Cork la rebelle, futur as de trèfle du tourisme irlandais

EscapadeLa deuxième ville de la République d’Irlande quitte l’ombre de Dublin, forte de beaux atouts.

Ville portuaire jusque dans son mobilier urbain - les lampadaires évoquent des mâts – Cork se veut la vraie capitale de l’Irlande.

Ville portuaire jusque dans son mobilier urbain - les lampadaires évoquent des mâts – Cork se veut la vraie capitale de l’Irlande. Image: GETTY IMAGES

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Certes, ses quarante nuances de vert, immortalisées par la voix profonde de Johnny Cash, commençaient à tirer légèrement sur le jaune en ce début juillet. Depuis trois semaines, c’était le cagnard sur l’Irlande et le comté de Cork. Les locaux en attestent: pas une goutte de pluie et des températures approchant les 30 degrés pendant si longtemps, voilà qui n’est pas coutumier. Le K-Way est resté dans la valise. Mais il est hautement recommandé de l’emporter avec soi, car l’Irlande reste l’Irlande, on ne vient pas y parfaire son bronzage.

Pour découvrir le pays en quelques jours, il n’est pas interdit de snober les deux capitales très prisées des touristes, celle du nord, Belfast, et celle de la République, Dublin. Le sud de l’île a beaucoup de charme et il est facilement accessible puisque la compagnie Swiss assure depuis peu une liaison directe Zurich-Cork (deux heures et demie de vol), de mai à octobre, trois fois par semaine.

Cité estudiantine

Fondée sur d’anciens marécages, la deuxième ville de l’Éire est à peine moins peuplée que Lausanne avec ses 120 000 habitants – cinq fois moins qu’à Dublin – et accueille chaque année 22 000 étudiants, inscrits à la prestigieuse University College Cork, spécialisée dans la biologie et les mathématiques. Le campus, qui s’articule autour de bâtiments de style gothique Tudor, est situé à deux pas du centre, ce qui participe à l’animation vespérale de cette cité portuaire bien proprette, au demeurant assez calme et souvent embrumée. Point de ralliement pour le pique-nique de midi: l’ombragé Bishop Lucey Park ou le vaste Fitzgerald’s Park où convergent ouvriers, musicos et footeux du dimanche.

Sinueuse artère principale, la St. Patrick Street est bordée de lampadaires au design rappelant des mâts de bateaux. Pas surprenant, puisque la devise antique de la ville est: «Statio Bene Fida Carinis», un port sûr pour les navires. Un port naturel, à l’embouchure du fleuve Lee, dont la configuration permit jadis aux autochtones de bien se défendre contre les pillages des Vikings. La menace aujourd’hui est celle de la gentrification, contre laquelle lutte Cork face aux nombreuses multinationales – Apple en tête avec ses 6000 emplois – venant profiter de la fiscalité irlandaise aussi douce que son climat.

La «vraie capitale de l’Irlande»»

Place forte contre la colonisation anglaise, la ville a moins subi le joug de puissances étrangères que Dublin. Ce riche passé a nourri au fil des siècles un fort sentiment d’indépendance chez ses habitants. Cork est connue pour être «la Rebelle», et même la «vraie capitale de l’Irlande», et elle en joue beaucoup. Dans les nombreux pubs, on ne boit pas de la Guinness dublinoise mais de la Murphy’s, un stout d’ici. Avec si possible le maillot mancunien de Roy Keane accroché au mur, un enfant de la cité. «On peut dire que Cork est plus irlandaise que Dublin, car moins cosmopolite, analyse la guide Máirín Ahern. C’est une ville à taille humaine, où l’on peut tout voir et faire à pied.»

Et des choses à voir il y en a. À commencer par l’English Market, véritable institution créée en 1788. Touristes et habitants viennent arpenter ses travées carrelées pour remplir leur panier de produits artisanaux typiques – tripes et drisheen, un boudin noir particulièrement costaud, spiced beef and skirts, kidneys, etc. Beaucoup d’enseignes familiales reprises de génération en génération, qui composent une véritable galerie de portraits de l’Irlande profonde. En figure de proue, le poissonnier Pat O’Connell, célèbre à Cork pour avoir fait rire la reine venue visiter le lieu en 2011, derrière son étal de lottes et autres loups de mer. Une photo de presse qui fit le tour du Royaume-Uni et fait encore la fierté des commerçants de la rue.

Des sauts de puce relient l’imposante cathédrale St. Fin Barre, la Glucksman Gallery – fleuron de l’architecture moderne et écrin de l’art contemporain, ou la Shandon Tower & Vells, la tour carrée en pierre rouge et blanche de l’église Sainte-Anne. Quatre horloges ornent chacune de ses faces, mais aucune ne donne la même heure et encore moins l’heure exacte, ce qui vaut à l’édifice son surnom affectueux de «Four- Faced Liar».

Au chapitre culturel, citons encore la visite de Cork City Gaol, l’ancienne prison (1824-1923) qui raconte très bien le quotidien des Irlandais au XIXe siècle, ou celle de la distillerie John Jameson & Son à Midleton, dont le whiskey fait la fierté de tout le pays. Même si l’entreprise familiale a été rachetée il y a un bail par… le groupe français Pernod Ricard. Mais chut. Et pour la découverte d’une Irlande plus sauvage, le comté de Cork offre aussi de belles escapades dans les environs du chef-lieu (lire ci-contre). Une alternative aux plus lointains lacs du Connemara. (24 heures)

Créé: 09.09.2018, 09h05

«Whale watching»



L’Irlande n’est pas aussi réputée que le Québec ou Hawaï pour l’observation des baleines, mais plusieurs spots proposent des excursions dans les eaux côtières, déclarées «sanctuaire pour les mammifères marins» par le gouvernement.

Au village de Baltimore, le zoologue Nic Slocum est à la barre d’un catamaran et assure une sortie respectueuse de la faune marine. La vue imprenable sur les côtes déchiquetées peut, au pire, compenser l’absence de cétacés.

«Titanic Experience»



C’est à Queenstown le 11 avril 1912 que le Titanic fit son ultime escale avant d’entamer sa traversée de l’Atlantique. Sur les 123 passagers qui embarquèrent ici, 79 périrent dans le naufrage.

Le débarcadère est resté là, telle une relique. La «Titanic Experience» retrace l’histoire du navire prétendument insubmersible. Chaque ticket d’entrée est la reproduction nominative d’un billet passager. On apprend à la fin de la visite ce qu’il est advenu de notre «personnage».

Glengarriff



À l’ouest du comté, la région de Glengarriff compte plusieurs points d’intérêt. Pour les randonneurs qu’un peu de dénivelé n’effraie pas, une excursion au Barley Lake, dans les Caha Mountains, est à prévoir.

Foulant le sol mou de la tourbière aux côtés de moutons en stabulation, on admire les eaux bleues du lac et le panorama sur les verts vallons environnants. Non loin de là, l’île de Garnish et le manoir de Bantry font partie des attractions prisées de West Cork.

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