La Ville effarouche les amis des bêtes sauvages
LausanneLe Service de la propreté rappelle à l’ordre ceux qui nourrissent les animaux, ceux à plumes compris, et qui salissent par terre.
C’est un panneau posé en plein centre-ville, à l’entrée du passage souterrain de Saint-François, juste au-dessus du Conservatoire. Autrement dit en plein bitume. Son message intrigue les passants. Il rappelle, articles de loi à l’appui, qu’il est interdit de nourrir les oiseaux et les mammifères sauvages à cet endroit précis de Lausanne. Et gare à ceux qui seraient tentés de déposer en douce grains de maïs et restes de repas pour leurs amis les bêtes: le site est sous surveillance. «Cet endroit faisait l’objet de déversements massifs de nourriture, et des déjections importantes sont apparues sur les bâtiments et au sol», explique Stéphane Beaudinot, chef du Service de la propreté urbaine. Alors ses agents veillent au grain.
Impacts sur l’environnement
À part les oiseaux, dont on imagine bien que ce sont les pigeons qui posent le plus de problèmes de propreté dans l’espace public, qui sont donc les autres «mammifères sauvages» qui se goinfrent de nos restes et qui en mettent partout? On parle de renards, de blaireaux et, bien évidemment, de rats. Stéphane Beaudinot: «Le nourrissage des animaux sauvages pose, dans la grande majorité des cas, des problèmes. Soit parce que la nourriture n’est pas adaptée, soit parce qu’elle est trop abondante, soit encore parce qu’elle profite prioritairement aux espèces opportunistes telles que rats, pigeons et corneilles. Ces dernières ont un impact négatif sur l’environnement.» Selon le chef du Service de la propreté, les espèces sauvages auraient largement de quoi se nourrir dans la nature. En l’état, il n’y a pas d’autre site lausannois sous surveillance pour ce type de problème.
Combien coûte l’amende? En réalité, il y en a deux: une première pour avoir abandonné de façon non conforme ses déchets sur la voie publique (150 francs) et une seconde pour avoir nourri un animal sauvage et dont le montant sera fixé par la préfecture. Reste que cette nature, et la faune qui va avec, les autorités de Lausanne se font fort de la ramener en ville. Elles récompensent les créateurs de jardins urbains. Elles offrent des plantes indigènes aux participants de la Fête des voisins pour qu’ils contribuent à la biodiversité en milieu urbain. Elles incitent les gérances à remplacer le bitume du bas des immeubles par des jardins potagers. Elles posent des nichoirs… Et dans un même temps, elles traquent les Lausannois qui nourrissent ces animaux qui, forcément, peuplent cette nature…
«Il y a un lien qui se crée avec cette faune, c’est humain et c’est compréhensible, mais donner à manger aux animaux sauvages peut s’avérer contre-productif», assure la municipale Natacha Litzistorf (Les Verts), directrice du Logement, de l’Environnement et de l’Architecture. Selon elle, le retour de la nature à Lausanne se fait de manière contrôlée, mais, dans l’hypercentre, la propreté urbaine est aussi importante que la nature. «On informe les différents acteurs de cette politique sur les bons gestes à avoir, notamment avec les animaux sauvages. Il faut savoir les nourrir. Et puis il y a la loi, et l’esprit de la loi… Il y a sans doute un juste équilibre à trouver.»
Créé: 17.11.2018, 09h02
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