Les prisons du canton débordent comme jamais
VaudMalgré les nouvelles places créées dans les prisons, le nombre des détenus laissés dans les cellules de police explose.
C’est du jamais vu. Le problème défraie pourtant la chronique politique depuis plus d’une année, jusqu’à motiver les Assises de la chaîne pénale qui se sont tenues avant les vacances d’été. Ces jours, plus d’une cinquantaine de personnes sont détenues dans les zones carcérales de diverses polices du canton, faute de place dans les prisons ordinaires.
Le séjour dans ces cellules conçues pour le dégrisement ou des transferts se prolonge régulièrement au-delà de quarante-huit heures, parfois pendant quelques semaines, en contradiction avec les prescriptions du Code de procédure pénale.
Durant le printemps 2012, cette situation avait été dénoncée pour la première fois par les Juristes progressistes d’abord, par le Conseil de l’Ordre des avocats vaudois ensuite. Plusieurs interpellations s’en étaient suivies au Grand Conseil. A cette époque, le nombre des détenus concernés variait selon les semaines entre quinze et trente.
De pire en pire
Depuis mai dernier, la construction en toute urgence d’une extension de la prison de la Croisée, à Orbe, a mis à disposition 80 nouvelles places en détention préventive, et 20 autres pour l’exécution de peines. Cela a permis de désengorger les zones carcérales, mais seulement de façon momentanée.
«La situation actuelle est pire que celle dont nous avons souffert par le passé», indique Jean-Christophe Sauterel, chef de la Direction prévention et communication de la police cantonale. Au siège de la gendarmerie, à la Blécherette, la quinzaine de places disponibles en cellule est mise à contribution. Et les 24 places de la zone carcérale de l’hôtel de police de Lausanne sont occupées.
Jusqu’ici, ces installations avaient suffi pour détenir les personnes arrêtées. Désormais, elles sont saturées, poursuit Jean-Christophe Sauterel: «Nous devons aussi recourir aux cellules des centres de gendarmerie mobile de Rennaz, de Bursins et d’Yverdon-les-Bains, et aussi, dans quelques cas, à celles de polices communales.»
Aussi des courtes peines
Le chargé de communication relève un autre phénomène nouveau. Les zones carcérales ne servent plus seulement à la détention provisoire, mais aussi à incarcérer sur mandat du Service pénitentiaire des personnes condamnées à de courtes peines. L’exécution de ces peines était jusque-là en attente.
Des aménagements ont été apportés aux zones carcérales de la Blécherette et de l’Hôtel de Police de Lausanne pour se rapprocher autant que possible des conditions légales de détention, entre autres pour l’éclairage, les douches, les promenades ou l’accès aux soins. Jean-Christophe Sauterel précise toutefois que ces dispositions «sont moins bonnes» dans les centres de gendarmerie mobile.
Par une communication interne datée du 24 septembre, le Conseil de l’Ordre des avocats a demandé à ses membres de lui «signaler les conditions de détention qui ne sont pas conformes, en particulier dans les nouveaux centres de détention». «Pour le moment, aucun cas ne nous a été rapporté», indique le bâtonnier Christophe Piguet.
Créé: 02.10.2013, 07h50
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