Garder une sexualité épanouie quand on vit avec un malade, est-ce possible?

FEMINAConstruire une relation alors que l’autre souffre est un défi quotidien. Les conseils de la sexologue Laurence Dispaux.

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«J’ai rencontré un homme avec qui le feeling passe bien, et avec qui j’aurais bien envie de faire un bout de chemin. Malheureusement, il a appris récemment qu’il est atteint de sclérose en plaques… il ne sait pas s’il ose s’engager avec moi, craignant de ne pas être, selon ses mots, «un cadeau», notamment sur le plan sexuel. Suis-je naïve de penser que l’on peut tout surmonter?»

Joanna, 30 ans

La réponse

Comme vous, j’ai tendance à croire aux miracles et à la capacité de deux personnes à relever les défis en équipe. Toutefois, votre relation est jeune. Sans la force qu’offrirait un passé commun, il est difficile d’imaginer sur quelles ressources votre couple pourra s’appuyer dans les moments difficiles. Néanmoins, vous semblez communiquer, tout en montrant respect et bienveillance l’un pour l’autre. Soyez conscient que la sclérose en plaques (SEP) va toucher beaucoup plus que la seule sphère sexuelle. Il s’agit d’un sujet important et délicat, d’autant plus en début de relation.

Si vous décidez tous les deux d’aller de l’avant ensemble, autant affronter avec réalisme les implications directes et indirectes de la SEP, tout en construisant autant que possible votre lien lors des périodes calmes et joyeuses.

Incertitudes et souffrance

En termes d’impacts négatifs sur la sexualité, les troubles neurologiques peuvent diminuer la libido, changer les sensations génitales, rendre l’orgasme difficile, fatiguer, être à l’origine de douleurs et de troubles de la sensibilité. A cela s’ajoutent les aspects psychologiques: sentiment de frustration et d’échec, culpabilité face aux troubles sexuels, sentiment de ne pas être performant, image corporelle difficile.

L’évolution est personnelle, d’où les incertitudes et le sentiment d’impuissance des personnes atteintes; votre ami a peut-être encore tout un chemin d’acceptation à parcourir. Veillez à être attentive autant à ce qui relève de ce processus de deuil qu’à profiter des instants légers, de la complicité, des rires, du partage et de votre découverte mutuelle, hors maladie. Ne vous sentez ni l’un ni l’autre obligé moralement de rester ensemble; comme tout couple, il s’agit de se choisir réciproquement jour après jour.

Notre experte
Cette semaine, envoyez vos questions à Laurence Dispaux, psychologue-psychothérapeute FSP, conseillère conjugale FRTSCC, sexologue clinicienne ASPSC: laurence.dispaux@femina.ch

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Créé: 30.07.2018, 10h26

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