UBS rachète l’ancien domaine Mobutu

EnchèresEstimée à 18 millions de francs, la vaste propriété à Savigny de l’ex-dictateur du Zaïre a été vendue pour trois fois moins.

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Grinçante ironie, l’épilogue du divorce s’est joué dans la salle des mariages. Drôle d’ambiance, mercredi matin, au dernier étage de la préfecture du district de Lavaux-Oron, à Cully, où l’Office des poursuites procédait à la vente aux enchères du Domaine des Miguettes, à Savigny, communément appelé «le domaine Mobutu» («24 heures» du 12 mai).

Ancienne offre à 22 millions

L’ancienne propriété de l’ex-dictateur du Zaïre, Mobutu Sese Seko, avait été rachetée par un couple en 2001 pour 3,1 millions de francs. Ce couple d’expatriés – qui est depuis passé par un divorce et divers revers professionnels l’ayant mené aux poursuites – a ensuite rallongé quelque 12 millions pour rénover et agrandir le domaine.

C’est dire que l’ensemble, avec sa propriété de maître avec maison d’hôte, son court de tennis, sa piscine, son pool house et ses jardins à la française, avait de quoi faire rêver, laissant supposer que les prix allaient s’envoler. «Cette demeure, qui peut être qualifiée de grandiose, est nichée au cœur d’un parc exceptionnel de près de 30'000 m2 aménagé avec un soin tout particulier», vante d’ailleurs le bureau d’architecte qui, après expertise, l’évalue à 18 millions de francs.

Dans nos colonnes, récemment, le désormais ex-copropriétaire, Léon Schrurs, évoquait même une offre à 22 millions, faite à l’époque par un industriel italien.

UBS seule en scène

Pourtant, à l’heure de la vente, le suspense a été de courte durée. Aucun emballement des prix ni surenchère endiablée parmi la vingtaine de personnes présentes.

Et pour cause: sous le regard du substitut au préposé de l’Office des poursuites, Christian Tschanz, le domaine Mobutu n’a reçu qu’une seule offre, tombée après un silence pesant.

Faite par UBS, elle se monte à 6'054'000 francs. La première banque du pays – auprès de qui avait été contracté le prêt hypothécaire qui se monte à un peu plus de 5,9 millions – étant évidemment solvable, les vérifications d’usage ont duré moins d’une minute et la vente était conclue dans la foulée. «Pour nous, il s’agissait essentiellement de couvrir nos créances hypothécaires. Nous entendons désormais revendre cet objet, un bien assez exceptionnel dans notre portefeuille», précisait le représentant d’UBS.

«On espérait obtenir plus. Je suis déçu, aussi bien par la vente que par la somme rapportée»

A noter que les autres créanciers du couple, la Commune de Savigny, l’Etat de Vaud et l’Etablissement cantonal d’assurance (ECA), notamment, ne subiront pas non plus de pertes.

Marché tendu

Composée de représentants de la banque, de la syndique de Savigny et de quelques curieux, l’assistance comprenait également une personne particulièrement concernée par l’opération du jour: Léon Schrurs.

Visiblement éprouvé par cette vente express, l’ancien copropriétaire ne cachait pas sa déception: «Je ne savais pas tellement à quoi m’attendre, même si, évidemment, on espérait obtenir plus. Au final, je suis déçu, aussi bien par la vente que par la somme rapportée.»

Désormais propriétaire du bien, UBS compte le revendre à terme. Le marché de l’hyperluxe étant tendu – preuve en a été donnée mercredi–, l’opération ne s’annonce pas de tout repos.

(24 heures)

Créé: 15.06.2016, 17h37

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