Jacques Perrin a produit ses propres vins de classe

Projet Le patron de Cave SA à Gland travaille avec des vignerons pour des crus qu’il veut absolus.

Jacques Perrin a lancé le Cave il y a trente ans. Il voue une passion aux vins purs, comme les six dégustés ici.?

Jacques Perrin a lancé le Cave il y a trente ans. Il voue une passion aux vins purs, comme les six dégustés ici.? Image: Patrick Martin

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Cela fait plus de trente ans que Jacques Perrin mène son club de vins de Gland avec talent. Le négoce propose les plus belles appellations du monde que le patron a sélectionnées lui-même. Le dégustateur reconnu – il fait partie du Grand Jury européen – a tissé des amitiés avec les vignerons. D’abord avec son compatriote Maurice Zufferey, à Muraz (VS), avec qui il a élaboré une première Cuvée Rimbaud en 1991 à base de pinot gris. Perrin a ensuite collaboré aux débuts de Jacques Tatasciore, à Cressier (NE). Ou avec Raymond Paccot, à Féchy, chez qui il sélectionne les meilleures barriques de son pinot noir La Girarde pour en faire une cuvée Exception.

Mais c’est bien avec son ami Maurice Zufferey qu’il est allé le plus loin dans sa recherche de pureté, «à la manière des grands Bourgogne». Ça passe forcément par un pinot noir, dont les meilleures grappes sont récoltées à la main sur les hauts de Sierre, avant d’en ôter la tige centrale pour ne garder que les pédicelles («100 heures de travail pour 500 kg de raisin»). Des macérations lentes, un pressurage doux, pas de levurage, ni de SO2. «On ne veut pas d’extraction, où on attrape aussi des mauvais goûts. On travaille vraiment en infusion.» Le tout est ensuite élevé dans des barriques sélectionnées avec Jacques Tatasciore, peu chauffées pour un élevage long. L’humagne de Sierre s’allie à de l’humagne de Leytron pour suivre le même processus. «On a optimisé tous les détails sur un modèle bourguignon. Et je suis d’une intransigeance totale sur la qualité du raisin.»

Au final, des vins de grande pureté (lire ci-contre), où on retrouve vraiment la typicité du fruit face à une fraîcheur qui donne toujours beaucoup de buvabilité. «Je déteste la lourdeur, ces vins qui jouent des muscles et qui s’imposent. Je cherche l’élégance, la pureté.»

Le dernier-né de la collaboration remonte aux traditions viticoles valaisannes où on élaborait sans le vouloir des blancs de macération, dont les raisins macéraient avec leur peau avant le pressurage. Ici, la seule barrique produite («je ne peux pas contenter tout le monde…») assemble rèze, païen, humagne blanche, petite arvine et completer venus de différents producteurs comme Marie-Thérèse Chappaz. «J’avais dégusté un vin de ce type en Espagne et cela me rappelait ces temps anciens où les vignerons valaisans faisaient la transhumance entre haut et bas.»

(24 heures)

Créé: 14.10.2016, 12h13

Dégustation

«C’est la première fois qu’on fait une dégustation de tous ces vins en même temps.» Pour 24?heures, Jacques Perrin a ouvert quelques-unes de ses bouteilles de production réduite.

Tout ce qui flotte dans l’air et qui s’y reflète 2012 Le nez est extraordinaire et surprenant. Une humagne florale où ressort même la rose sur un millésime difficile. «Une autre esthétique de l’humagne.» La bouche est d’une belle fraîcheur, avec «un aromatique délié», sapide, longue, longue. Une très belle intégrité du fruit.


Tout ce qui flotte… 2013
Un grand millésime encore un tout petit peu fermé au nez, où on sent la terre et les fruits rouges. La bouche a plus de volume, une belle structure mais garde cette élégante légèreté. (60 fr.)

La Girarde Exception 2012 Le nez est floral avant que n’arrivent les fruits rouges. En bouche, beaucoup de pureté, un air de Savigny-lès-Beaune tout pimpant, élégant et subtil. (35 fr.)

Astrance 2012 Les raisins ont été récoltés en deux fois pour ne prendre que les meilleurs. Le nez est puissant, avec une touche florale, et un brin de cerise. En bouche, on retrouve la texture du pinot, presque la pulpe du fruit, de la complexité. Une force tranquille qui s’impose sur la longueur.

Astrance 2013 Nez encore un peu fermé, où le bois est en train de se fondre avec les fruits rouges et un zeste d’épices. La bouche est toute en finesse et en fraîcheur. Un très grand vin. (54 fr.)

Duende 2014 Le dernier-né a accueilli de la rèze, du païen, de l’humagne blanche, de la petite arvine et du completer macérés ensemble avant d’être pressés. Au nez, «un vin épiscopal», selon Richard Pfister, où pointent l’encens, la rose, le safran, des touches d’orange. En bouche, on mange du raisin, accompagné d’une touche de résine, de salinité et d’iode. C’est droit et surprenant. (59 fr.)

www.cavesa.ch

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