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AboPortrait de Christian Dubois
Le Villardou a le sport et la mécanique dans la peau

Christian Dubois, directeur de Télé Villars-Gryon-Les Diablerets, se prépare à partir à la retraite.
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Christian Dubois est un savant mélange de décontraction naturelle et de parfaite maîtrise de lui-même. Chaque mot est pesé, précis, comme les rouages d’un moteur bien huilé. Une deuxième nature pour ce mécanicien et ingénieur de formation. Il faut dire que, à bientôt 62 ans, le directeur des remontées mécaniques de Télé Villars-Gryon-Les Diablerets a l’habitude des sollicitations médiatiques. Mais dès le 1er juin, la tâche incombera à son successeur. «Mon père voulait aussi partir à la retraite à 62 ans, et il est parti tout court à 59.»

Le sport d’abord

Armand fut chauffeur du bus Ollon-Villars et responsable de la ligne, ce qui valut aux Dubois d’habiter un appartement au-dessus de la gare. «Quand papa conduisait, mon frère jumeau et moi nous tenions à carreau, c’étaient les seules fois.»

Car si leur sœur, Patricia, était «la première de classe de la famille», eux sont des «enfants terribles», inséparables et infatigables, surtout au sport: du ski la journée, du hockey le soir.

Ils font leurs gammes au HC Villars, à la grande époque du club, et vibrent aux exploits de champions tels que Roger Chappot et les frères Croci-Torti. «Quand on sortait en disco la veille des matches, notre entraîneur, Georges Bastl, le père du tennisman, faisait la tournée. S’il nous chopait, on était au bout du banc et on faisait les coupe-citrons.»

Heureuse enfance

«Une belle enfance», résume-t-il, faite de vacances au camping en Italie et de journées au jardin de Saint-Maurice, où il a vécu jusqu’à ses 6 ans. Ces jours-là, non loin des Bains de Lavey, les trois cousins de Leysin, Pierre-Alain, Laurent et Claude, sont souvent là. «On s’amusait près du Rhône, on montait du côté de Savatan. Nos parents nous laissaient très libres.»

Mais sa mère, Bertha, était très présente, «un genre de grand-maman italienne, une femme exceptionnelle». Armand, lui, se distingue par un savoir terrien bien prononcé, peu causant, mais toujours le mot juste. «Je me souviens de la fois où il m’a chopé sur une moto, sans permis et sans casque… Il ne m’a même pas engueulé, juste expliqué que, si je voulais passer mon permis camion, il valait mieux ne pas me faire choper. J’ai posé la moto le lendemain.»

Lors de ces escapades secrètes, son ami d’enfance Jérôme de Meyer, avec qui il faisait les quatre cents coups, n’était jamais loin. «Ce qui rend Christian unique, c’est qu’il a su garder son âme d’adolescent, un subtil mélange d’enthousiasme et d’hyperactivité, le tout habité par un esprit d’aventurier que rien ne peut arrêter, explique l’hôtelier depuis Dubaï. Sa retraite sera probablement à l’image de sa vie: une nouvelle aventure pleine de surprises et remplie de ces rires qui le caractérisent si bien!»

Camions, chars et avions

L’été, Christian travaille dans un garage à Aigle, Gérard à la boulangerie de Villars. «À la maison, c’était pareil: je réparais les vélos avec papa et il préparait la tresse avec maman. Aujourd’hui, il vit à Hong Kong, où il gère une entreprise internationale de distribution de produits de boulangerie haut de gamme.»

Sa carrière à lui démarre à Aigle, par un apprentissage de mécanicien sur poids lourds. «À l’armée, je réparais les chars: le Char 68, le Léopard… Des années plus tard, je n’ai pas été dépaysé avec les dameuses.»

Il part apprendre l’allemand à Aarau, où il travaille dans un garage et joue au hockey. Puis, grâce à la famille de Meyer, il s’envole pour le Texas. «Chez le Dr Mike Fushille. Ils m’ont trouvé un atelier, où j’ai bossé dix-huit mois. Je réparais des camions européens et j’ai appris à travailler sur des camions américains.»

À son retour en Suisse, Christian, 25 ans, parfait sa formation chez Swissair, où il décroche sa licence de mécanicien sur DC-9, DC-10, Jumbo 747 et Airbus A319-320. Il poursuit avec des études d’ingénieur à Lausanne, à l’EIL, formation du soir doublée d’un emploi aux Ateliers de constructions mécaniques de Vevey. «Trois mois avant leur fermeture. J’ai vécu les gens dans la rue avec les banderoles.»

Puis, le choc: «Mon père est décédé subitement. J’allais devenir papa, j’étais en pleine préparation des examens finaux, en bossant à 80% à Vevey, le tout en étant au chevet de ma maman… J’ai failli tout arrêter. Heureusement, mon prof Gérald Vuilloud, qui a marqué ma vie, m’a dit: nous finirons ensemble», souffle-t-il, encore ému trente ans plus tard.

Retour au bercail

Diplôme en poche, il gravit les échelons chez Hydro Vevey, un rejeton des anciens Ateliers mécaniques. À 40 ans, il gère 500 collaborateurs et la rénovation de centrales hydroélectriques dans une cinquantaine de pays. Quand Andritz, la maison mère autrichienne, lui propose de gérer sa division pompes hydrauliques, il accepte: «J’étais cent vingt jours par an dans un avion, mais toujours en habitant à Ollon-Villars.»

Mais il y a un temps pour tout, et Christian Dubois commence à réfléchir à un retour aux sources. «Je n’avais jamais envisagé la piste Télé Villars-Gryon-Les Diablerets jusqu’à ce qu’ils m’approchent.» Le jour de son entrée en fonction, en 2019, il a un bras plâtré et une clavicule en délicatesse. «Un accident de moto. On était venu me chercher en hélico au milieu de six voitures en feu…»

Chez Christian, 57 ans, une réflexion s’amorce. Jusqu’à la décision de dire stop, il y a quelques mois. «Mon épouse a subi une opération du dos, mon frère a eu un accident de vélo, j’ai mis ma voiture dans le décor l’été dernier, sans compter que Gérard arrive gentiment à la retraite, et Patricia a vendu son affaire. La famille Dubois lève progressivement le pied!» Pour, assure-t-il, mieux se retrouver dans son jardin de Saint-Maurice.

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