Les crêpes de Bretagne à la montagne

TerroirsÀ Solalex, Carole Noblanc, la bergère du film Hiver Nomade, régale ses hôtes.

Carole Noblanc fait sa pâte à l'instinct et prépare ses crêpes sur des

Carole Noblanc fait sa pâte à l'instinct et prépare ses crêpes sur des "billig", nom breton des plaques rondes qui saisissent juste comme il faut. Image: Florian Cella

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Sa crêperie est un chalet accessible en deux minutes à pied, qui se situe entre Gryon et Solalex, pas loin de Villars non plus. On tire la porte, on entre, le feu est amical et le décor foisonnant de mille trouvailles et créations personnelles invite à la halte prolongée. On est chez Carole Noblanc, rappelez-vous, la bergère du film Hiver nomade, réalisé par Manuel von Stürler, qui connut dès 2012 un succès mérité dans les salles, reçut plusieurs distinctions, et vient d’ailleurs d’être rediffusé sur la RTS.

Farines de Quimper

La bergère n’est plus bergère, mais elle est restée Bretonne, et ce sont ses crêpes qu’elle propose aux randonneurs, skieurs de fond, raquetteurs et autres passants de la montagne, au pied du Miroir d’Argentine. «Ma vie de bergère, la transhumance, le nomadisme, m’ont appris de quoi je suis capable. Mais j’avais envie d’un chez-moi. Quand tu fais la transhumance, tu es chez tout le monde et tout le monde est chez toi. Alors je suis revenue à une vie plus classique qui me convient parce que j’ai toujours aimé accueillir, préparer à manger. La journée je suis ici, le soir je suis chez moi, chez nous puisque j’ai un amoureux, à Gryon.»

On va voir que grâce à son amoureux, Carole n’a pas fini de voyager, mais parlons d’abord des crêpes, qu’elle fit d'abord connaître à l’alpage de La Vare, au-dessus de Pont-de-Nant, avant de devenir locataire de ce chalet communal. Les crêpes, pour être authentiques et bonnes, doivent avoir, selon Carole, au moins deux qualités: être fines et croustillantes. Pour y arriver, elle a ses exigences: «Je fais venir mes farines de Bretagne, du Moulin de l’Ecluse à Quimper.» Farine de blé noir, ou sarrasin c’est pareil (avec l’avantage d’être sans gluten), pour la salée; farine de froment pour la sucrée. Evidemment, son goût pour les crêpes et son savoir-faire viennent un peu de l’enfance, quand Carole regardait sa mère les préparer sur les «billigs», c’est le nom breton des plaques rondes dont elle possède deux exemplaires ici à Solalex.

Au pif, pour la crêpe au blé noir, elle mélange sel, eau, œuf, farine, en verse une louche sur la plaque, étale la pâte avec le rosel (nom breton de la spatule de bois). Pour la crêpe au froment, la sucrée, c’est farine, sucre, œuf, lait, un peu d’eau, puis un coup de spanel de bois pour retourner la crêpe juste au bon moment. On notera en passant que Carole met volontiers à disposition des visiteurs, entre des dizaines d’autres beaux livres, un exemplaire du «breton pour les nuls» assez épatant. On ose la question: peut-on réussir chez soi, dans une poêle, d’aussi bonnes crêpes? «Peut-être, mais l’avantage de la plaque c’est qu’elle saisit la pâte. Et il faut être généreux en beurre salé!» Les deux visiteurs français qui se sont attablés quelques minutes auparavant et travaillent pour divers offices de tourisme sont d’accord: une, deux, trois crêpes chacun, choisies sur la carte à prix très modérés si on les compare avec les tarifs des crêperies citadines.

Il faut goûter la sucre-cannelle-citron

La complète, jambon, œuf, fromage, rencontre un vrai succès. Le monsieur qui vient d’entrer la connaît déjà: il dit bonjour, et la commande avec du cidre. De Quimper forcément. Il faut aussi goûter la sucre-cannelle-citron, la préférée de Carole. Ou la flambée au lambig, l’eau-de-vie de cidre. Ou celle au salidou, caramel-beurre salé. On est en deux bouchées transporté au pays des forêts mystérieuses et des grandes marées.

Dans l’univers montagnard de Carole, d’autres passions apparaissent. Attila, son amoureux, qui est Hongrois, développe «une révolution informatique» selon Carole et travaille beaucoup avec l’Islande. Carole l’y a accompagné et a découvert le tricot avec les laines de là-bas. Entre deux crêpes, on peut tâter chaussettes et écharpes. Et l’été prochain, elle va organiser une rando-tricot qui associera la marche et la découverte du maniement des aiguilles façon islandaise. Ce sera en plus de l’atelier des marmots qui existe déjà l’été. Et de plein d’autres idées. La nomade de la mer et de la montagne ne s’arrête jamais, en fait!


La Crêpecidre, Buvette de Cergnement. Jusqu’à mi-avril. Me à di, 10 h à 17 h. Tlj pendant les vacances de février. tél.: +41 77 901 60 69. www.lacrepecidre.ch (24 heures)

Créé: 23.01.2016, 18h08

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