Depuis ses 23 ans, Olivia Byrne gère son hôtel high-tech

L’ancienne brillante élève de l’Ecole hôtelière de Lausanne est à la tête depuis sept ans du récemment primé Eccleston Square Hotel à Londres.

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Avec son large sourire et son naturel désarmant, Olivia Byrne (29 ans) ne donne pas l’impression d’être une «obsédée du contrôle» qui s’assume. Dans son très cosy et branché (sic!) hôtel, elle se love dans un grand fauteuil à l’heure du thé. Jamais elle ne prendra son smartphone ou ne glissera un mot à l’oreille de l’un de ses employés au cours de la conversation et pourtant on ne doute pas un seul instant qu’elle a l’œil sur tout.

Si on l’avait croisée dans la rue, on l’aurait prise pour une jolie jeune fille ordinaire, bien dans son époque. Mais on sait qu’en fait on a affaire à une entrepreneuse très douée qui a immédiatement su mettre en pratique la précieuse éducation qu’elle a reçue en Suisse, tout d’abord au prestigieux Institut Le Rosey à Rolle, puis à l’Ecole hôtelière de Lausanne. Si bien qu’à 23 ans, battant tous les records, elle s’est retrouvée à la tête de son propre établissement – certes financé par son père qui est du métier –, l’Eccleston Square Hotel de Londres. Une transition impressionnante qui lui a valu un prix décerné par les alumni de l’EHL en novembre 2016 pour ses qualités managériales. Son cinq-étoiles (ndlr: dès environ 200 fr./nuit) n’est pas en reste, puisqu’il a été nommé meilleur hôtel de Londres par les lecteurs du magazine Conde Nast Taveler USA en octobre 2016.

Les raccourcis faciles peuvent laisser imaginer que la binationale (sa maman est Française, son papa Anglais) est née avec une cuillère en argent dans la bouche. C’est en partie vrai. «Mais mes parents ont trimé comme des malades pour nous offrir la vie que nous avons maintenant, se défend-elle avec calme. Mon papa a eu du succès dans le monde de l’hôtellerie à Paris parce que c’est un fou de travail et ma maman a son propre magazine, Le Journal des Maires, une publication de niche mais qui a beaucoup de succès. Alors oui, petite, j’ai passé pas mal de temps avec des nounous, mais je voyais bien assez mes parents pour qu’ils me répètent que l’argent ne pousse pas sur les arbres!»

Précoce, elle n’a même pas 13 ans quand elle passe quelques semaines avec le manager général de l’hôtel paternel. «Et le soir, je faisais un rapport complet à mon père en disant ce qu’il fallait améliorer. Il riait en me disant que j’avais trouvé ma voie! Il avait raison.»

La preuve: les plus belles années de sa jeune vie furent celles qu’elle a passées à Lausanne. «L’Ecole Hôtelière est une école difficile avec des horaires de malade. Bien plus dure qu’une université. Les cours duraient toute la journée et après il fallait enchaîner avec du travail de groupe. Il n’était pas rare que mes journées de travail se terminent à minuit. J’y ai appris la résistance. Et oui, j’ai aussi superbien fait la fête! Sortir au Red Club du Palace a aussi fait partie de mon éducation!»

Alors qu’elle termine ses études, son papa rachète le magnifique bâtiment géorgien qui était à l’époque un hôtel bon marché décrépi. Olivia le rejoint 3 mois avant l’ouverture. «Mon père avait engagé un manager général et voulait que je travaille à ses côtés pendant trois ou quatre ans, le temps que je me sente prête. Mais très vite je me suis aperçue qu’il ne faisait pas du bon boulot, qu’il signait des contrats farfelus et ne communiquait pas correctement avec les gens qu’il employait. Et malgré mon manque de confiance en moi, j’ai dû mûrir très rapidement et mettre en pratique ce que j’avais appris. Donc à 23 ans, j’ai pris les rênes de l’hôtel. Et c’était dur, parce que je n’avais aucune expérience. Je me souviens d’une personne qui avait rendez-vous avec moi et qui m’a tendu son manteau en pensant que j’étais une stagiaire à la réception!»

Aujourd’hui, son frère cadet, James, l’a rejointe. Il gère les aspects structuraux et financiers alors qu’elle s’occupe des ventes, du marketing et de tout ce qui touche à l’hospitalité. «On est très fiers de notre succès, mais dans un monde aussi concurrentiel, pas question de nous relâcher. On doit toujours chercher ce qui fera faire dire «waow!» au client en restant chez nous.» (24 heures)

Créé: 03.09.2017, 08h05

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