«Violences sexistes» au sein de SolidaritéS Vaud

ConflitDes plaintes internes de femmes du parti ont conduit à la suspension d’un militant, en mars dernier. L’homme conteste

Sur la page Facebook de SolidaritéS Vaud, en prévision de la grève féministe du 14 juin dernier.

Sur la page Facebook de SolidaritéS Vaud, en prévision de la grève féministe du 14 juin dernier. Image: DR

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«Le mouvement SolidaritéS Vaud a eu à connaître un cas de violences sexistes dans ses rangs.» Voilà comment commence la brève prise de position du parti de gauche radicale quand on l’interroge sur l’exclusion de l’un de ses membres.

L’affaire remonte à mars dernier. Un groupe de militantes formule des plaintes à l’encontre d’un jeune homme du parti. Le mouvement, qui se définit comme «anticapitaliste, féministe et écologique», accuse le coup.

Silence radio

Pour nombre de ses membres, ces plaintes ont eu un effet «consternant». D’habitude très disert, Pierre Conscience, secrétaire du mouvement, ne dira pas un mot de cette affaire.

Il renvoie à la «commission de résolution des conflits» du parti. C’est elle qui a «investigué» le cas. Daniel Süri est membre de ladite commission. Mais il n’est pas beaucoup plus bavard que Pierre Conscience.

Hors de question d’évoquer le cas de façon précise, par souci de «protection de la personnalité», explique-t-il. Qu’entend-on par violences sexistes? Des mots, des gestes? Silence absolu. Pas d’indications non plus sur le nombre de personnes qui déclarent avoir subi ces violences.

Seul développement concédé: aucune plainte n’a été déposée dans la foulée de ces événements. «Cela n’avait pas de sens de faire un signalement en l’absence de plainte juridique des victimes. Elles étaient évidemment notre première préoccupation et elles n’ont pas souhaité dénoncer. Nous avons œuvré à partir de ça. Dans leur intérêt et dans celui, ensuite, de l’association.»

La commission dit avoir suspendu du mouvement le militant incriminé. Et proposé qu’il s’engage à un suivi thérapeutique. Les chemins du jeune homme et du mouvement de gauche radicale se seraient séparés ainsi, en mars dernier.

Incompréhension

L’intéressé conteste ce déroulé des événements. S’il a été effectivement suspendu dans un premier temps, la suite a été plus confuse.

«Le flou de la procédure adoptée par la commission ne m’a pas permis d’en savoir plus, malgré mes demandes et celles formulées par plusieurs membres, ce qui m’a profondément affecté et choqué. J’ai donc décidé de quitter l’association dans le courant du printemps. Je n’ai fait ni ne fais actuellement l’objet d’aucune procédure judiciaire et ne suis pas de thérapie. Aujourd’hui encore, il m’est impossible de comprendre le comportement de la commission de résolution des conflits de SolidaritéS.»

L’homme indique aussi que les faits qui ont déclenché la procédure à son encontre concernent «d’anciennes relations amoureuses». «Ce n’est que grâce à des informations obtenues après coup auprès d’autres militants que j’ai pu cerner les allégations en question (qui ne correspondent pas à la réalité) ainsi que l’identité de leurs auteurs.» Il précise aussi: «Malgré mon insistance, la commission a refusé d’entendre ma version des faits et d’examiner les nombreuses preuves dont je dispose.» L’affaire aurait selon lui conduit plusieurs personnes, «choquées par la procédure», à s’éloigner de SolidaritéS.

Créé: 10.07.2019, 18h07

L’inspiration genevoise

Le militant l’assure: la création d’une commission de résolution des conflits simultanément à cette affaire est un hasard. Le mouvement n’avait d’ailleurs pas fini de régler son fonctionnement lorsque les plaintes sont arrivées. «C’est en réaction à l’affaire de Genève que nous avons décidé de monter une commission», se souvient Daniel Süri. Un conflit a en effet éclaté en 2017 entre le secrétaire de SolidaritéS Genève et député, Pablo Cruchon, et la secrétaire administrative de la formation et conseillère municipale, Maria Pérez. Un communiqué du 29 juin dernier, diffusé à la suite de la victoire de cette dernière aux Prud’hommes, faisait d’ailleurs mention de «rapports asymétriques à l’œuvre entre femmes et hommes». Même s’il n’était pas question de violences sexistes dans cette affaire-là.

Dans le canton de Vaud, la commission – constituée «parce que nous ne sommes pas à l’abri des conflits» – est composée de six membres du parti. «Des personnes qui jouissent de la confiance d’une majorité des militants et militantes. Nous devons être au moins cinq pour statuer et il y a une majorité de femmes», détaille Daniel Süri.
Le militant rappelle aussi l’existence, antérieure à cette crise interne, d’une «charte antisexiste et contre l’hétérosexisme». L’idée: «Un collectif qui s’affirme publiquement féministe doit avoir une implication sur le comportement des personnes à l’intérieur de l’organisation.»

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