Une émission dévoile la vie secrète des petits

EnfantsUn documentaire et un livre montrent ce qui se passe dans la tête des 4 à 5 ans. Explications avec la Lausannoise Solange Denervaud, qui a participé aux deux projets.

La production a filmé six filles et six garçons de 4 et 5 ans qui ont vécu ensemble durant dix jours.

La production a filmé six filles et six garçons de 4 et 5 ans qui ont vécu ensemble durant dix jours. Image: DAVID MERLE/TF1

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Comment nos enfants se comportent-ils quand nous ne sommes pas là? Chaque parent a souhaité, au moins une fois, être une mouche pour observer la prunelle de ses yeux à la garderie ou à l’école enfantine. Reprenant un concept anglo-saxon, la société de production française Zodiak Fiction & Doc a fait vivre douze enfants sous l’œil des caméras durant dix jours. Le résultat est à découvrir dans La vie secrète des enfants, dont le premier volet sera diffusé le 8 janvier sur TF1. Le film plonge dans la vie de six filles et six garçons de 4 à 5 ans qui ne se connaissaient pas auparavant.

Pour décrypter leur comportement, la production a fait appel à deux spécialistes de la Faculté de psychologie de l’Université de Genève, le professeur Edouard Gentaz et la Lausannoise Solange Denervaud, doctorante en neurosciences, ainsi qu’au psychologue français Léonard Vannetzel.

Pas de visée expérimentale

«La visée n’est pas expérimentale, l’émission sert à communiquer aux parents les connaissances scientifiques aujourd’hui acquises sur le développement. L’intérêt porté à l’enfant dit normal est finalement assez récent, et il y a beaucoup de recherches auxquelles le grand public n’a pas accès», remarque Solange Denervaud. Or «ce n’est pas parce qu’un enfant n’a pas de troubles qu’il n’y a pas de difficultés. Le départ à l’heure, par exemple, peut être un casse-tête quotidien, car on ne comprend pas comment son enfant fonctionne.»

Dans la salle, les petits sont équipés de micros et entourés de 24 caméras bien visibles, «mais ils les oublient au bout de cinq minutes», remarque la Suissesse. Comme elle a une première formation d’enseignante, elle a été choisie pour rester avec les enfants et modérer leurs interactions si c’est nécessaire. Dans une pièce attenante, les deux autres spécialistes observent ce qui se passe devant un écran. La plupart du temps, les petits jouent librement «car c’est là qu’ils laissent libre cours à leur imagination», motive l’experte. Une heure durant, les téléspectateurs découvriront leur manière de faire connaissance, de nouer des alliances ou de régler des conflits.

Le dilemme de la friandise

Pour évoquer certains thèmes spécifiques à cet âge – les capacités motrices, l’imitation, la gestion du temps, l’organisation en équipe –, les spécialistes proposent aussi des activités semi-dirigées. «Il ne s’agit pas de télé-réalité, on ne cherche pas les situations problématiques, ça reste toujours bienveillant», observe la spécialiste. Les adultes découvriront ainsi combien de temps un enfant peut attendre avant de dévorer sa friandise alors qu’on lui en a promis une deuxième s’il choisit de patienter. Mais aussi, de la bouche même de l’un des petits protagonistes, que c’est «superdur», et enfin comment cette capacité est influencée par le groupe.

Les commentaires des experts servent à éclairer les parents sur le comportement normal. «A cet âge-là, il est très difficile de résister à une friandise posée devant soi, les enfants vont alors développer toutes sortes de stratégies pour détourner leur attention du bonbon», remarque Léonard Vannetzel à l’écran. On voit ainsi l’un d’eux faire le clown, un autre inventer un animal imaginaire.

Améliorer la tolérance

A ceux qui répliqueraient qu’ils ont été élevés sans avoir accès à toutes ces informations, Solange Denervaud rétorque: «On a un tel bagage de connaissances aujourd’hui qu’il serait dommage de ne pas les utiliser pour se rendre compte à quel point le cerveau de l’enfant diffère du nôtre. Or la recherche a montré que plus on comprend comment l’autre fonctionne, plus on est tolérant.»

«A 4 et 5 ans, le cerveau de l’enfant est en pleine expansion, c’est encore une jungle à l’intérieur.» Ainsi, un petit qui est en train de mettre ses chaussures ne pourra pas traiter une autre demande: «Ils sont stimulés par tout, ils sont les champions du détail, et nous les champions de la vitesse.»

De même, la spécialiste explique qu’il est tout à fait normal de devoir répéter plusieurs fois les choses. «Pour certains enfants, rien que le fait de rester tranquilles demandera un tel effort qu’ils ne vont rien écouter de ce qu’on leur dit. A cet âge-là, un enfant qui pense est un enfant qui bouge.» Ce qui est loin d’aller de soit pour les parents.

Créé: 04.01.2017, 19h57

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