L’Electus et l’Éclat pour faire briller les vins valaisans

Haut de gammeLes deux vins phares de Provins essaient toujours de devenir plus iconiques.

Damien Carruzzo surveille lui-même l'Eclat et l'Electus.

Damien Carruzzo surveille lui-même l'Eclat et l'Electus. Image: Provins

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Faire un grand vin demande de beaux terroirs et un grand savoir-faire. La coopérative Provins, qui encave la vendange de 800 ha, a l’un et l’autre. Mais un vin iconique demande aussi une histoire qui justifie son prix élevé. En lançant l’Electus au millésime 2010, assemblage rouge haut de gamme, puis l’Éclat, son pendant blanc, avec la vendange 2014, Provins avait visé haut, le rouge 2010 étant alors vendu près de 200 fr.

Si Provins n’est pas encore Mouton-Rotschild et n’a pas encore l’inconscient collectif qui l’accompagne, la maison n’a reculé devant aucun sacrifice pour élaborer deux crus. L’équipe de départ a désormais laissé les commandes à Damien Carruzzo, l’œnologue en chef. Pour Electus, une quarantaine de parcelles ont été choisies pour leurs qualités historiques, vendangées en plusieurs passages selon les cépages. Les jus sont sélectionnés, représentant un assemblage différent chaque année, même si la tendance est de «se concentrer sur les cépages autochtones et d’abandonner gentiment merlot et cabernets» pour privilégier syrah, cornalin, humagne et diolinoir.

La même démarche se fait sur les blancs d’une dizaine de parcelles, avec une sélection de petite arvine, de païen (en cours d’abandon) et bientôt de rèze. Les vinifications sont faites en cuve pour les rouges après une longue macération, en barrique pour les blancs. Et l’élevage est entièrement en barrique (9 mois pour les blancs, 18 pour les rouges).

L’Electus 2015 (8000 bt, 150 fr.) et 2014 (2000) sortent cet automne, comme l’Éclat 2017 (6000, 75 fr.). Nous les avons dégustés en parallèle des millésimes précédents. Côté blanc, Damien Carruzzo cherche «minéralité et salinité» avec des vendanges au millimètre, pas de fermentation malolactique et cet élevage sous bois à 80% neuf. Le magnifique 2014 (encore 45% d’heida), année caniculaire, se montre plus charmeur tout en gardant cette fraîcheur agrume qu’on retrouve dans toute la série. Le 2015 n’est pas en reste, avec cette salinité finale très élégante. Le 2016 est encore jeune, avec un soupçon d’amertume et un bois un peu trop présent. Et ce 2017? Il promet, toujours dans la fraîcheur, fils d’un millésime caniculaire suivi d’un bel automne.

Autant l’Electus 2010 montre toujours un superbe caractère et une jolie complexité, autant le 2011 garde ce beau côté bordelais, autant le 2013 (le 2012 n’était pas sorti) reste le reflet d’une année difficile, avec des notes amères et une finale un peu chaude. 2014, année de la suzuki, a donné une toute petite vendange, mais Carruzzo en a fait un très beau vin, complexe, long et encore en devenir. 2015, forcément, a encore trop de bois pour le moment mais chante la syrah de toutes ses épices, avant des fruits rouges qui explosent avecélégance. D.MOG.

www.valaismundi.ch

(24 heures)

Créé: 02.11.2018, 13h15

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