«A Féchy on se fait réveiller par le raisin qui pousse»

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En pénétrant dans Féchy par la route de l’Etraz, qui transite par les cinq hameaux de la commune, il est de suite évident que les ceps sont ici plus nombreux que les 860 habitants. «Nos ancêtres nous ont préparé le terrain et nous continuons aujourd’hui leur combat pour préserver notre vignoble et la qualité de notre vin», affirme Jean-Luc Kursner, président de l’Association Vin et Terroir Féchy.

A cette époque de l’année, les 70 hectares de troncs tortueux présents sur le territoire communal sont en pleine ébullition. Les vendanges réveillent le bourg, qui avait l’habitude de se déhancher au son de l’accordéon lorsqu’elles étaient encore réalisées à la force des bras. «Nous nous réunissions autour des pressoirs, les filles se faisaient belles et nous dansions toute la nuit», se rappelle Michel Aguet, 81 ans.

Assis dans sa maison située à Féchy-Dessous, dans l’une des zones d’habitation qui ont poussé dans les années 1980, l’ancien municipal se souvient aussi de ses nuits de veille, alors qu’il était commandant du service du feu local dans les années 1950. «Les maisons de Féchy-Dessus, formant une ligne continue, étaient toutes connectées par les galetas et les paysans stockaient du fourrage. Il y avait un grand risque que tout le village parte en fumée. Les jours de forte bise, nous faisions des rondes toute la nuit, mais il n’y a jamais eu d’incendie», raconte le vigneron, qui voit aujourd’hui la sixième génération reprendre l’exploitation familiale.

Aujourd’hui, plus de trace de vaches, ni de paysans. Les vignerons, quant à eux, ont augmenté ces quarante dernières années et produisent annuellement environ deux millions de litres de Féchy, dont 92% de l’encépagement est du chasselas. «Cela fait notre notoriété dans toute la Suisse et nous en sommes fiers. Ce vignoble est très particulier, puisqu’il est protégé par un arrêté fédéral depuis 1971», précise Jean-Luc Kursner.

Et les vingt-trois vignerons fezzolans ne sont pas les seuls à se réjouir de ces lignées vertes à perte de vue qui entourent et préservent leur bourg. «Nous achetons tout notre vin chez des vignerons locaux. J’adore cet endroit pour cette beauté magnifique qu’il offre, sa localisation parfaite entre Genève et Lausanne et son esprit familial», affirme Karima Soudani-Kamal, habitante de Féchy depuis trois ans.

En chemin pour le collège, construit il y a quatre ans, elle passe devant l’Auberge Communale, qui vient d’être reprise. «Elle constitue un énorme atout pour les villageois qui s’y rencontrent avec plaisir.»

«Les huit associations locales, dont la Jeunesse, qui vient de finir son giron, sont elles aussi essentielles à la population», remarque Marc Morandi, municipal. De parents fezzolans, il a quitté le village le temps de ses études lausannoises, pour y revenir en compagnie de son épouse, que la vue sur le lac et le vignoble a convaincue tout de suite. «En revenant de la ville, ça m’a frappé. A Féchy, on se fait réveiller par le raisin qui pousse, s’amuse le vice-syndic. Ici, il y a une telle énergie, une telle force dans la terre, que l’on s’y ressource.» Ce sous-sol a d’ailleurs été cartographié, afin de connaître précisément le terroir qui donne ses différentes saveurs aux vins du cru.

Ces derniers sont fêtés une fois par an à l’occasion de la Fête du raisin, qui rassemble simples citoyens et vignerons locaux, et célébrera ses vingt ans en 2017. «Chaque année, nous sommes touchés par le nombre d’habitants qui se proposent pour nous aider bénévolement durant les festivités. Il y a un très beau soutien mutuel», lance Jean-Luc Kursner. (24 heures)

Créé: 02.10.2016, 10h36

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