«Cette fois, comme bénévole, c’est moi qui vais aider les autres»

TrajectoireRéfugié afghan, Omid Alizada formera un binôme de volontaires avec la vaudoise Kaya Simasotchi. Une initiative de la «République des Sports».

Kaya Simasotchi,15 ans, étudiante, athlète au Stade Lausanne et fille de l’olympienne Corinne Simasotchi.

Kaya Simasotchi,15 ans, étudiante, athlète au Stade Lausanne et fille de l’olympienne Corinne Simasotchi. Image: FLORIAN CELLA

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À les voir discuter, poser pour la photo et sourire non-stop, on croirait que Kaya (15 ans) et Omid (18 ans) se connaissent depuis toujours. Et pourtant il ne pourrait pas y avoir deux trajectoires plus différentes que celles de ces deux jeunes qui se retrouvent unis en un binôme de bénévoles à l’occasion des Jeux olympiques de la jeunesse. «On ne connaît pas encore tous les détails de notre mission, explique la très grande et très mature Kaya Simasotchi. On sait juste qu’on a été choisis pour donner un coup de main lors de la répétition générale et de la cérémonie d’ouverture.»

Ces JOJ, c’est l’occasion pour Kaya Simasotchi, qui rêve de devenir heptathlonienne, de toucher un peu au monde que sa maman a connu. En effet, Corinne Simasotchi a participé aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, alignée sur l’épreuve du 400 m. «J’ai déjà été bénévole aux 20 KM de Lausanne, explique-t-elle non sans une certaine fierté, mais là ça va être tout autre chose. Il y aura des gens du monde entier. Je me réjouis tellement!»

«J’aimerais travailler dans l’humanitaire plus tard. Accueillir ces réfugiés à l’entraînement d’athlétisme nous a tous fait réaliser la chance que nous avons d’avoir grandi ici»

Le contact avec les autres, c’est clairement son truc. Hyper à l’aise, elle prend naturellement Omid sous son aile, bien qu’il soit son aîné. «J’aimerais travailler dans l’humanitaire plus tard. Accueillir ces réfugiés à l’entraînement d’athlétisme grâce à l’association de la République des sports (ndlr: des bénévoles qui organisent des rencontres entre réfugiés et clubs de la région pour leur permettre de pratiquer plusieurs sports différents) nous a tous fait réaliser la chance que nous avons de grandir ici. Ça a été un moment de partage très fort. Le sport permet ces contacts directs, même si on ne parle pas la même langue. Côtoyer ces jeunes nous a fait sortir de notre bulle. J’en ai ensuite longuement parlé avec mes amies et je suis super heureuse de pouvoir à nouveau partager quelque chose avec eux lors des JOJ.»

Sourire quoi qu’il arrive

Après l’avoir écoutée avec concentration, Omid Alizada prend la parole, dans un français impressionnant. Il raconte son histoire avec simplicité si on le lui demande, mais le reste du temps il préfère aller de l’avant et sourire, toujours. «L’autre jour je me suis blessé au cours de sport de mon école, et le prof ne comprenait pas si j’avais mal ou pas, parce que je continuais à sourire!» raconte-t-il avec une joie de vivre qui force le respect. Le jeune Afghan est arrivé en Suisse le 27 août 2017. «Il était 6h45 quand j’ai enfin passé la frontière suisse, relate-t-il calmement. J’ai mis cinq mois à rejoindre Genève après que ma famille se soit fait arrêter en Turquie. Ça a été très dur. La journée on dormait et on avançait la nuit. J’ai vu des gens mourir de froid autour de moi. À Genève, j’ai croisé un autre Afghan au bout d’une heure. Il m’a expliqué comment prendre le train pour Vallorbe et le centre pour requérants. Mais je suis content, la Suisse est vraiment un beau pays calme. J’adore.» S’il a passé du temps dans des foyers, le jeune homme de 18 ans vit actuellement dans une famille d’accueil, étudie le français, les maths et l’histoire suisse dans une école de transition, et espère plus que tout décrocher une place d’apprentissage. «J’ai déjà fait trois stages comme assistant en soins et santé communautaire dans un EMS, au CHUV et dans un autre hôpital et ça s’est très bien passé. J’ai encore des examens, je dois réviser!»

