À Lussery-Villars, la fusion a marqué le paysage

L’esprit des lieuxLe paisible village du Gros de Vaud est connu notamment pour son moulin et son élevage de porcs.

Le village de Lussery-Villars surplombe la vallée de la Venoge. Par beau temps, les habitants ont une magnifique vue sur les Alpes et les montagnes du Jura.

Le village de Lussery-Villars surplombe la vallée de la Venoge. Par beau temps, les habitants ont une magnifique vue sur les Alpes et les montagnes du Jura. Image: Patrick Martin

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S’il ne fallait retenir qu’un lieu pour découvrir Lussery-Villars, ce serait le petit banc sous l’arbre situé à 500 mètres au-dessus du village, au croisement de la route des Pâquis et de celle de La Sarraz. De là, les jours de beau temps, on peut admirer la plaine de la Venoge et les Alpes en arrière-plan, et si l’on se retourne, on aperçoit les montagnes du Jura. Mais, surtout, la vue de ce mirador permet de comprendre un volet de l’histoire récente de la commune: on distingue clairement deux zones bâties séparées d’environ 300 mètres de prés qui composent Lussery-Villars. Et qui rappellent qu’il n’y a pas si longtemps, cette commune n’en était pas une mais deux.

À la droite du spectateur assis sur le banc: le village autrefois appelé Lussery tout court. À sa gauche: l’ancien dénommé Villars-Lussery. Depuis 1999, les communes n’en font qu’une sous le nom de Lussery-Villars. «C’était un mariage de raison», se souvient Yvan Stutzmann, le syndic actuel de cette commune de 482 âmes. «Ça nous a simplifié la vie sur beaucoup d’aspects», admet-il. Ce chapitre de l’histoire locale sera fêté l’an prochain et fait déjà l’objet de célébrations. «Nous revivons toutes les étapes qui ont mené à la fusion, de l’acceptation par les Conseils à la fusion en elle-même.»

Sur une photo aérienne trônant dans le bureau de la Municipalité, Yvan Stutzmann désigne un sentier parallèle à la route principale et qui relie, comme un petit cordon, les deux quartiers de la commune. C’est le chemin de la Fusion. S’il rappelle l’épisode de l’unification des deux villages, «il sert surtout de chemin sécurisé pour les enfants voulant passer d’un côté à l’autre sans emprunter la route», ajoute le syndic.

Cochons heureux

À l’époque, la fusion en a chamboulé certains: «Mon fils, qui était enfant à l’époque, était très fâché que le «Lussery» vienne avant le «Villars», pour nous qui venions de Villars-Lussery!» s’amuse Valérie Chappuis, secrétaire communale au moment de la fusion. Peu rancunier, le fils en question, Valentin Chappuis, habite toujours les lieux et tient avec ses parents une exploitation de 500 porcs qui se trouve sur l’ancienne frontière entre les villages. À la ferme Les Saveurs du Coin, les bêtes ont la possibilité de voir la lumière du jour, ce qui vaut au domaine d’être parfois cité en exemple.

L’exploitation des Chappuis est sortie des circuits de la grande distribution en 2007 et vend la viande sans intermédiaires. «Depuis, nous faisons un commerce tout à fait différent. Nous fournissons les boucheries du coin, des entreprises et des EMS, et faisons de la vente directe. Cela coûte certes un peu plus cher au consommateur, mais c’est une solution plus transparente et durable», explique Valentin Chappuis.

«La première trace du moulin remonte à 1386, mais le bâtiment tel qu’on le connaît aujourd’hui a pris sa forme définitive autour du XVIIe siècle.»

Autre curiosité: le moulin de Lussery-Villars, dont la roue figure sur les armoiries du village aux côtés du loup qui a donné son nom aux habitants, les Loups (anciennement les «Lâo»). Situé en contrebas du village, il est laissé à l’abandon depuis 1968 mais bénéficie d’une cure de remise en forme administrée par le propriétaire des lieux, Éric Vion. Il raconte: «La première trace du moulin remonte à 1386, mais le bâtiment tel qu’on le connaît aujourd’hui a pris sa forme définitive autour du XVIIe siècle.»

Véritable passionné, il a une anecdote sur chaque pierre de l’édifice et retrace l’histoire du coin mieux que quiconque. Celui qui connaît même le prix du quintal de blé en 1850 (37 francs!) aura le loisir de transmettre sa passion grâce à un musée sur le moulin et la région. Celui-ci ouvrira à l’horizon de 2021, dans la grange attenante au moulin. Le village est également connu pour ses courses de caisses à savon, et a même accueilli des manches de la Coupe d’Europe. La compétition n’est pas au programme de cet été car la Jeunesse qui l’organise a fermé boutique pour le moment, faute d’effectifs. (24 heures)

Créé: 25.02.2018, 10h04

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