La Suisse récidive au Prix culinaire Taittinger

RécompenseC’est un des plus vieux trophées de la branche, porté par la famille champenoise qui lui a donné son nom. Tom Meyer l’a gagné

Tom Meyer reçoit le trophée des mains de Vitalie Taittinger.

Tom Meyer reçoit le trophée des mains de Vitalie Taittinger. Image: PHILIPPE MAEDER

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C’est l’un des plus vieux trophées culinaires du monde. Le Taittinger, comme on dit dans les cuisines, a une vraie reconnaissance de la profession. Le jeune Tom Meyer, chef de partie volaille à l’Hôtel de Ville de Crissier, l’a emporté deux ans après son collègue Jérémy Desbraux (lire ci-contre). Sur la liste des lauréats des 51 éditions, on retrouve les noms de Joël Robuchon (1970), de Michel Roth (1985) ou de Régis Marcon (1989), par exemple.

«C’est la grande force de la famille Taittinger d’avoir laissé l’organisation du concours aux seuls cuisiniers.» Stéphane Décotterd, le chef du Pont de Brent, s’occupe des sélections suisses du concours. «Les Taittinger auraient pu en profiter pour faire la promotion de leurs champagnes, mais ils tiennent trop à cette compétition.»

Car le prix porte le nom de Pierre Taittinger comme un hommage, le mythique propriétaire de la maison étant aussi un fin gastronome. Quand son fils Claude et Georges Prade imaginent la compétition, ils font référence à l’ancêtre alors disparu. Dans les tourments de la maison Taittinger (vendue par les héritiers avant d’être rachetée par Pierre-Emmanuel Taittinger), le prix reste attaché à la famille. Et c’est aujourd’hui Vitalie, la fille, qui est le lien entre les chefs et les bulles.

«Nous défendons le nom de notre famille dans ce concours, affirme-t-elle, nous le soutenons financièrement avec d’autres partenaires, mais ce sont bien les grands chefs eux-mêmes qui ont l’entière liberté des thèmes et des modalités.» Aujourd’hui présidé par Emmanuel Renaut, le chef trois-étoiles du Flocon de Sel de Megève, le prix vise à récompenser le meilleur de la gastronomie française, avec ce qu’elle peut contenir de modernité.

«C’est un vrai plaisir de participer au jury parce qu’on se retrouve entre nous», raconte l’ex-jurée de «Top chef» Amandine Chaignot, finaliste en 2011 et membre du jury. «Et il y a la très chaleureuse ambiance créée par Vitalie Taittinger qui accompagne le prix ensuite.»

L’héritière s’occupe de la communication et du marketing de la maison de champagne. Depuis que son père l’a reprise de haute lutte en 2007, elle l’a intégrée avec son frère Clovis, qui vend le champagne familial sur les marchés étrangers. En Suisse romande, Taittinger est représenté par Vogel Vins, à Grandvaux.

(24 heures)

Créé: 26.04.2018, 17h23

Un vivier

Les cuisines de Crissier continuent à fournir leur lot de lauréats pour les prix culinaires. Côté Taittinger, Jérémy Desbraux, sous-chef de Benoît Violier, l’a donc emporté en 2015, avant que Damien Facile remporte la finale suisse en 2016. En 2017, place à Tom Meyer qui s’est mesuré aux autres candidats à Paris, à l’École Ferrandi, autour du gibier à poils, un thème tiré au sort la veille du concours, et d’une interprétation d’une tartelette aux coings et figues. «C’est un des attraits du Taittinger, explique Stéphane Décotterd. Les professionnels qui ne font que répéter pendant des mois leurs plats de concours ne peuvent pas le faire ici. Il faut être un vrai cuisinier, prêt à réagir à un thème et à des ingrédients.»

Le jeune homme (c’est le plus jeune vainqueur du trophée) a débuté sa formation au lycée hôtelier de Poligny, dans le Jura français, avant de rejoindre Anne-Sophie Pic dans son trois-étoiles de Valence. Il a ensuite passé chez Lameloise, en Bourgogne, avant d’aller admirer le soleil de la Côte d’Azur à la luxueuse Chèvre d’Or, à Eze. Il est arrivé à Crissier en janvier 2016.

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