À 7 ans, il travaillait déjà

Il n’y a pas qu’en blouse blanche que les choses se sont bien passées pour le joyeux Afghan. Lors des initiations organisées par la République des sports, il a souvent battu ses camarades de jeu d’un jour. «J’ai beaucoup aimé le curling et le judo, mais là où j’étais le meilleur, c’est au tir à l’arc. J’ai recommencé à un stand dans une fête et j’ai gagné une énorme peluche!» Des activités qui lui ont permis de rencontrer son ami Hamid et surtout d’échanger avec plein de jeunes du coin. «Je n’avais jamais fait de sport avant, mon père nous l’interdisait. J’ai commencé à travailler à 7 ans, alors il n’y avait pas de temps pour ça...»

Les Jeux olympiques restent donc encore quelque chose de très abstrait pour Omid Alizada. «Cette fois, comme bénévole, c’est moi qui vais aider les autres comme tellement de bénévoles m’ont aidé moi. Je suis content d’être celui qui pourra donner des informations aux gens.» Une fonction qu’il pourra ensuite inscrire sur son CV, une preuve supplémentaire s’il en faut de sa volonté d’intégration. Une volonté particulièrement visible quand il se retrouve derrière un caquelon. «Ah j’adore la fondue! Je crois qu’il n’y a rien de plus délicieux au monde.»

Créé: 04.01.2020, 10h05

Des tâches pour tous les goûts

En ville ou à la montagne, ils sont présents à tous les postes

Les nombreuses tâches assurées par des volontaires ont été divisées en 14 «chapitres» différents. Il y en a pour tous les goûts et toutes les capacités. Ainsi, le Pulliéran Maximilien Thilo, aveugle, a bondi de joie en apprenant que sa candidature avait été retenue. «Je serai au programme d’éducation pour les athlètes, se réjouit-il. Ça va me permettre de rencontrer plein de monde, de transmettre ce que je sais, de beaucoup apprendre. Mais je suis surtout tellement heureux de faire partie de la fête et de laisser mon handicap de côté parce que je vais faire «comme tout le monde»». Les bénévoles sont répartis dans les secteurs suivants.

Sports Par exemple: lisseur, récupération des dossards, speaker...

Protocole et cérémonies Par exemple: mise en place du podium, des médailles, accueil des invités...

Services des Jeux Par exemple: contrôle des accréditations, accueil presse, présence à l’aéroport...

Médical, secours et antidopage Par exemple: patrouilleur, service médical aux athlètes et spectateurs...

Transports. Par exemple: chauffeur, coordination des transports...

Technologies Par exemple: coordination câblage technique, opérateur audio-visuel…

Opérations médias Par exemple: coordination des zones mixtes...

Programme éducatif et animations Par exemple: accueil des athlètes dans les villages olympiques du Vortex et de St-Moritz, entretien des installations...

Service bénévoles et marketing Par exemple: approvisionnement, contrôle des réseaux sociaux...

Services aux délégations Par exemple: assistant CNO (Comité national olympique).

Langues et communication Par exemple: traduction, interprétation des conférences de presse...

Services villages olympiques Par exemple: réceptionniste, guide, bagagiste...

Montage Par exemple: entretien de la glace, mise en place de la signalétique, des structures...

Démontage Par exemple: rangement, remise en état... T. C.

Les volontaires des JOJ2020 en chiffres

3800
Le nombre total de bénévoles inscrits pour ces Jeux olympiques de la jeunesse. En tout, le comité d’organisation a reçu environ 6000 postulations. Quel magnifique succès!

86
nationalités différentes sont représentées. Il y a de très nombreux locaux, mais aussi des bénévoles réguliers qui participent à d’autres manifestations de ce genre. Ils sont en contact via des groupes Facebook.

87
C’est l’âge du volontaire le plus âgé inscrit à ces JOJ. La moyenne se situe à 45 ans. Tous ont touché des sous-vêtements thermiques, deux t-shirts, une veste «soft shell», une veste de ski, un bonnet et un tour de cou. Les bénévoles «montagne» ont aussi reçu un pantalon de ski.

600
Le nombre de bénévoles dédiés au programme Lausanne en Jeux!, une partie importante des JOJ 2020 qui assurera une présence partout en ville.

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