Les traditions ont du bon à La Reine Berthe

L'Esprit des pintesDans une décoration toujours extraordinaire, les plats du terroir tels que tripes, langue ou papet sont les rois dans ce café populaire de Payerne.

Entourée ici de son équipe formée de Corinne Barré, Guylaine Bidiville et Jacqueline Chassot, Marie-Jeanne Zurkinden (3e depuis la gauche) souhaite rester à la barre de La Reine Berthe encore quelques années.

Entourée ici de son équipe formée de Corinne Barré, Guylaine Bidiville et Jacqueline Chassot, Marie-Jeanne Zurkinden (3e depuis la gauche) souhaite rester à la barre de La Reine Berthe encore quelques années. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Où pourra-t-on désormais déguster des plats typiques tels que le papet vaudois, mais aussi les tripes, les pieds de porc, le boudin ou la tête de veau vinaigrette? À Payerne, depuis que la rumeur d’une prochaine retraite de Marie-Jeanne Zurkinden enfle, c’est l’inquiétude dans les chaumières. Car le Café de La Reine Berthe, ou de la reine Marie-Jeanne (comme le stipule un panneau à l’entrée ajoutant que Berthe est d’accord), c’est un véritable concentré de tradition et de terroir, comme jadis. «Cela fait des années que des gens se manifestent pour reprendre l’affaire, mais j’ai encore deux ans devant moi avant d’arriver à la retraite et j’ai bien envie de continuer par la suite, mais peut-être avec des horaires réduits», rassure d’emblée la souriante patronne. Elle ajoute quand même qu’elle ne se voit pas tenir aussi longtemps qu’Ida du Petit-Bâle (ndlr: une tenancière de pinte historique, décédée en 2013, à 89 ans).

Décoratrice de formation, mais ayant déjà travaillé dans la restauration, elle a repris cette pinte, qui plaisait beaucoup à son défunt mari, Pierre-André, en 2001. Abritant un restaurant typique depuis la fin des années 1800, l’endroit a évolué sous la houlette de Marie-Jeanne, qui y met un soin tout particulier, notamment en ajoutant chaque année quelques branchages de noisetier tordu. «Au fil des ans, on dirait qu’un arbre a poussé dans l’établissement», se réjouissent les convives. «Cela me permet surtout de cacher le plafond qui n’est pas très beau», commente la patronne. Outre la collection de figurines de chats sur un rebord, l’endroit abrite une bonne centaine d’anges quand Noël approche ou des œufs à Pâques. Et que dire de la magnifique terrasse ombragée qui permet, en été, de se retrouver en pleine verdure, tout en restant au centre-ville.

Comme toutes les semaines, en ce jeudi, l’équipe du bistrot propose la langue de bœuf et sa sauce aux câpres. Un menu que Danièle Vesy n’a pas oublié. «Elle est délicieuse. À l’époque, je vivais tout près d’ici avec mon mari et nous venions souvent profiter du menu frais du jour, toujours bien fourni et à bon prix.» Résidant désormais en Valais, elle a profité d’une balade dans la région pour y emmener son amie Christine Froidevaux. Payernois bon teint, Jean-Pierre Quidort apprécie aussi l’endroit réputé pour ses plats du terroir. Pourtant ce jeudi, après son traditionnel apéro avec ses collègues de la table ronde, il s’en va avant le service. «Je me rattraperai une prochaine fois», lâche-t-il malicieusement, tout en glissant qu’il apprécie aussi l’accueil toujours familial et les discussions rurales ayant cours à La Reine Berthe.

Installé une table plus loin que les Valaisannes, le curé Luc de Reamy est venu en voisin, l’église catholique se dressant à deux pas: «Ce genre d’endroit traditionnel joue un important rôle social.» Ce n’est pas Yvan Séchaud qui dira le contraire. Domicilié à Granges-sous-Trey, le Broyard s’installe souvent à la table de l’établissement pour trois raisons principales: «Un menu du jour de qualité, un cadre extraordinaire et du personnel chaleureux et fidèle.» Cerise sur le gâteau, le potage quotidien servi à la soupière et à volonté est toujours un régal.

Si Marie-Jeanne est parfois secondée par ses sœurs lors des grands rendez-vous de l’année tels que la foire de la Saint-Martin ou les Brandons, elle peut surtout compter sur une redoutable équipe à ses côtés. Jacqueline Chassot fait partie de celle-là depuis les débuts. À tel point qu’on pourrait croire qu’elle fait partie des murs. «L’ambiance est tellement agréable ici et la clientèle si familiale que je n’ai jamais eu l’idée d’aller voir ailleurs, glisse la sommelière. Et puis Marie-Jeanne est une perle de patronne, toujours à l’écoute et prête à tout pour nous arranger en cas de souci.» Enfin, Jacqueline apprécie surtout ce cadre de travail entièrement à l’ancienne. D’ailleurs à La Reine Berthe, pas question de payer par carte, seul le cash est autorisé. «L’appareil serait trop moderne pour le bistrot», rigole la serveuse. (24 heures)

Créé: 09.12.2018, 08h44

Les gens



Désormais en Valais, Danièle Vésy a emmené son amie Christine Froidevaux pour déguster la langue de bœuf de La Reine Berthe




Voisin des lieux, le curé Luc de Reamy relève le rôle social tenu par le café




Payernois bon teint, Jean-Pierre Quidort partage l’apéro tous les jeudis à la table ronde

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