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L’invitéeVingt-trois enfants réfugiés accueillis par la Suisse

Manon Schick se réjouit que des mineurs aient pu quitter un horrible camp en Grèce, mais attend davantage de la part de nos autorités.

Samedi, 23 mineurs non accompagnés ont atterri en Suisse, en provenance de Grèce où ils étaient bloqués dans des camps de réfugiés depuis des mois, voire des années. Tous ces enfants ont de la famille en Suisse et seront accueillis par leurs proches après quinze jours de quarantaine, de façon à s’assurer qu’ils ne soient pas atteints du Covid-19.

Il était temps que les autorités suisses tiennent leur promesse, faite déjà avant la propagation du nouveau coronavirus. Car la situation dans les camps de réfugiés en Grèce est plus catastrophique que jamais: près de 40’000 personnes, dont environ 5600 mineurs non accompagnés, sont actuellement contraintes de vivre sous des tentes ou des bâches dans des conditions misérables.

«Depuis des mois, Amnesty International et d’autres organisations se mobilisent pour demander à la Grèce de transférer les migrants dans des structures adéquates hors des îles»

À Moria, sur l’île de Lesbos, 19’000 personnes survivent dans un camp prévu initialement pour 2800 personnes, avec parfois un seul point d’eau pour un millier de réfugiés et aucun savon à disposition. Les structures sanitaires et le personnel soignant sont en nombre insuffisant. Dans ces conditions, le virus pourrait se propager extrêmement rapidement et avoir des conséquences dramatiques.

Depuis des mois, Amnesty International et d’autres organisations d’aide aux réfugiés se mobilisent pour demander à la Grèce de transférer les migrants dans des structures adéquates hors des îles. Les habitants sont excédés, des mouvements d’extrême droite exploitent le thème à des fins électoralistes, et un centre d’accueil géré par l’association suisse One Happy Family a vu ses locaux incendiés.

Il est non seulement urgent d’évacuer ces camps sur les îles grecques, mais aussi que l’Europe vienne en aide à la Grèce en accueillant des réfugiés, en particulier les personnes vulnérables comme les enfants. Le système de Dublin provoque une répartition complètement inégale des réfugiés. Il contraint les pays qui se situent aux frontières de l’Europe à accueillir un nombre plus important de réfugiés et de requérants d’asile que les autres pays.

Le nombre de demandes d’asile a chuté

La Suisse profite grandement de ce système: les réfugiés n’arrivent plus jusque dans notre pays. Jamais le nombre de demandes d’asile n’a été aussi bas que l’an dernier: seules 14’000 demandes ont été déposées, et cela alors que la situation dans les pays du sud de l’Europe se détériore.

Nos autorités peuvent faire davantage pour se montrer solidaires avec la Grèce et accueillir bien plus que 23 enfants. Ce geste humanitaire est certes une première étape positive, mais la Suisse peut prendre en charge un contingent de réfugiés plus important. D’ailleurs, plusieurs pays comme l’Allemagne ou le Portugal se sont montrés solidaires en accueillant des centaines d’enfants. Seul un effort collectif de tous les pays européens permettra de fermer ces camps de réfugiés!