Le crowdfunding est de plus en plus payant

TendanceLe financement participatif ne cesse de croître. Rien qu’en Suisse, il existe 40 plates-formes où présenter son idée. Les donateurs et investisseurs affluent.

Cynthia Garcia et Stéphanie Tschopp ont financé les deux premiers numéros de «La Ficelle» avec un appel aux dons sur le site wemakeit.

Cynthia Garcia et Stéphanie Tschopp ont financé les deux premiers numéros de «La Ficelle» avec un appel aux dons sur le site wemakeit. Image: Philippe Maeder

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Un livre à éditer, un disque à sortir, un produit à lancer, un bar ou un magasin à ouvrir, une cause à aider, un défi sportif à relever? Le crowdfunding est partout. Le financement participatif est passé de phénomène marginal à vraie solution pour faire exister des initiatives très diverses, ou simplement leur offrir un coup de pouce. Et l’engouement est loin de se tarir, les chiffres le prouvent. Au niveau mondial, ce type de transaction a dépassé les 35 milliards en 2015. En Suisse, il a généré 27 millions de francs en 2015, avec une augmentation de 73% par rapport à l’année précédente.

Les plates-formes présentant les projets se sont multipliées: il y en a aujourd’hui quarante dans notre pays. A titre de comparaison, la France en compte septante.

Des interfaces locales pour des projets locaux. C’est d’ailleurs ce qui plaît. «Ce système se développe car il y a une nouvelle approche de la relation à l’épargne. Aujourd’hui, il y a une certaine méfiance face aux systèmes d’investissements traditionnels, on veut voir où va l’argent, rencontrer les porteurs de projets, suivre l’évolution de leur démarche», détaille Jean-Yves Léger, coauteur de l’ouvrage Le crowdfunding, qui vient de paraître aux Editions La Découverte.

Dons, prêts et actions

Outre le don, on peut désormais participer sous forme de prêt avec intérêt, ou même par le biais d’actions. Aux Etats-Unis, ce dernier type d’investissement a le vent en poupe, engageant des sommes importantes. En Suisse, la majeure partie du financement se fait encore sous forme de dons, même si le système des prêts avec intérêt a augmenté l’an passé de 125%. Vincent Pignon, de la Swiss Crowdfunding Association, relève une volonté politique de faciliter le financement participatif: «Comme il n’y a pas de législation spécifique, les plates-formes sont aujourd’hui soumises aux régulations bancaires.» Celles-ci limitent à vingt le nombre d’investisseurs pour qui ne possède pas de licence bancaire.

Du côté des porteurs de projet, outre l’intérêt strictement financier, une campagne pour récolter des fonds sur Internet agit souvent comme galop d’essai. «Quand j’ai lancé mon projet, j’avais envie de tester le marché», remarque la Vaudoise Caroline Fourré, qui propose, avec Local Colours, de réutiliser les pelures de légumes pour teindre des vêtements.

«C’était rassurant de voir que notre idée a suscité l’engouement avant de se lancer dans l’exploitation concrète de la boutique», note Pierre Nicolas, l’un des instigateurs de la Brouette, un magasin bio avec vente en vrac qui ouvrira en septembre à l’avenue d’Echallens, à Lausanne.

Le phénomène s’est développé au point que certaines présentations de projets ont désormais une vie autre que numérique. A l’image du géant Kickstarter, leader de la branche, qui organise aux Etats-Unis des hackathons, les frères Freitag ont offert leur appui à une série d’initiatives portées par la société suisse Wemakeit, lors de deux soirées de présentation, à Zurich et dans la capitale vaudoise. La Ficelle, une publication qui partage coups de cœur et petites histoires sur Lausanne menée par Cynthia Garcia et Stéphanie Tschopp, a eu les honneurs de la soirée romande: «Nous avions atteint la somme souhaitée, mais nous avons dépassé notre objectif de 25% grâce au coup de pouce donné par ce rendez-vous.»

Le crowdfunding est-il un modèle d’avenir? «C’est un trend réel, estime Jean-Yves Léger, mais il ne va pas remplacer le financement traditionnel.» Son développement va néanmoins exploser, selon Vincent Pignon: «Même les acteurs traditionnels se mettent à travailler avec ce mode de financement.» La Banque Cantonale Bâloise a lancé sa plate-forme de crowdfunding en 2015. Et, à l’étranger, des caisses de pension ou des grosses sociétés se mettent à investir dans des projets de financements participatifs. (24 heures)

Créé: 23.05.2016, 20h38

Un tutti-frutti de plates-formes et de projets financés «par la foule»

Mettre des sous pour faire exister le projet de son voisin ou une idée enthousiasmante à l’autre bout du monde n’a jamais été aussi facile. Mais, si certaines plates-formes contrôlent les initiatives présentées et aboutissent ainsi à des taux de réussite de 75%, d’autres, comme Kickstarter, ne le font pas, faisant chuter le taux à 30%-40%.

Projets locaux A Lausanne, les initiatives ayant vu le jour ou poursuivi leur existence grâce au financement participatif ne se comptent plus sur les doigts de la main. Du côté des manifestations, la Fête du slip a récolté plusieurs fois de l’argent sur Wemakeit pour compléter son budget. Concernant les établissements publics, l’appel aux fonds pour financer l’exploitation de l’édicule de Montriond a généré 75 000 fr. Quant au Sleepy Bear, qui ouvrira à la rue du Simplon 3, il offre, en échange d’une souscription sur son site, un nombre de cafés gratuits par mois défini en fonction de la somme versée.

Sport Certains sites sont dédiés uniquement à l’accomplissement d’exploits sportifs, comme I Believe In You. On y trouve tant des demandes de financement pour aller aux JO de Rio, pour un stage de danse intensif à New York, ou pour permettre des défis tels que la traversée des Alpes en courant.

Immobilier Déjà existante à l’étranger, la spécialisation arrive doucement en Suisse, notamment avec la plate-forme alémanique Crowhouse. L’investisseur devient alors copropriétaire d’un objet immobilier avec d’autres personnes.

Recherche Gianpaolo Rando, chercheur en biologie moléculaire de l’Université de Genève, a récolté plus de 10 000 euros sur Kickstarter pour lancer la recherche Beer Decode, qui décode le génome de 1000 bières.

Projets loufoques L’Américain Zack Danger Brown, qui voulait faire une blague en demandant 10 dollars sur Kickstarter pour faire une salade de pommes de terre, a reçu contre toute attente 55 000 dollars. Le créateur a reversé une partie des fonds à une œuvre caritative.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Les excès de zèle de Corsier pour naturaliser un étranger, paru le 25 juillet
(Image: Bénédicte) Plus...