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Cinq chefs vont cuisiner cinq soirs contre le gaspillage alimentaire

Denis Corboz a invité cinq cuisiniers à travailler avec des produits récupérés par Table Suisse avant qu’ils soient jetés à la poubelle.

C’est la troisième année que Denis Corboz propose ses soirées 2e service, où des chefs reconnus cuisinent avec les produits que recueille Table Suisse dans les magasins où ils auraient été jetés à la poubelle pour cause de péremption. En 2015, Éric Godot, le chef de la Clinique de La Source, avait inauguré le concept. L’an dernier, place à Guillaume Raineix, de l’Eligo, et François Grognuz, de la Brasserie de Montbenon, lieu où se tenaient ces drôles de soirées.

Cette année, ce ne sont pas moins de cinq repas qui sont à l’ambitieux programme de Denis Corboz (à gauche sur la photo ci-dessous), qui va investir l’antique salle du Cazard redécorée avec des objets recyclés. «Jusque-là, on avait un public de gens pour la plupart déjà convaincus. On aimerait toucher d’autres gens avec un prix plus populaire. Je sais que beaucoup espèrent participer à ce qu’on nomme aujourd’hui une expérience culinaire. À 60 francs tout compris (sauf les vins), c’est jouable», explique le musicien et conseiller communal socialiste.

Denis Corboz, à g., avec François Grognuz l’an dernier. Et, à droite, de haut en bas, Raphaël Rodriguez, Gabriel Serero, Lionel Rodriguez et Philippe Ligron, les autres chefs de ces cinq soirées antigaspillage

Le casting est relevé puisque cinq chefs lausannois et veveysans ont accepté de jouer le jeu. Voici donc, par ordre d’apparition, Raphaël Rodriguez, le chef créatif qui transporte les convives de l’Auberge de l’Abbaye de Montheron, «il adore les défis rigolos» (ma 19 décembre); Gabriel Serero, le créateur de Conte-Goûts, qui travaille aujourd’hui beaucoup sur les textures modifiées pour les personnes âgées, «un inventif passionné» (me 20); Lionel Rodriguez, le chef étoilé des Trois Couronnes, à Vevey, «qui a un vrai respect de la nature» (je 21); Philippe Ligron, à la tête des ateliers culinaires de l’Alimentarium, qui «réalise des odes à l’aliment» également sur les ondes de Bille en tête (ve 22 pour une soirée VIP); et enfin de François Grognuz (au centre), le chef de la Brasserie de Montbenon, hôte des épisodes précédents (sa 23). «Moi, j’ai toujours appris que rien ne se jette et que tout se transforme, explique Lionel Rodriguez. J’avais envie de donner un coup de main à Table Suisse qui fait un travail formidable pour les démunis, surtout quand on sait que beaucoup de relations sociales se nouent autour de la table.»

Nourriture sans valeur

«Dans les années 1970, un ménage consacrait environ 30% de son budget à l’alimentation, poursuit l’organisateur. Aujourd’hui, ce sont 6 à 8%. La nourriture a perdu de sa valeur et c’est pour cela que les gens la jettent si facilement.» Cent dix-sept kilos par an et par personne passent ainsi à la poubelle dans nos sociétés occidentales. «Nous ne voulons pas faire la morale, juste sensibiliser les gens. Avec ces soirées, on donne des trucs antigaspillage, des manières de changer nos habitudes. Certains le feront pour des raisons écologiques, d’autres pour des motifs sociaux ou pour économiser de l’argent, qu’importe? L’essentiel, c’est qu’on avance.»

Denis Corboz veut aussi mettre en lumière le travail de Table Suisse. Cette association récupère tous les produits alimentaires que lui donne le commerce de détail: des fruits hors calibre, du pain de la veille, des yoghourts qui arrivent à la date de péremption. «Quand les chefs ouvrent les camionnettes devant la cuisine, ils sont surpris de la qualité des produits et s’exclament: «Quoi! on allait jeter tout ça?» Ces cuisiniers connaissent les produits et savent quoi en faire», affirme l’organisateur. L’an dernier, Table Suisse a redistribué plus de 4000 tonnes de nourriture aux démunis. «Il ne faut pas oublier que la précarité augmente en Suisse, poursuit Denis Corboz. On le voit avec l’augmentation des demandes à Table Suisse, à la fréquentation des épiceries Caritas ou d’autres.» Heureusement, les stocks de nourriture dans les commerces augmentent avec les Fêtes…

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