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BasketballVevey Riviera Basket se démène pour sauver sa peau

N’ayant pas obtenu sa licence pour évoluer en LNA, le club de la Riviera espère un effet suspensif de son recours au TAS pour commencer la saison au plus haut niveau.

Westher Molteni (à gauche) au contact avec Arnaud Cotture des Lions de Genève
Westher Molteni (à gauche) au contact avec Arnaud Cotture des Lions de Genève
KEYSTONE

Recalé deux fois par la fédération de basket suisse pour l’obtention de sa licence de LNA, Vevey Riviera Basket a annoncé avoir saisi le Tribunal arbitral du sport.

Les dirigeants du club ont également demandé au TAS de se prononcer rapidement sur un effet suspensif en attendant que le recours ne soit traité sur le fond. L’objectif est de permettre au club vaudois de préparer et débuter la saison de première division.

Pour mettre toutes les chances de son côté, le club a engagé un avocat spécialiste du droit du sport pour l’épauler dans la gestion de ce dossier. En parallèle, ses dirigeants affirment avoir consenti à de nombreux efforts pour se remettre sur les rails financièrement.

Le président se bat

À écouter le président Nathan Zana, ce recours ne devrait être qu’une simple caution du travail accompli pour redresser le club veveysan. «La décision de la ligue porte sur notre situation à la fin du printemps, alors que tout était encore bloqué pour nous.

Entre-temps, nous avons reçu de nombreux soutiens et nous avons travaillé pour rendre les finances du club saines» explique le dirigeant. Ces fonds proviennent des sponsors principaux du club, qui ont accepté de maintenir, voire d’augmenter, leur soutien durant cette période particulière.

Les autres sources financières sont étatiques (Canton de Vaud, Fonds du Sport Vaudois, Confédération), même si certaines ne sont pas encore assurées. Un effort conséquent a aussi été consenti au niveau de la masse salariale, réduite d’environ 30%. «Cette année, les revenus des joueurs étrangers s’élèvent entre 1500 et 2500 francs, contre 4000 et 5000 francs l’an dernier» détaille l’ancien basketteur.

«Nous n’avons aucun intérêt à voir ce club disparaître»

Eric Lehmann, directeur «Elite, Compétitions et Technique»

Contactée, la fédération souligne l’aspect très complexe de la situation veveysanne. Erik Lehmann directeur «Elite, Compétitions et Technique» de Swiss Basketball replace le contexte: «Les délais pour déposer les demandes de licences sont très stricts hors Covid, mais cette année nous avons été extrêmement souples.

Au moment où la fédération a statué sur le dossier, il est clair que Vevey ne remplissait pas les conditions pour l’obtention du droit de jouer». Malgré cela l’ancien entraîneur souligne que la fédération n’a aucun intérêt à voir disparaître un club, mais qu’elle est aussi garante de l’équité entre les organisations: «Certains clubs se démènent pour remplir les conditions. Il est donc impensable de délivrer une licence à un club qui ne respecte pas ces règles».

Le basket suisse dans la tourmente

La voie du TAS représente la dernière chance pour les Veveysans. S’il est accordé, l’effet suspensif amène une incertitude pour la fédération. «Nous devrions alors réintégrer Vevey Riviera Basket, avec le risque que le club ne disparaisse en cours de saison si le recours est invalidé». Désormais la balle est entre les mains des arbitres du Palais de Beaulieu.

Vevey Riviera Basket n’est pas le seul club helvétique dans la tourmente. Deux équipes (Swiss Central et Pully-Lausanne) ont renoncé à évoluer en LNA. La ligue comptait douze équipes l’an dernier. Elle risque de démarrer la prochaine saison à neuf. La crise du Covid a fragilisé une base financière souvent limitée.