Le coeur d'Yverdon flâne au Café de la Promenade

Esprit des PintesAncien bistrot de quartier qui a gardé tout son cachet, le Café de la Promenade, planqué à deux pas du centre historique, est devenu le point de chute de plus ou moins tout ce qui fait Yverdon.

Entre le mobilier d'époque et les bibelots chinés à droite à gauche, la petite équipe de la Promenade fait beaucoup pour faire de l'endroit un incontournable de la vie sociale yverdonnoise. De gauche à droite: Estelle Hardier, la patronne, Arnaud Marchand et Nathalie Fournol.

Entre le mobilier d'époque et les bibelots chinés à droite à gauche, la petite équipe de la Promenade fait beaucoup pour faire de l'endroit un incontournable de la vie sociale yverdonnoise. De gauche à droite: Estelle Hardier, la patronne, Arnaud Marchand et Nathalie Fournol. Image: Jean-Paul Guinnard

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C'était autrefois un simple troquet de quartier à l’ancienne, le genre comptoir en formica, grosses lampes, bancs qui grincent, lino usé et clientèle composée quasi exclusivement de braves messieurs parfaitement heureux de se retrouver, enfin entre eux, à l’heure du petit coup de blanc.

«Je venais avec mon grand-père, pendant que ma grand-mère faisait les courses», se souvient un client de passage, accoudé à la table ronde de la fenêtre. D’autres habitués sont d’anciens «quilleurs», ces gamins qui officiaient contre un sirop comme ramasseurs du jeu de quilles, toujours connu des initiés, et mécanisé en 1964. Le décor a peu changé. Le comptoir en formica est encore là, les tables gardent leurs vieux pieds de fer estampillés Helfer-Yverdon, les lambris survivent aussi, et il reste, assure Estelle Hardier, la patronne depuis mai 2014, une vieille odeur de cigares qui revient de temps à autre depuis l’arrière-salle quand il fait assez humide. «J’ai tenu à garder la cagnotte aussi, c’est important. Le reste du mobilier je l’ai chiné à gauche à droite.» Sous l’impulsion de l’énergie normande, l’ancestral Café de la Promenade, planqué au fond de la rue Pestalozzi d’Yverdon, est aujourd’hui une véritable référence de la cité thermale. Un peu une pinte, un peu un bistrot, surtout le repère des locaux et de quelques touristes de passage qui cherchent l’authentique. C’est le rendez-vous d’une ou deux chorales, des accordéonistes, des Verts, de l’Amalgame, du Castrum, «du Rotary et de quelques UDC aussi», s’empresse de préciser la patronne. Certains soirs, on démasque aussi les francs-maçons de la loge voisine au fait qu’ils préfèrent l’absinthe aux crus de Bonvillars. Bref, tout le petit monde qui fait vivre Yverdon. Pour preuve. Jeudi dernier à midi (c’était bondé, comme d’habitude), il y avait la municipale de la Culture et la chargée de Communication de la Ville en intense conversation, deux équipes d’ouvriers contents de souffler, une poignée de chercheurs de la Heig-VD, quelques vieux de la vieille, et notamment à la table du fond le trio d’une entreprise spécialisée dans l’entretien des vieux arbres: la Danoise Louise Grønbæk qui ne manque pas l’adresse quand elle passe en Suisse, l’Espagnole Tilan Fernandez qui dévore l’endroit des yeux, et Benoît de Miéville. «C’est un collègue qui m’a fait connaître l’endroit. On y est comme chez soi, avec une cuisine simple et efficace, des vins et des produits de qualité», sourit-il. «Des bistrots comme celui-ci, il en reste parfois un ou deux par ville. Moi ici, j’ai l’impression d’être chez ma grand-mère», enchaîne Linda Gens, joviale habituée. À voir si la patronne apprécie entièrement le compliment.

«La Promenade a gardé son âme de café de quartier, c’est une petite salle carrée ou tout le monde se voit et mange côte à côte, raconte Estelle Hardier. Un endroit comme ça, c’était mon rêve. Quand j’ai demandé aux anciens tenanciers s’ils voulaient remettre, c’était un non poli. Leur ai tout de même laissé mon numéro sur un post-it. Ils m’ont rappelée quatre ans après.» Ils ont bien fait. La petite cuisine logée tant bien que mal derrière l’ancienne cabine téléphonique sert des fondues réputées, des camemberts au four et des croûtes au fromage à tomber. Des crêpes. «Après on s’amuse avec le menu du jour. Il y a parfois du papet, des plats de viandes, mais on essaie d’innover un peu et de sortir des atriaux. Ce qui compte surtout, c’est la qualité des produits, même si ça fait baisser la marge au final.»

Ce qui se boit le plus? Le blanc du coin, évidemment. Les limonades maison au gingembre font aussi un tabac. Et la carte des bières s’est étoffée avec le dernier apprenti, Arnaud Marchand, qui vient de décrocher son diplôme de sommelier de la bière. Sous le comptoir justement, la mère de famille, Florence Pascal, termine son petit noir avec biscuit maison. «Le matin, on vient ici prendre le café, pour attendre que les enfants aient fini à l’école d’à côté. Le soir, on se retrouve pour prendre l’apéro. Enfin entre adultes.» Il y a des choses qui changent finalement peu. (24 heures)

Créé: 30.12.2018, 11h25

Café de la Promenade,
rue des Jordils 23, Yverdon
Tél. 024 420 20 55

Les Gens



Trio international régulièrement de passage, Tilan Fernandez, Benoît de Miéville et Louise Grønbaek, apprécient le caractère typique de l'endroit.





Florence Pascal profite souvent de faire un saut au café avant que son fils ne quitte l'école voisine. «C'est un café familial où on vient aussi pour l'apéro» souligne-t-elle.





Autre habituée, Linda Gens relève l'importance patrimoniale du lieu. «Des cafés authentiques avec les bois d'origine et cette décoration à l'ancienne, on a de la chance si on en trouve encore un ou deux par ville.»

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