Le carême a commencé. C’est quoi, déjà ?

RiteCe mercredi 26 février commence le carême. Si le mot reste attaché à la privation, on a souvent oublié qui la recommande et pourquoi.

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Ce mercredi, c’est le début du carême. Une période de quarante jours qui mène les catholiques et les orthodoxes jusqu’à Pâques. Mais qui connaît encore l’origine, le sens et les pratiques qui se cachent derrière ce mot qui rime souvent avec des privations, hier sexuelles et alimentaires, aujourd’hui de smartphone et de wifi.

Carême, ça veut dire quoi ?

Le nom de carême vient du latin dies quadragesima (le quarantième jour). C’est devenu quaresme en ancien français et finalement carême. Ce mot désigne les quarante jours qui précèdent la fête de Pâques, marquée par la crucifixion puis, trois jours plus tard, par la résurrection de Jésus. Le carême débute le mercredi des Cendres (cette année le 26 février), qui est lui-même précédé de mardi gras et de carnaval (du latin carnevalem, ôter la viande).

C’est quoi, le carême ?

Le carême a été imaginé par l’Église catholique au IVe siècle après J.-C. Durant cette période de quarante jours, les fidèles sont invités à la privation, que ce soit par le jeûne, l’aumône ou la pénitence. L’idée générale, c’est de se détacher des biens matériels, de se priver de choses qu’ils aiment, en préparation à la fête de Pâques, pour se rapprocher de la divinité. Il s’agit notamment «faire maigre», même si les efforts demandés ne concernent pas nécessairement de la nourriture. L’Église a aussi conseillé de limiter ses activités sexuelles à cette époque. Notamment le mercredi des Cendres et le Vendredi saint.

Qui pratique le carême ?

Surtout l’Église catholique, qui a inventé le concept au IVe siècle, avant de l’aménager au VIIe. Les Églises orthodoxes s’y sont également mises. En revanche, les Églises protestantes ne sont pas directives sur ce point, quand elles ne sont pas indifférentes, voire hostiles, puisque les apôtres n’ont laissé aucune consigne à ce sujet, qu’ils ne l’ont pas pratiqué eux-mêmes.

Pourquoi la viande ?

Le carême est souvent associé à l’idée de ne pas manger de viande, notamment le vendredi, car c’était un plat de fête. Les produits tirés des animaux, comme les œufs, le beurre, le lait et le fromage ont également été prohibés durant cette période. L’interdit porte sur «les animaux de terre», les oiseaux étant associés aux bœufs, cochons, moutons… ce qui permet quand même de manger les grenouilles, les poissons et les autres animaux de mer, comme les crustacés.

Ces choix alimentaires ont poussé l’an dernier une ONG regroupant des célébrités comme Brigitte Bardot, Paul McCartney, Joaquin Phoenix et Yann-Arthus Bertand, à lancer un défi au pape François. S’il mangeait végane durant le carême 2019, l’association Million Dollar Vegan s’engageait à verser 1 million de dollars à l’œuvre caritative de son choix. François a répondu à cet appel dans une lettre, en envoyant sa bénédiction aux militants, mais sans préciser s’il avait bien relevé le défi végane durant ces quarante jours.

Le carême et les œufs de Pâques

Quand l’Église a institué le carême, elle a notamment interdit de manger des œufs durant cette période. Et comme les poules continuaient à pondre, les œufs étaient conservés durant quarante jours. On les retrouvait donc en très grand nombre sur les tables, cuits, c’est plus prudent, lors du week-end de Pâques. Il fallait épuiser le stock, d’où la course aux œufs et les concours de croque.

Pourquoi quarante jours

Ce chiffre revient souvent dans la Bible. Dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Le fameux déluge qui a tout englouti sauf l’arche de Noé a duré quarante jours. Les Hébreux ont passé quarante années dans le désert. Moïse passe quarante jours et quarante nuits sur la montagne de Yahvé quand il reçoit les Tables de la loi (Dix Commandements). Le géant Goliath a défié Israël pendant quarante jours. Le prophète Elie a marché quarante jours et quarante nuits dans le désert. Enfin, c’est le nombre de jours passés dans le désert par Jésus avant 'aborder sa vie publique. Et il se passe également quarante jours entre la résurrection et l’ascension du Christ. Ce chiffre de quarante est donc souvent le symbole des préparations. Dans le cas du carême, cette période de quarante jours a été choisie pour permettre aux croyants de se préparer à la fête de Pâques.

Jésus a-t-il fait carême ?

Non. Ce sont les pharisiens et les disciples de Jean le Baptiste qui pratiquaient le jeûne. «Les disciples de Jésus ne jeûnent pas», nous apprend l’Évangile de Matthieu (IX, 14). D’ailleurs, durant les quarante jours qui ont précédé la crucifixion, ni Jésus ni les disciples ne se sont interdit de passer à table. Plusieurs repas pris à ce moment sont restés célèbres, comme la Cène, avec le partage du vin et du pain. Mais aussi le repas chez Simon, bien connu pour l’épisode de la femme pécheresse venue laver les pieds de Jésus. En revanche, Jésus a jeûné dans le désert quand il a été tenté par Satan, et «après quarante jours et quarante nuits il eut faim » (Luc 4 1-2).

Et le carême, c’est comment?

L’idée catholique originelle, c’est de profiter de ces quarante jours pour revenir vers Dieu. Si le concept a été imaginé au IVe siècle, il en existe des déclinaisons pour le XXIe. En témoigne ce courriel de soso.galaxie sur le site du journal «La Croix», qui actualise le concept. «Exemple: se passer de son smartphone pendant un temps tous les jours, faire attention à l’autre (bruit de conduite automobile)…» D’autres ont ajouté les jeûnes de sucreries et de jeux vidéo, mais encore les jeûnes de réseaux sociaux et de télévision…

Créé: 26.02.2020, 19h46

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