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Des viticulteurs proposent le premier Salon bio de Lavaux

Les six producteurs labellisés de la région se mettent ensemble pour promouvoir leur vin respectueux du terroir

Pierre Fonjallaz, Blaise Duboux, Pierre-André Jaunin, Gérald Vallélian et Gilles Wannaz (manque Jean-Christophe Piccard) sont les seuls «artisans du bio» de Lavaux. Ils espèrent être bientôt beaucoup plus nombreux.
Pierre Fonjallaz, Blaise Duboux, Pierre-André Jaunin, Gérald Vallélian et Gilles Wannaz (manque Jean-Christophe Piccard) sont les seuls «artisans du bio» de Lavaux. Ils espèrent être bientôt beaucoup plus nombreux.
Vanessa Cardoso

Ils ne sont que six vignerons sur 200 à Lavaux. Las, c’est assez pour une manifestation! Ainsi, Pierre Fonjallaz, Gilles Wannaz, Blaise Duboux, Gérald Vallélian, Jean-Christophe Piccard et Pierre-André Jaunin, tous labellisés Bio Suisse ou Demeter (biodynamie), proposent, le samedi 1er avril, le premier Salon de la viticulture bio de Lavaux.

Six, une paille? «C’est une explosion! lâche Gilles Wannaz, premier labellisé bio de Lavaux (2003), qui accueille la manifestation à la Tour de Chenaux. On passe d’un il y a trois ans à six presque d’un coup!» Le pionnier, qui a fait le pas de la labellisation alors que le mouvement «biodynamique» avait à peine débuté en Suisse romande, parie d’ailleurs sur une évolution rapide. «On part de zéro, mais notre objectif est d’arriver à 50%.»

Pas de prosélytisme

Pierre Fonjallaz, initiateur du rassemblement, partage cet avis. «Les jeunes vignerons se posent des questions, et ils sont prêts à changer.» Ce n’est pourtant pas à un salon prosélyte qu’il invite. Le vigneron, également candidat Vert au Grand Conseil, insiste: il ne veut pas convaincre et respecte ceux qui ne font pas le pas du bio, que ce soit pour des raisons idéologiques ou économiques.

Découvrez notre long-format:La viticulture bio mûrit en terres vaudoises

«L’idée n’est pas de dire «on est bio donc c’est mieux», mais d’inviter les gens à venir goûter nos vins, et à observer qu’ils ne sont pas aussi différents qu’ils le pensent», explique Blaise Duboux. Pour contredire la mauvaise réputation que les vins bio traînent derrière eux, les spécialistes s’accordent même pour dire que ce mode de culture est idéal pour mettre en valeur les terroirs. De grands domaines bordelais ou bourguignons l’ont bien compris sans l’afficher.

La différence, c’est au niveau de la production qu’elle se fait. En 2016, forte année de mildiou (champignon), Blaise Duboux a vu son chasselas donner 625 gr au lieu de 1,250 kg autorisé par les quotas au mètre carré. De son côté, Pierre Fonjallaz gagne moitié moins qu’il y a huit ans. Et Gilles Wannaz a diversifié son offre (avec une épicerie et un service traiteur) pour s’en sortir. «Les quotas ont fait que le maximum légal est devenu le minimum vital, déplore-t-il. On est bien loin de l’équilibre…»

Malgré les difficultés économiques – dues à une vulnérabilité plus grande de la vigne aux maladies – les trois vignerons ne reviendraient en arrière pour rien au monde. «Le bio, c’est une transformation dans ma vie!» insiste Pierre Fonjallaz. Le mode de culture «encourage à être ensemble» et rendrait carrément le vigneron plus «joyeux». «Tu retrouves le sens du travail, la joie de faire et un souffle de liberté», décrit Gilles Wannaz. Son compère évoque «le retour du foin dans les vignes, des sauterelles que mon père n’avait jamais vues et des fraises des bois».

Ceux qui passaient pour illuminés il y a quelques années prônent aujourd’hui sans fard un respect intelligent de la nature, dans une région longtemps considérée comme un bastion des traditionalismes. «On reste des originaux, mais il y a de la bienveillance par rapport à notre discours», conclut Pierre Fonjallaz.

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1er Salon de la viticulture bio de Lavaux, sa 1er avril, de 11 h à 18 h, chez Gilles Wannaz à la Tour de Chenaux.

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