Sexualité: un désir altéré par les croyances

FEMINAUne éducation rigoriste peut grandement influer sur la sexualité. Dialogue et introspection constituent la clé vers un mieux-vivre.

Image: Illustration: Lavipo

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«J’ai rencontré une jeune femme qui est issue d’une famille appartenant à une communauté que j’estime sectaire. Sa libido très basse peut-elle être en lien avec le fait d’avoir grandi dans ce milieu? Elle est sortie de cette religion il y a 2-3 ans, mais j’ai l’impression qu’il y a des séquelles…»

Guy, 28 ans

Réponse:

Vous vous en doutez, la sexualité de votre amie ne peut être réduite à la somme des impacts d’événements et d’enseignements familiaux; il serait donc dommage de lui prédire des difficultés sexuelles. Cela dit, il vaut la peine d’initier un dialogue portant sur vos éducations respectives, pour que chacun comprenne ce que contient le bagage de l’autre en termes de valeurs, croyances, injonctions. Vous connaîtrez ainsi également les apprentissages de chacun. faits ou non, au travers des étapes de votre développement.

Par exemple, si votre amie avait l’interdiction de porter le même type de vêtements que ses camarades durant sa jeunesse, elle a peut-être dû faire évoluer son image de femme, comme sa manière d’assumer et de savourer le regard des hommes. Négocier les limites dans la séduction n’a pas forcément été un apprentissage favorisé, si les interactions sexualisées étaient bannies.

Diminuer l’anxiété

Apprivoiser son désir, son plaisir, son corps (et le désir, le plaisir et le corps de l’autre), ce parcours qui peut être délicieux, a sans doute été tout sauf encouragé. Honte, culpabilité, peur, autant d’émotions qui inhibent la découverte, ont peut-être été des compagnons fréquents, la sexualité féminine étant représentée comme acceptable uniquement en vue de la procréation et dans le cadre du mariage. Peut-être a-t-elle, pour se défendre, enfermé toute fantasmatique (penser est déjà un péché selon les plus rigoristes) à double tour et jeté la clef. D’autres, avec le même parcours peuvent au contraire se sentir débordées par leur désir, s’obligeant à effectuer une surveillance constante de leurs pensées.

Nous portons tous en nous l’histoire de notre culture d’origine, qu’elle soit familiale, sociale ou religieuse. Ayant eu le courage de s’émanciper, votre amie fera, je l’espère, le même travail que chaque adulte: trier les croyances qu’elle souhaite honorer et celles dont elle choisit de se départir.

NOTRE EXPERTE

Cette semaine, envoyez vos questions à Laurence Dispaux, psychologue-psychothérapeute FSP, conseillère conjugale FRTSCC, sexologue clinicienne ASPSC: laurence. dispaux@femina.ch

Retrouvez plus de contenu Femina sur www.femina.ch

(Femina)

Créé: 11.06.2018, 10h02

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