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[VIDEO] Une Yverdonnoise séduit les marques sur Instagram

Laure, 17 ans, fait du placement de produits sur les réseaux sociaux. Suivie par plus de 50 000 jeunes, l’étudiante en photographie raconte son parcours d’«influenceuse».

À 17 ans, une majorité des étudiants jettent des frites dans l’huile bouillante des fast-foods ou font des sondages par téléphone pour se faire un peu d’argent de poche. Laure, elle, a déjà collaboré avec une multitude de marques: Triangl, L’Avant Gardiste, Eastpak, Loavies, Mr. Wonderful, Daniel Wellington ou encore Charles BowTie. Pourquoi la jeune Yverdonnoise suscite-t-elle un tel intérêt commercial? Etudiante en photographie au Centre d’enseignement professionnel de Vevey (CEPV), elle est suivie quotidiennement par 51'500 personnes sur Instagram, où elle se nomme «ruedelor». Des jeunes qui partagent ses centres d’intérêt, à savoir la mode, la photographie, la nourriture et le sport. Un échantillonnage rêvé pour les marques désireuses de cibler un public jeune et accro aux dernières tendances donc.

Attirer les marques

«A partir de 10'000 abonnés sur Instagram, on commence à intéresser les marques et à être un influenceur, explique Laure. Mais ce qui est essentiel, c’est surtout d’avoir un bon pourcentage de personnes actives sur le profil (ndlr: parmi tous les abonnés, avoir le plus possible de «followers» qui commentent et aiment les publications)» Même son de cloche du côté de la start-up genevoise Ifluenz, leader européen dans le marketing d’influence sur Instagram en termes de nombre d’inscrits, qui touche une audience de 500 millions de personnes grâce à ses 10'000 influenceurs dans le monde. «Disons que le minimum pour être considéré comme un micro-influenceur est de 5'000 abonnés, détaille Yann Benichou, cofondateur d’Ifluenz. Cela permet à des marques qui n’ont pas beaucoup de moyens à investir dans la communication de quand même lancer une campagne axée sur les réseaux sociaux.» Et de poursuivre: «Toutefois, la majorité des influenceurs avec qui nous travaillons ont en moyenne 50'000 abonnés. A partir d’une telle audience, cela devient vraiment intéressant car l’échantillonnage est vaste, mais toujours très ciblé sur des centres d’intérêt spécifiques.»

Ainsi, en observant le profil d’un influenceur, une marque peut très rapidement voir si l’audience correspond à son public cible. «Mon profil est catégorisé comme professionnel, détaille Laure. Plusieurs statistiques fournies gratuitement par le réseau social permettent de voir le pays d’origine des abonnés, leur âge et leur sexe.» Toutes ces informations en libre accès réduisent le travail de ciblage à faire par les marques, comme l’explique Yann Benichou: «C’est un gain de temps et donc évidement des frais moins élevés comparés à une campagne de publicité dite classique – affichage, dépliants, etc.»

Cumuler les followers

La course aux abonnés peut parfois tourner à l’obsession chez certains influenceurs. Mais Laure, elle, n’a «jamais cherché à toucher des milliers de personnes», selon ses propres mots: «J’ai ouvert mon compte il y a environ quatre ans, sans le dire à mes parents, qui étaient, au début, antiréseaux sociaux. Et le nombre d’abonnées a augmenté très rapidement, sans que je fasse quoi que ce soit de particulier pour cela.» En y regardant de plus près, l’instagrammeuse n’utilise en effet aucun hashtag (mot-dièse), qui permet de référencer une publication grâce à un mot-clé plus ou moins partagé, lui assurant ainsi une plus grande visibilité. «Je n’en mets jamais car je n’en comprenais tout simplement pas l’utilité, avoue l'étudiante. Je ne saurais pas très bien comment expliquer l’attractivité de mon profil Instagram, cela s’est fait naturellement.»

Le nombre affolant de followers de l’instagrammeuse pourrait s’expliquer par sa passion, la photographie. «Après avoir passé en revue le compte de Laure, nous sommes d’avis qu’elle publie du contenu de qualité et que son audience est très engagée (14%), affirme Yann Benichou. Et cela coïncide avec les fondements du réseau social: Instagram est centré sur le visuel de qualité, car c’est ce qui plaît aux utilisateurs. On y publie des instants de vie mais toujours avec une certaine recherche de l’esthétisme.»

Les vues se monnaient

Si les influenceurs permettent aux marques de diminuer leur budget communication, leurs services ne sont bien évidemment pas gratuits. «Nous proposons deux tarifs différents à nos clients qui veulent profiter des services d’influenceurs, détaille Yann Benichou. Le premier est de 3 francs par tranche d’audience de 1000 personnes. La deuxième est de 5 francs pour la même audience, avec la possibilité de complètement diriger la publication de l’influenceur, en passant de l’image jusqu’au texte.» Et combien vont dans les poches des instagrammeurs? «En moyenne, deux tiers de la somme totale», assure Yann Benichou.

Du côté de Laure, ses publications publicitaires sont loin de lui permettre de gagner sa vie: «L’année dernière, j’ai dû recevoir, au total, quelques centaines de francs pour les collaborations que j’ai faites. Par contre, je reçois beaucoup d’objets ou d’accessoires.» Elle cumule, en effet, des vêtements à la mode, des gadgets en tout genre, du mobilier décoratif et des montres. «Les marques ne me proposent pas toujours spontanément de l’argent contre une publicité, conclut timidement Laure. Je n’ose pas vraiment encore aborder la question lorsqu’on me sollicite, mais, avec l’expérience, cela viendra sûrement naturellement.»

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