous acceptons d’importer chaque année vont finir par causer notre perte, et il est temps que les politiciens bougent enfin, de même que nos organes de promotion.»

Les politiciens, justement, ne sont pas venus en masse apporter leur soutien au mouvement, notamment… parce qu’ils ignoraient la teneur de l’événement, pourtant à deux pas, preuve d’une certaine désorganisation. «Ah, c’était aujourd’hui? Dommage, car je serais volontiers allé à leur rencontre!» regrettait par exemple Pierre-Yves Maillard.

«Si nous devons rouvrir des accords avec l’OMC, il faudra lâcher du lest sur d’autres produits, comme le fromage»

Alors que les vignerons bravaient le froid, un drapeau vaudois dans une main, une pancarte dans l’autre, il était ainsi piquant de voir bien des élus bavarder tranquillement et bien au chaud attablés dans les restaurants voisins. Il y a certes eu Jean-Luc Addor, l’UDC valaisan, Jacques Bourgeois le PLR fribourgeois, et enfin son collègue d’Aigle Frédéric Borloz, par ailleurs président de la Fédération suisse des vignerons. «Toute initiative visant à faire parler du vin suisse est la bienvenue; nous divergeons simplement sur les moyens et la stratégie à mettre en œuvre, nuance le syndic d’Aigle. Nous pensons que le temps politique sera beaucoup trop long pour avoir des effets concrets, sans compter que si nous devons rouvrir des accords avec l’Organisation mondiale du commerce, il faudra lâcher du lest sur d’autres produits, comme le fromage, et personne n’en sortira gagnant. Ce qu’il faut, c’est intensifier les efforts de promotion, comme la grande action qui vient d’être lancée avec un financement commun de la branche et de la Confédération.»

Du vin indigène, il s’en sera pourtant bu en quantité respectable au terme de la nouvelle session parlementaire, mais sans les vignerons manifestants, dont le message se sera heurté aux murs du Palais. «On ne peut pas juger de notre efficacité après la première action, résumait Alexandre Fischer. Nous avons posé la question des quotas d’importation dans l’agenda politique et décroché un rendez-vous, le 17 décembre, avec le conseiller fédéral en charge de l’Économie, Guy Parmelin. C’est un premier jalon important, car pendant ce temps, la réalité est que nous avons des stocks de millésime 2018 que nous n’arrivons pas à vendre, ce qui rend l’incertitude sur le 2019 encore plus grande.»

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