«Je suis de Zurich mais je ne prétériterai pas l’EPFL, je serai là pour tout le monde»

PolitiqueLe recteur de l’Université de Zurich, Michael Hengartner, a été nommé président du Conseil des EPF par le Conseil fédéral.

À 53 ans, Michael Hengartner dirigera l’organe qui chapeaute les EPF mais aussi plusieurs instituts de recherche prestigieux.

À 53 ans, Michael Hengartner dirigera l’organe qui chapeaute les EPF mais aussi plusieurs instituts de recherche prestigieux. Image: Keystone

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Les laboratoires du pays qui ont dû patienter tout l’été sont enfin fixés: le Conseil des Écoles polytechniques fédérales (EPF) a un nouveau président. Sur proposition de Guy Parmelin, chef du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) et à ce titre ministre de tutelle des EPF, le Conseil fédéral a annoncé la nomination de Michael Hengartner, recteur de l’Université de Zurich depuis 2014. Une place hautement stratégique qu’ont convoitée pas moins de vingt-neuf personnes parmi lesquelles la conseillère aux États sortante Géraldine Savary (PS/VD) («24 heures» du 19 août) .

En coulisses, beaucoup misaient sur la nomination d’une femme au bénéfice d’une solide expérience industrielle, qui figurait en bonne place sur la «short list» concoctée par la commission de sélection mise sur pied par Guy Parmelin pour l’occasion. Mais le nom de Michael Hengartner revenait lui aussi souvent dans les conversations, cette nomination est une demi-surprise. Il faut dire que le recteur de l’Uni de Zurich a plusieurs cordes à son arc qui ont su séduire à l’heure du choix. Explications.

«Michael Hengartner remplit tous les critères»

À mi-chemin entre la science et la politique, le poste de président des EPF, organe stratégique qui désigne les professeurs des écoles polytechniques et qui est appelé à trancher lorsque l’un d’eux dérape, n’est pas une sinécure. Le président des EPF, consulté quant à l’orientation des écoles, doit également affronter le politique lorsque sont discutées les enveloppes budgétaires.

On cherchait donc un scientifique respecté, un fin stratège, un manager confirmé et une personne au réseau solide. «Michael Hengartner remplit tous les critères», a lancé le conseiller fédéral vaudois. Et d’évoquer l’excellence de ses recherches (biochimiste, il a obtenu son doctorat en 1994 au Massachusetts Institute of Technology, dans le laboratoire du lauréat du Prix Nobel H. Robert Horvitz), son vaste réseau, national comme international, ou encore ses compétences reconnues à la tête de l’Université de Zurich comme à la présidence de Swissuniversities, la faîtière des universités suisses. Sans oublier ses bonnes connexions dans les sphères politiques et économiques. De quoi faire de Hengarter la perle rare.

Des ponts entre la science, la politique et l’économie

«Il faut être capable de lancer des ponts entre la science, la politique et l’économie. Ce poste, où il s’agit de maîtriser la dimension académique des hautes écoles tout en étant à l’aise lorsqu’il faut trouver des financements, est d’une richesse passionnante», se réjouit le principal intéressé, qui prendra ses fonctions le 1er février prochain.

Très concrètement, Michael Hengartner va passer de la direction d’une école cantonale à celle d’une institution fédérale, mais il restera à Zurich. De là à craindre qu’il prétérite l’EPFL au profit de sa cousine zurichoise? «Je suis de Zurich, mais je ne prétériterai pas l’EPFL, je serai là pour tout le monde», coupe le futur président. Les deux écoles sont certes concurrentes, mais elles sont surtout partenaires, poursuit-il, citant à ce titre leur master commun en cybersécurité.

Isabelle Chevalley satisfaite

Sur un registre plus politique, la conseillère nationale Isabelle Chevalley (Vert’libéraux/VD), membre de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture, se réjouit du profil «scientifique» de Michael Hengartner dans le contexte tendu de l’accord-cadre avec l’UE. «Il est le mieux placé pour savoir ce qu’un accord implique pour la recherche. S’il y a un domaine qui ne peut exister seul, c’est celui-là. Le président des EPF doit avoir le courage de le dire.»

«La collaboration internationale est indispensable pour l’excellence de la recherche. Il est évident que nous aimerions continuer à participer aux programmes européens, mais nous ne sommes pas un parti politique. C’est aux élus de trancher.»

Créé: 04.09.2019, 22h09

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