D'accords politiques en accords gastronomiques

GastronomieLe Club des Chefs des Chefs est en visite en Suisse. Rencontres.

Une partie des membres de ce club très exclusif sur les marches de l'hôtel Richemond à Genève.

Une partie des membres de ce club très exclusif sur les marches de l'hôtel Richemond à Genève. Image: @jesshoffman

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Avec leurs vestes blanches impeccables au col rehaussé du drapeau de leur pays, leur nom brodé sur le cœur, on pourrait penser ces chefs réunis pour une grande compétition. Mais non, point de concours, ces messieurs-dame (il n’y en a qu’une seule lors de ce voyage en Suisse) sont en course d’école. La sortie annuelle d’une semaine du Club des Chefs des Chefs, qui se font remplacer dans les cuisines royales ou présidentielles le temps de se retrouver.

«Pendant sept jours, c’est leur tour d’être servis comme des chefs d’Etat, s’amuse le fondateur du club, Gilles Bragard. Mon idée en 1977 était de créer un G20 de la gastronomie, mais aussi de faire en sorte que ces chefs, dont les patrons se rencontrent régulièrement, se connaissent entre eux. Aujourd’hui, c’est chose faite. Il existe même ce que j’appelle le téléphone bleu. Quand leurs employeurs utilisent le téléphone rouge pour s’appeler, eux utilisent le bleu pour connaître les goûts des grands de ce monde en amont d’une réception. Cela permet de ne pas commettre d’impair et surtout d’aller bien plus vite qu’en passant par les ambassades.»

Gardiens de la tradition culinaire de leurs pays, mais aussi de la santé de leurs leaders, ces cuisiniers si particuliers sont également des ambassadeurs à part entière. Et c’est souvent leur savoir-faire qui débloque les négociations. «Des discussions au point mort dans la salle de réunion reprennent avec un tout autre ton dans la salle à manger», assure Gilles Bragard.

A Genève, mardi, ils ont mis comme souvent leur talent au service d’une bonne œuvre avec un repas de gala à l’Hôtel Richemond, dont les recettes ont été reversées à la Croix-Rouge suisse en faveur des enfants de Syrie.


Hilton Little
Afrique du Sud

«C’est Nelson Mandela – que j’ai appelé «Tata», soit papa en zoulou, jusqu’au dernier jour – qui m’a engagé. J’étais en retard au moment de le rencontrer pour la première fois. Il était allé se coucher et m’a finalement reçu en toute simplicité dans sa chambre à coucher! J’ai appris à connaître les goûts de mes patrons (ndlr: Thabo Mbeki, puis Jacob Zuma ont succédé à Mandela) grâce aux restes des assiettes que je leur propose. J’aime les surprendre tous les jours.»

Cristeta Comeford
Etats-Unis

«J’ai la chance de travailler pour une première dame passionnée par les légumes. Je suis aussi en charge du potager de la Maison-Blanche, ce qui me permet de sortir des cuisines. Née aux Philippines, j’ai toujours été habituée aux saveurs très variées. C’est ce que j’essaie de reproduire pour le président, afin qu’il ne se lasse pas. Les Obama sont des gens tout à fait normaux, toujours heureux de parler de tout et de rien avec moi en toute liberté.»

Guillaume Gomez
France

«On m’a placé jeune à l’Elysée et quand j’ai vu que certains de mes collègues étaient là depuis de Gaulle, je me suis demandé comment ils faisaient pour ne pas être lassés! Maintenant je le sais: il n’y a pas la moindre routine dans mon travail, d’autant plus que j’ai la chance de voyager avec le président. Nous sommes des ambassadeurs de notre pays, alors, pour les repas officiels, je construis mes menus autour du pain, du vin et du fromage. Forcément!»

Gregor Zimmermann
Suisse

«Ma position est un peu différente de celle de mes collègues, puisque je suis le chef du Bellevue Palace de Berne et non pas de Mme Sommaruga. Mais c’est moi qui suis en charge des réceptions officielles. Et, avec le nombre de délicieuses spécialités de notre pays, je n’ai que l’embarras du choix au moment de concocter un menu. J’aime faire faire aux invités un petit tour de Suisse des saveurs, en gardant la main légère sur le beurre et la crème!» (24 heures)

Créé: 16.07.2015, 18h28

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