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Coincé entre modernisme et tradition, le difficile équilibre des Tsaatans

Dans les profondeurs de la taïga et des montagnes reculées de Mongolie vit l’un des derniers peuples solitaires et nomades éleveurs de rennes, les Tsaatans.

Davaajav et Niger sont partis dans la montagne pour contrôler le troupeau de rennes en liberté.
Davaajav et Niger sont partis dans la montagne pour contrôler le troupeau de rennes en liberté.
Sébastien Féval

Ce matin-là, il est 8 heures, je me réveille transi par le froid sibérien qui transperce l’atmosphère du tipi. Le petit thermomètre que j’ai apporté m’indique –17 degrés! L’impression d’avoir dormi dans un congélateur… Heureusement, Gantuya, recouverte de deux seules fines couvertures, est sortie de son lit formé de quelques planches de bois pour allumer un feu dans le petit poêle à bois. La température va vite remonter à –7 degrés, ce qui paraît plus supportable pour commencer la journée. Dehors, le soleil s’est levé depuis un bon moment, mais il fait encore –27. Puis, après quelques bols de thé au lait salé bien chaud, il est déjà temps de réunir les rennes du clan pour les emmener dans la montagne où ils gratteront la neige avec leurs sabots à la recherche de nourriture, principalement de l’herbe, des feuilles et des écorces, mais avant tout du lichen, aliments essentiels à leur survie.

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