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Justice
Verdict dans le procès du volet suisse du scandale 1MDB

This photograph taken on April 2, 2024, shows the facade of Swiss Federal Criminal Court on the opening day of the trial of two Petrosaudi executives on embezzlement and laundering surrounding the Malaysian sovereign wealth fund 1MDB, in Bellinzona. Two men accused of embezzling $1.8 billion from the Malaysian sovereign wealth fund 1MDB went on trial in Switzerland on Tuesday, the latest hearings stemming from the vast multibillion-dollar financial scandal. (Photo by Fabrice COFFRINI / AFP)
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La justice suisse rend mercredi son verdict dans le procès de deux dirigeants de PetroSaudi, accusés d’avoir détourné 1,8 milliard de dollars du fonds souverain malaisien 1MDB.

Les deux hommes, qui ont comparu libres lors du procès qui s’est tenu en avril devant le Tribunal pénal fédéral suisse dans la ville de Bellinzone, dans le sud du pays, sont accusés d’avoir participé à une vaste opération de détournement de fonds orchestrée par Jho Low, un conseiller de l’ex-Premier ministre malaisien Najib Razak avec la complicité de ce dernier.

L’ampleur globale des détournements s’élèverait au final à plusieurs milliards de dollars, dont au moins 1,8 milliard à l’actif des deux hommes jugés en Suisse: Tarek Obaid, 48 ans, et Patrick Mahony, 47 ans, contre lesquelles la procureure Alice de Chambrier a requis respectivement 10 ans et 9 ans d’emprisonnement. 

La défense a plaidé l’acquittement arguant qu’il n’y avait pas eu d’escroquerie. Le parquet fédéral a également demandé que les avoirs séquestrés en Suisse soient restitués à 1MDB.

L’audience doit démarrer à 14h00.

Huis-clos

La représentante du Ministère public de la Confédération (MPC) avait demandé l’incarcération des deux hommes à l’issue du procès, invoquant le risque de fuite avant le verdict, mais la cour l’a refusé. 

Détenteur de la double nationalité suisse et saoudienne, Tarek Obaid, patron de la société saudi-suisse PetroSaudi, établie à Genève, était jugé pour escroquerie, gestion déloyale aggravée et blanchiment d’argent aggravé, tout comme son ancien bras droit, le suisso-britannique Patrick Mahony. 

Les faits reprochés s’étendent sur une période de 2009 à 2015 à tout le moins. Lors du procès, l’audition de Tarek Obaid s’est tenue à huis-clos en raison des menaces qui pèseraient sur lui et ses proches, avait rapporté l’agence de presse suisse Keystone-ATS.

Le MPC les accuse d’avoir, «dans le but de s’enrichir et d’enrichir des tiers, détourné au moins 1,8 milliard de dollars versé par le fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB) sur la base d’une joint-venture avec PetroSaudi, opération par la suite convertie en prêt islamique, puis d’avoir blanchi ces montants».

«Calculateurs, manipulateurs»

Selon le MPC, l’argent détourné de 1MDB, a permis aux deux hommes «d’acquérir, entre autres, des immeubles en Suisse et à Londres, des bijoux, du private equity, de développer les activités de PetroSaudi et d’entretenir un train de vie dispendieux».

La procureure Alice de Chambrier avait qualifié les accusés de «calculateurs, manipulateurs et obscènement cupides» et caractérisé le délit «d’arnaque du siècle», avait rapporté l’agence Keystone-ATS, tandis que la défense a tenté de situer l’affaire dans le contexte des relations entre PetroSaudi et 1MDB.

En 2005, Tarek Obaid officiait comme conseiller privé de la couronne saoudienne et le prince Turki – le septième fils du roi Abdallah – était alors son meilleur ami, selon une longue enquête publiée en juin 2018 par le quotidien suisse Le Temps. 

PetroSaudi, cofondée avec le prince Turki, était basée au sein même du palais royal et la caution implicite de la couronne lui a ouvert des portes dans le monde du pétrole, souligne Le Temps. 

En 2009, Tarek Obaid s’était rapproché de Najib Razak, devenu Premier ministre en Malaisie et ce dernier lui a proposé alors de faire affaire. PetroSaudi et 1MDB créent alors une joint-venture, à Genève.

Aux États-Unis aussi

Le scandale entourant le fonds 1MDB, censé contribuer au développement économique de la Malaisie, a abouti à l’ouverture de procédures dans plusieurs pays notamment aux États-Unis. 

Selon la justice américaine, plus de 4,5 milliards de dollars ont été détournés entre 2009 et 2015 du fonds, dans une fraude aux ramifications planétaires. En Malaisie, il a coûté la victoire de l’ancien Premier ministre Najib Razak aux élections de 2018 et a entraîné sa condamnation à 12 ans de prison, réduite en février dernier à six ans.

Le scandale a déjà conduit à la condamnation en Suisse d’un ex-banquier de la BSI – six mois avec sursis – tout comme de la banque elle-même – 4,5 millions de francs – pour blanchiment, avait révélé en mars le site Gotham City. La banque d’affaires Pictet a pour sa part écopé d’une amende de 40’000 francs pour n’avoir pas dénoncé un client impliqué, selon la même source.

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