Omniprésente, la basket devient objet de collection

TendanceA tous les pieds, les «sneakers» se déclinent en de multiples éditions limitées, prisées des connaisseurs

Depuis qu’il a reçu sa première paire de Air Jordan à 12 ans, «Julz» est passionné de baskets. Il en a eu plus de 200 paires.

Depuis qu’il a reçu sa première paire de Air Jordan à 12 ans, «Julz» est passionné de baskets. Il en a eu plus de 200 paires. Image: OLIVIER ALLENSPACH

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La sneaker, soit la bonne vieille basket, fait depuis quelques années un retour en force, dans les rayons et jusque sur les podiums. En parallèle, ou peut-être par contrecoup à cette large frénésie dopée par des phénomènes tels que la revival de la Stan Smith d’Adidas, qui s’est vendue à 70 millions d’exemplaires dans le monde, fleurit toute une offre en édition limitée. Lausanne connaîtra ainsi en février prochain sa troisième vente de sneakers rares. «Vu le succès de l’an passé, où nous avons accueilli 600 personnes, nous avons décidé d’étendre l’événement à deux jours cette année», motive l’organisateur Julz, son nom dans le monde de la basket.

Dans l’appartement que cet ex-habitant de Lausanne partage avec sa compagne et son fils près de Fribourg, les cartons s’accumulent. Condition sine qua non pour la revente: «Il faut garder les boîtes, car certaines sont spéciales. Par contre, on peut porter les chaussures deux ou trois fois. Certaines paires cotées se revendent très bien malgré cela.»

Porteurs de tendance

Si les marques développent avant tout des modèles pour les sportifs d’élite, avec des matériaux de pointe, elles collaborent aussi pour se réinventer avec des porteurs de tendance. Du côté de la mode, Alexander McQueen s’est acoquiné avec Puma, et Yohji Yamamoto avec Adidas.

Toutefois, «afin de continuer à toucher une clientèle plus attachée à la culture urbaine, les marques sont aussi allées chercher des artistes street art comme feu Basquiat pour Reebook, et Futura 2000, Haze ou Stash pour Nike», écrit Max Limol, auteur du récent Culture sneakers, 100 baskets mythiques. Enfin, au-delà des collaborations réalisées avec les chanteurs Jay-Z, Fifty Cent ou Kendrick Lamar, des porteurs de tendance, graphistes, blogueurs, magasins qui comptent, ont apporté leur patte à certains modèles.

Sorties à vingt exemplaires

Paru en 2005, Sneakers: Le guide complet des éditions limitées vient d’ailleurs d’être réédité, totalement refondu. Face à la déferlante de nouvelles sorties, l’ouvrage ne vise pas l’exhaustivité mais présente les baskets qui ont eu «un impact global, soit parce qu’elles furent très recherchées, soit en raison de leur exclusivité», écrivent les auteurs, le collectif anglais U-Dox.

Qu’est-ce qui signe une édition limitée? La rareté d’abord. Si l’Adidas Zx 8000 a été produite à 22 exemplaires, la plupart de ces créations exclusives tournent autour de 200 à 300 répliques. Certaines se vendent dans une seule boutique sur la planète, que ce soit aux Etats-Unis, à Londres ou au Japon, d’autres s’obtiennent au prix de longues heures, voire une nuit complète, passées devant la porte du magasin. Une patience à l’aune du soin apporté à la chaussure.

«Il y a dans ces modèles en édition limitée un niveau de finition supérieur aux paires des collections classiques», souligne Julz. Les matières sont plus nobles: cuir en carpe du Nil, daim soyeux ou maillage en composant ultratechnologique. Les petits plus se cachent aussi dans les détails graphiques, comme le logo d’une enseigne ou les initiales de l’artiste. Les variations sont presque infinies et les marques profitent de cet engouement.

Coûteuses collaborations

«Depuis 2005, les baskets sont passées au premier plan de la culture populaire, cimentant leur statut d’élément de base de la mode au quotidien et de pierre angulaire d’une industrie internationale de plusieurs milliards de dollars», constate le collectif U-Dox. «A côté des passionnés, remarque Julz, il y a ceux qui achètent et revendent pour faire des affaires.» Car les paires limitées peuvent s’envoler à 500-600 francs. La Yeezy 1, modèle de 2009 issu de la collaboration entre Nike et Kanye West, s’arrache même encore entre 2000 et 3000 francs. Fondateur des magasins Pomp It Up, Toto Morand préfère, quant à lui, proposer des modèles plus largement distribués, pour éviter de frustrer les clients. Il regrette: «Les séries limitées sont devenues un business. La marque Asics, par exemple, a fait beaucoup trop de collaborations.»

Le succès de ces variations dépend, ensuite, de la hype, une cote du milieu difficile à prévoir. «Dernièrement il y a eu un gros buzz pour une collaboration entre le magasin de skates new-yorkais Supreme et Jordan. Les prix (ndlr: initialement près de 200 francs) ont triplé directement après la sortie. Mais parfois, remarque Julz, certaines paires ne valent plus rien deux ans après.»


Swisssneaks
Lausanne, Espace DémART du Flon 27 et 28 février 2016

Créé: 14.11.2015, 16h54

New Balance 997

La paire en daim saumon appelée «Rosé» a été réalisée avec le magasin Concept. Elle est sortie en novembre 2014, uniquement dans les deux boutiques de la marque à Boston et à New York. Son carton rappelle le champagne rosé.

Nike SB Dunk Low

Cette version imaginée en collaboration avec le magasin Supreme de New York, référence dans le milieu du streetwear, revisite l’elephant print, l’imprimé peau de pachyderme vu pour la première fois à la sortie de l’Air Jordan III, en 1988.

Adidas Superstar

Cette déclinaison du modèle Superstar, produit par la marque depuis 1969, est issue de la rencontre avec l’enseigne londonienne Footpatrol et joue sur les détails avec, sur le côté, le logo de l’enseigne, reconnaissable au masque à gaz.

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