Tel le chasselas, Florian Burion a pris du temps pour son beau film

VignesLe réalisateur vaudois signe un documentaire bluffant sur le cépage roi du canton. «Chasselas Forever» a déjà été primé plusieurs fois

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«C’est génial quand un film peut créer des rencontres.» Florian Burion, 36 ans, va se régaler ces prochains mois puisque son documentaire sur le chasselas suscite beaucoup d’intérêt. Par exemple chez des vignerons qui veulent organiser une projection publique dans leur domaine, en présence du réalisateur. L’avant-première, c’est ce dimanche au Cinéma Rex de Vevey (ville où il habite désormais), avant une dégustation de… chasselas. Chasselas Forever a déjà gagné ses galons dans deux festivals. Trois récompenses à Oenovidéo, à Cluny (F), dont le Trophée du meilleur film professionnel, et la Mention d’honneur du meilleur film international au Most de Penedès (E). Il sort également en DVD, «ce qui a pris du temps, puisque nous voulions le doubler en allemand et en anglais, pas juste le sous-titrer, ce qui est moche».

Le perfectionnisme de Florian Burion est à ce prix, lui qui a pris quatre ans pour ce premier long-métrage. L’ancien élève de l’ECAL (promotion 2002) tient la caméra depuis longtemps, a assisté Jacqueline Veuve sur six de ses films. Il a également monté sa propre boîte de production, Octuor, qui a produit le court-métrage de Nadège de Benoît-Luthy, Orages d’été.

Mais il «cherchait depuis longtemps un sujet original autour du vin. J’ai toujours aimé être dans les vignes avec ma caméra, il y a une sorte de magie. Dans le même temps, je ne me voyais pas refaire la énième année vigneronne.» En vacances en Bourgogne, il découvre le village de Chasselas, est intrigué, se demande s’il y a un lien avec le cépage. Puis il tombe sur l’étude de José Vouillamoz sur l’origine des cépages, dont celle du chasselas. Le réalisateur tient son sujet, mais pas encore son scénario.

«On a travaillé avec de petits moyens et un petit budget. J’étais souvent seul avec ma caméra, mes éclairages, pour réaliser les interviews. Surtout, on a travaillé de manière inhabituelle. Je tournais, on montait un bout du film, on voyait les images qui manquaient et je repartais avec ma caméra.»

Au final, le documentaire est vraiment réussi, mêlant sciences, histoire et humains. «Ce film, c’est juste autour d’un grain de raisin et de ses multiples enfants, pas sur un terroir ou un lieu.» Il a mis le temps pour le tournage, sur trois ans: les images macro en timelapse de l’éclosion d’un bourgeon, par exemple, ne réussissant pas forcément du premier coup, ni du deuxième. «Les premiers spectateurs se sont laissés embarquer par l’histoire, qui est d’abord celle de la vigne.»

Chasselas Forever, de Florian Burion, Octuor, 57’. En vente sur www.chasselasforever.ch (20 fr.)

CHASSELAS FOREVER Bande annonce from Octuor films on Vimeo.

Créé: 03.06.2016, 11h57

L’histoire du cépage dit celle des hommes

Comment raconter un cépage pendant une heure et rester passionnant? Le pari s’appuie d’abord sur des images d’une grande qualité. Voir en haute définition le passage en accéléré d’un bourgeon à une feuille, voir exploser la fleur de vigne est magnifique. Y insérer des images de Lavaux prises avec un drone par Cyril Néri séduit toujours, évidemment. Le réalisateur vaudois a su ensuite convoquer le gratin de la recherche et de la vigne pour traquer les origines et les spécificités du cépage: François Murisier, José Vouillamoz ou Jean-Laurent Spring pour les premiers, Blaise Duboux, Stéphanie Delarze ou Pierre Fonjallaz pour les seconds.

La quête l’a mené à Fontainebleau, où les Amis de la Treille du Roy entretiennent toujours le raisin préféré de François Ier, à Pouilly-sur-Loire, où le chasselas donne toujours du raisin, ou au village homonyme.

En traquant le chasselas, il démontre aussi combien la culture de la vigne a suivi les migrations des hommes, et combien d’un seul individu on peut créer des clones différents.


Projections publiques

Cinéma Rex, Vevey, di 5 juin, 11 h.
Cinéma Cosmopolis, Aigle, ma 7 juin, 20 h 30.

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