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L’incroyable angoisse qui oppresse les chefs étoilés

Le décès de Benoît Violier délie les langues des stars de la cuisine. Ils avouent la terrible pression subie lors de chaque service.

Guy Savoy, Hôtel de la Monnaie, Paris, 3 étoiles.?Marc Veyrat, Manigod (Haute-Savoie), non étoilé, ex-3 étoiles. Yannick Alléno, Pavillon Ledoyen, Paris, 3 étoiles.?Arnaud Lallement, L’Assiette champenoise, Reims, 3 étoiles. «Nous sommes taraudés par un doute permanent, nous avons toujours peur de rater un service, de subir un mauvais commentaire surtout s’il est injustifié…»
Guy Savoy, Hôtel de la Monnaie, Paris, 3 étoiles.?Marc Veyrat, Manigod (Haute-Savoie), non étoilé, ex-3 étoiles. Yannick Alléno, Pavillon Ledoyen, Paris, 3 étoiles.?Arnaud Lallement, L’Assiette champenoise, Reims, 3 étoiles. «Nous sommes taraudés par un doute permanent, nous avons toujours peur de rater un service, de subir un mauvais commentaire surtout s’il est injustifié…»
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Vendredi dernier sur le parvis de la cathédrale de Lausanne. Frédy Girardet, le visage pâle, murmure: «Mon père est décédé à 56 ans dans ce restaurant, puis Louis Villeneuve a perdu sa fille, Franziska Rochat s’est tuée en montagne, Philippe nous a quittés il y a quelques semaines. Et Benoît se donne la mort. Il y a comme une malédiction… Et puis, la pression est si terrible…» Le mot est lâché… Guy Savoy surgit, défait, lui aussi. Il exprime son incompréhension, évoque le suicide de Loiseau («J’ai aussitôt pensé à Bernard, cela me hante») et avoue d’un ton abattu: «Nous sommes taraudés par un doute permanent, nous avons toujours peur de rater un service, de subir un mauvais commentaire surtout s’il est injustifié…» «Sans compter les médisances distillées sur Internet, dans les blogs ou les sites de réservation», renchérit Frédy.

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