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Le blocus du cacao veut instituer un prix minimal

Alors que les cours sont à la peine, la Côte d’Ivoire et le Ghana bloquent les ventes des précieuses fèves.

Des fèves de cacao du Ghana (ici chez Camille Bloch).
Des fèves de cacao du Ghana (ici chez Camille Bloch).
Olivier Allenspach-archives

Le consommateur n’y a rien vu dans les rayons des supermarchés mais le cours du cacao a une forte tendance à jouer le yo-yo, et plus souvent vers le bas que vers le haut. Et ce sont les pays producteurs qui trinquent dans un marché qui pèse 100 milliards mais dont ils ne touchent que 6%. Quant aux paysans eux-mêmes, c’est encore pire avec 2% des revenus.

Les deux principaux pays producteurs, la Côte d’Ivoire et le Ghana, représentent les deux tiers du marché. Alors, quand ils décident de faire un blocus sur les ventes 2020-2021, le secteur s’agite. Des réunions ont eu lieu ces jours à Acra et à Abidjan pour que les deux pays uniformisent leur système de vente et leurs prix. Car les grands transformateurs du secteur – les américains Archer Daniels Midland (ADM) et Cargill et le zurichois Barry Callebaut, 40% du marché – jouent de cette concurrence et de la surproduction actuelle pour faire baisser les prix jusqu’à 1770 dollars la tonne en 2017, avant une remontée à 2315 dollars cette année.

La Côte d’Ivoire et le Ghana exigent un prix plancher à 2600 dollars, d’autant qu’ils paient, eux, un prix plancher à leurs paysans. Et le revenu moyen d’un planteur, estimé par Faitrade, est de 0,78 dollar par jour. Le directeur général du Conseil Café Cacao de Côte d’Ivoire, Yves Kone, souhaite «un prix qui puisse rémunérer le travail de l’homme décemment».

Aujourd’hui, le blocus n’a pas encore eu d’effet sur les prix, d’autant qu’on parle de ventes futures et que les stocks sont au plus haut. Mais il pourrait pousser les producteurs à développer une industrie de transformation sur place pour contourner les grands groupes.

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