La Ville privilégie «Lausanne Cités» dans l’idée de soutenir la presse

LausanneContre 170 000 francs par an, un journal communal de quatre pages sera encarté dans l’hebdomadaire tous les 15 jours.

Le partenariat entre le journal et la Ville débute en septembre.

Le partenariat entre le journal et la Ville débute en septembre. Image: Keystone

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Lausanne a fait ses choix. En plein débat sur l’aide à la presse, la Municipalité a décidé de mettre la main aux poches: de la gauche, elle souhaite débloquer 170 000 francs par année pour faire paraître, dès septembre et cela toutes les deux semaines, quatre pages d’informations communales dans «Lausanne Cités». Un partenariat de cinq ans sera signé avec l’éditeur.

De sa poche droite, elle sortira 70 000 autres francs, là encore chaque année, qu’elle saupoudrera entre les différents médias papier couvrant l’actualité lausannoise, et cela en leur achetant des annonces. Ces deux mesures doivent encore être validées par les conseillers communaux lorsqu’ils se prononceront sur le budget 2019, en fin d’année.

Pour Lausanne, la publication d’un journal communal vingt-deux fois par an dans «Lausanne Cités» est «une manière de renforcer l’information locale dans un paysage médiatique en pleine évolution qui, avec le regroupement ou la disparition annoncée de certains titres, des suppressions de postes ou la stagnation du lectorat, ne permet pas une forte couverture de l’information locale.»

C’est une manière, aussi, de renforcer sa communication à la population ailleurs que sur le numérique, cible de gros efforts ces derniers temps. «Mais tout le monde n’est pas connecté. Il y a aujourd’hui, pour de nombreux Lausannois, un besoin d’information sur papier. Et «Lausanne Cités» est le seul journal diffusé tous-ménages, avec du contenu rédactionnel», justifie le syndic Grégoire Junod.

Les textes seront livrés exclusivement par la Ville et rédigés par Alain Maillard, ancien membre du bureau des Verts vaudois et rédacteur en chef du magazine suisse des médias «Édito».

Des pages «non partisanes»

Que contiendront ces pages estampillées «Ville de Lausanne»? Pour l’essentiel, des informations pratiques, qu’il s’agisse des prestations proposées par les services de la Ville, des animations et manifestations culturelles et sportives, des informations sur les grands projets et chantiers lausannois, des portraits ou des interviews. La Ville assure que ces pages seront sans publicité et «non partisanes». Il ne s’agira donc pas d’y promouvoir la politique municipale. «Nous veillerons à ce qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Les lecteurs devront se rendre compte que ces pages ne sont pas du «Lausanne Cités». Nous n’aurons pas de regard sur leur contenu, mais il s’agira de bien nous coordonner sur les sujets qui seront traités», prévient Philippe Kottelat, rédacteur en chef de l’hebdomadaire qui touche 180 000 ménages. Ce dernier reconnaît par ailleurs que les discussions avec les autorités lausannoises datent déjà de quelque temps, mais qu’elles ont été accélérées après l’annonce des vues de Christoph Blocher sur le journal.­

Pascal Fleury est le directeur général de «Lausanne Cités» et de son pendant genevois, «GHI». Il assure qu’un partenariat similaire avec les autorités genevoises n’est pas à l’ordre du jour. «C’est différent avec l’État de Genève, qui dispatche déjà ses publications entre tous les titres de la place.» Sur le budget global de «Lausanne Cités», que représente finalement l’aide lausannoise? «Je ne vous donnerai pas de chiffres, mais ce n’est pas négligeable. C’est toujours bon à prendre, même si cela reste une petite manne.»

Et les autres journaux?

Lausanne va aussi proposer d’octroyer 70 000 francs par an à titre d’aide à la presse, dès 2019. Ce montant servira à des achats d’annonces dans les médias papier couvrant l’actualité lausannoise. Grégoire Junod: «Ils seront répartis entre les titres qui traitent des actualités locales, dont «24 heures» bien entendu. Une petite partie de cette enveloppe pourra aussi aller aux journaux de quartier.»

Dans un communiqué, les Verts lausannois estiment que «cette mesure permet tout de même d’équilibrer les prestations entre les différents journaux et de soutenir notamment les titres de Tamedia.» La Municipalité poursuivra aussi sa politique de publication des mises à l’enquête et offres d’emploi, qui représente près de 200 000 francs pour «24 heures» et le portail www.emploi-romand.ch, ainsi qu’environ 60 000 francs pour la «FAO».

Du côté de Tamedia, qui édite notamment «24 heures», le responsable de la communication Patrick Matthey dit prendre acte des décisions prises par la Ville de Lausanne en matière de soutien à la presse. Y voit-il une forme de concurrence déloyale? «De manière générale, Tamedia n’est pas favorable à l’aide directe mais privilégie l’aide indirecte et l’amélioration des conditions-cadres de la branche», commente-t-il. (24 heures)

Créé: 11.07.2018, 18h40

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C’est le nombre de parutions annuelles prévues du journal communal lausannois dans «Lausanne Cités»

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