Le Mont-d’Or a atteint des sommets

VinsÀ l’entrée de Sion, le domaine fondé par un Vaudois a obtenu la meilleure note aux Vinalies internationales.

Marc-André Devantéry devant deux des nombreux foudres de bois du domaine, qui sont toujours utilisés.

Marc-André Devantéry devant deux des nombreux foudres de bois du domaine, qui sont toujours utilisés.

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Nonante-neuf sur cent aux Vinalies internationales de Paris, le Cornalin Vieux Cachet 2017 a fait un carton. «Ce vin a suscité un consensus parfait autour d’une table de dégustateurs de plusieurs continents. C’est très rare», analyse Cyril Payon, directeur du concours. Surtout, le cornalin du Domaine du Mont-d’Or, à Sion, a remporté le prix ultime des Vinalies, en obtenant la meilleure note tous vins confondus. Ajoutez-y le 96 obtenu par le Sous l’Escalier 2016, une petite arvine surmaturée qui a eu la meilleure note de sa catégorie, et les deux médailles d’or de la syrah Madame De 2017 et de l’ermitage doux Merle des Roches 2012, et vous comprendrez la joie de son nouveau directeur, Marc-André Devantéry, arrivé à l’été 2017 dans ce domaine si vaudois, qui appartient aujourd’hui au Rollois Schenk.

Et c’est aussi un sergent-major vaudois, de retour d’exercice, qui a repéré cette colline à l’entrée de Sion. Il la rachète à l’État – qui l’avait confisqué à l’Église – en 1848 pour la défricher et y construire des terrasses idéalement exposées. Le sol de schiste est peu profond, l’humidité rare. François-Eugène Masson installe des pompes à vapeur pour monter l’eau, mais le résultat est peu convaincant. Il s’associe avec deux Valaisans pour construire le bisse du lac de Montorge, puis le bisse du Syphon, qui permettront d’arroser les vignes.

Pionnier du johannis et du riesling

Son fils se rend au Schloss Johannisberg en 1870, d’où il ramène… du riesling , qu’il sera le premier à planter en Suisse et où il sera appelé johannisberg jusqu’en 1928. Il rapporte aussi du sylvaner, sans doute en primeur aussi, qui deviendra en 1928 le johannisberg cher aux Valaisans. Vous suivez? Ce johannisberg, c’est la perle du Mont-d’Or, où il représente la moitié des vignes. Le domaine historique est sans doute le seul en Valais à avoir une telle surface d’un seul tenant, 24 hectares répartis sur 220 terrasses, tenues par 14 km de murs de pierres sèches. Bien sûr, tout cela a un coût. L’an dernier, par exemple, il a fallu refaire un mur d’où l’eau coulait, 160 000 fr. pour une parcelle de 1000 m2. «Nous faisons une viticulture héroïque, sourit Marc-André Devantéry. Mais c’est tout un patrimoine que nous protégeons.» D’ailleurs la zone du site de Montorge est classée en zone naturelle d’importance nationale.

Le Grônois a passé par différentes maisons après ses études à Châteauneuf et à Changins. «Le Mont-d’Or correspond bien à ma vision, dit-il. Dans le même temps, nous sommes à rebours de la viticulture valaisanne, avec plus de trois quarts de blancs.» Parmi ceux-ci, l’image du domaine est étroitement liée aux vins doux. «Ils ne représentent pourtant qu’un quart de notre production. C’est un marché qui décline doucement. Nous sommes heureux que les Vinalies aient couronné nos rouges, ou que l’Étoile du Valais soit allée à notre Siccus, un johannisberg sec.» Les quatre blancs secs (face à un moelleux et cinq surmaturés) représentent pourtant plus de la moitié de la production de la cave. Et les six rouges montent en gamme.

S’ouvrir au monde

«Nous avons longtemps travaillé un peu en circuit fermé, nous avons envie aujourd’hui d’ouvrir nos portes. Il faut rappeler que la moitié de notre production est toujours travaillée comme en 1848 dans nos foudres de bois de la cave historique», explique le directeur-œnologue. Un superbe espace de dégustation-vente a été créé au sein même de l’outil de travail où œuvre la caviste Florence Troger, qui aime le contact. À côté, un caveau géré par la Fromathèque de Martigny offre des produits du terroir à côté des vins locaux et d’un vigneron invité chaque quinzaine. De nouveaux projets ont vu le jour (lire ci-dessous).

«Nous avons une histoire à raconter car le domaine a ici modelé le paysage. Nous avons découvert de nombreux documents qui forgent une épopée. Vous savez qu’en 1925, 130 personnes étaient occupées au moment des vendanges? Aujourd’hui, nous avons quatre employés fixes à la culture… Mais ils savent toujours tailler nos vieux ceps à la valaisanne, ce qui leur donne cet aspect tire-bouchonné.»


Un vignoble à visiter et à jouer

Le Domaine du Mont-d’Or a mis en place avec un partenaire un Escape Game (sur réservation). En partant de la cave, des énigmes sont à trouver dans les vignes, et dans trois des guérites modifiées pour l’occasion avec des caches secrètes et des poignées casse-tête. Toute l’énigme est basée sur l’histoire et les vignobles. En redescendant, on s’accorde une dégustation des crus. (dès 540 fr. pour un groupe).

À la mi-mai, une ballade sera proposée le long du bisse et dans les terrasses du Mont-d’Or, en partant depuis le lac de Montorge ou depuis la cave. Des panneaux explicatifs et une application mobile géolocalisée donneront toutes les informations nécessaires aux promeneurs, qui pourront aussi la retrouver sur l’application SuisseMobile.

Des dégustations dans la cave historique, où la roche est toujours apparente, sont également possibles. Et des soirées thématiques sont proposées. Le 13 avril, une balade avec ébourgeonnage, bouchées gourmandes et dégustation est au programme. Et le Mont-d’Or est présent au salon Divinum de Morges encore ce week-end.

(24 Heures)

Créé: 06.04.2019, 11h14

Quatre distingués

Cornalin Vieux Cachet 2017 99/100 aux Vinalies. Un nez de petits fruits, une touche de cerise. La bouche est soyeuse, le côté rustique du cépage parfaitement maîtrisé. Finale longue sur des notes de tabac avec une belle fraîcheur. (26 fr. épuisé. Le 2018 sort.)


Syrah Madame De 2017

Nez puissant, poivré, touche de fruits rouges. Bouche très pure, dense, allégée par une jolie acidité. (25 fr. épuisé. Le 2018 sort.)


Petite Arvine Sous l’Escalier 2016, 100 g de sucre résiduel. Ça sent le sucre candi, le sucre brûlé. La bouche est riche, complexe, avec cette acidité qui sort en finale pour poursuivre la méditation et recommencer. (50 cl. 32 fr.)


Ermitage Merle des Roches 2012, 140 g de sucre résiduel, élevage en barrique. Un nez de raisin, de framboise, de fruits exotiques, touche de vanille. La bouche est sublime de pureté. Entre fleurs et fruits, grande complexité et belle longueur. (50 cl, 33 fr.)

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