Passer au contenu principal

Rencontre de vigneronnes entre Bourgogne et Vaud

L’Office des vins vaudois avait invité cinq Françaises et cinq Vaudoises.

Sylvaine Normand, Anne-Sophie Debavelare, Amandine Marchive, Marie-Françoise Audoin et Clotilde Davenne sont très complices dans leurs terres bourguignonnes.
Sylvaine Normand, Anne-Sophie Debavelare, Amandine Marchive, Marie-Françoise Audoin et Clotilde Davenne sont très complices dans leurs terres bourguignonnes.
ODILE MEYLAN

Elles étaient dix, cinq Bourguignonnes et cinq Vaudoises, à présenter leurs vins et à échanger la semaine dernière au Beau-Rivage, à Lausanne. Initiée par l’Office des vins vaudois, la rencontre s’est poursuivie pour les Françaises le lendemain au Raisin, à Cully, où un de leurs vins accompagnait un plat du menu signé par Julien Ostertag, en face d’un ou plusieurs vins de la région, dont les vignerons (masculins) étaient aussi présents.

Côté Vaudoises, Noémie Graf, du Satyre, à Begnins, est sans doute la plus expérimentée, elle dont le grand-père René, déjà attiré par les cépages bourguignons, arracha le chasselas pour planter gamay ou pinot noir. À Yvorne, Anne Müller développe le caractère de ses vins autant que leur nature qu’elle travaille en biodynamie dans le domaine qu’elle a créé. La biodynamie, Catherine Cruchon la connaît bien également, fille et nièce des frères Cruchon d’Echichens avec qui elle travaille un gros domaine. Elle aussi fille de vignerons, Madeleine Ruedin a débuté par le socio-éducatif avant d’élever ses vins délicats à Salavaux. Enfin, Christelle Conne, après une première vie dans l’événementiel, a repris la cave créée au XVe siècle par sa famille à Chexbres. Cinq femmes, toutes issues de familles vigneronnes.

Leurs consœurs françaises, elles, ne sont pas toutes du sérail. Clotilde Davenne, par exemple, née au pied du Morvan, a plongé dans le monde du vin sans ascendance spécifique. Après le Beaujolais et la Californie pour la formation, c’est à Chablis qu’elle crée son Domaine Les Temps perdus en 1992. Elle récupère des vignes centenaires, plante dans des terroirs qui ne produisent pas beaucoup et qui ont été délaissés pour cela. «On ne m’a pas laissé le meilleur mais c’était une chance», sourit-elle aujourd’hui, à la tête de 23 hectares entre Chablis, Saint-Bris et Irancy. Bien sûr, une femme vigneronne, ça n’a pas été tout seul il y a vingt ans. «On ne m’a rien pardonné au début, mais j’ai du caractère et je suis une grosse bosseuse. Heureusement, aujourd’hui, c’est devenu plus naturel aujourd’hui.»

Anne-Sophie Debavelaere a connu cela aussi quand elle a créé son domaine à Rully, en côte chalonnaise. «Ce n’était pas trop prestigieux, une femme pouvait y faire sa place.» Avec Félix, son fils œnologue, elle gère aujourd’hui 11 hectares entre Rully, Bouzeron et Beaune. «Au début, je voulais juste un peu de vigne par plaisir que j’ai planté. Je me suis piquée au jeu.»

Avec Marie-Françoise Audoin (14 ha à Marsanay cultivés par son mari qu’elle travaille en cave), Sylvaine Normand (32 ha dans le Maconnais avec son époux) et Lyne Marchive (dont le Domaine des Malandes qu’elle a fondé en 1973 dans le Chablisien est en train d’être repris par sa fille et son fils), elles partagent une amitié complice forgée de cette époque où elles ont dû s’affirmer dans un monde d’hommes. Un peu comme leurs consœurs vaudoises.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.