Ni le temps ni l’envie de cuisiner? Votre voisin vous mijote un plat

Rolle Sur le site Internet de Neighbors Food, on peut commander un repas à un voisin cuisinier amateur ou à un restaurateur pro du quartier.

Paola Chittaro vient chercher son souper commandé chez sa concitoyenne Antonia Fortes Martin.

Paola Chittaro vient chercher son souper commandé chez sa concitoyenne Antonia Fortes Martin. Image: VANESSA CARDOSO

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Mardi 3 octobre, 19 h 30. On sonne à la porte de l’appartement situé au No 4 de la Grand-Rue à Rolle, chez Antonia Fortes Martins. Paola Chittaro, qui habite à cinq minutes de là, vient chercher le souper qu’elle a commandé via la plate-forme de Neigh­bors Food: une spécialité portugaise mijotée par Antonia, originaire de ce pays. En l’occurrence, un bacalhau aux crevettes et un pastel de nata pour le dessert, le tout pour 18 francs.

Les deux femmes sont ravies de ce nouveau service. Paola est Italienne. Elle aime bien manger et adore les petits plats de sa maman. Mais elle ne cuisine pas elle-même, et sa maman vit à Yverdon. «A la maison, c’est mon cher et tendre qui cuisine, mais il n’a pas toujours le temps. Et on a fait le tour des restaurants. J’apprécie de manger chez moi. Avec cette formule, je peux découvrir des spécialités préparées par des gens du pays. C’est pratique et, en plus, c’est bon marché.» Quant à Antonia, elle aime faire la cuisine. «J’ai préparé mon bacalhau comme si c’était pour des invités. J’en ai eu pour une petite heure. C’est un plaisir et ça me fait quelques sous en plus des heures de ménage.» Neighbors Food prend 15% de commission.

Un délicieux bacalhau

La plate-forme NeighborsFood.ch vient d’entrer en fonction sur Internet. Ces deux dames, qui ont été les premières à l’utiliser, ont appris son existence par un flyer distribué dans leur boîte aux lettres. Antonia s’est inscrite en tant que «chef amateur», et Paola a passé sa commande, a payé, puis s’est déplacée pour aller chercher son plat. Le lendemain, elle a encore pris le temps de noter la prestation. «C’était délicieux. Le plat traditionnel de bacalhau était à la fois simple et subtil, et la tarte était très bonne. Un seul petit point est encore à améliorer: les contenants pour le transport. Je suis venue sans rien et Antonia avait un sac inadapté.»

Idée d’une gymnasienne

A l’origine, la bonne idée vient de Cyrielle, élève du gymnase de Morges. «J’en avais un peu marre des repas du restaurant scolaire, pas très bons et trop chers. Surtout quand je voyais mes amies thaïlandaise et italienne avec des plats cuisinés par leur maman. J’ai proposé de leur commander un plat pour un prix modique. C’était meilleur et moins cher. Puis j’en ai parlé à mes parents, et on s’est lancé dans une réflexion de plusieurs mois pour élaborer le concept.» En août 2017, la société rolloise Neighbors Food était née.

Comme le papa, Fabrice Sarlot, est un ancien élève de l’Ecole hôtelière de Lausanne, et qu’il travaille dans la restauration, les compétences étaient réunies pour créer «la cuisine de vos voisins». «Aujourd’hui, les gens se nourrissent souvent mal en achetant des plats surgelés ou préparés industriellement, constate-t-il. Notre formule cherche à favoriser la qualité avec des repas faits maison. Nous incitons nos chefs à utiliser des produits frais, locaux et de saison. Ainsi, nous privilégions les échanges de proximité. Nous nous adressons autant aux gens qui mangent chez eux qu’aux travailleurs qui se nourrissent de plus en plus au bureau.»

Ouvert aux restaurateurs

L’originalité de cette plate-forme, dotée d’un système de géolocalisation, est surtout de mettre en relation des cuisiniers amateurs avec leurs voisins. Cela amène de la convivialité et permet aux consommateurs de découvrir des spécialités culinaires de cultures différentes (le site montre les photos des chefs et des plats). Mais Fabrice Sarlot a tenu à intégrer les restaurateurs qui souhaitent développer les ventes à l’emporter. «On n’a pas voulu faire comme Uber avec les taxis professionnels», précise-t-il. Dans l’esprit des concepteurs, Neighbors Food pourrait notamment permettre à des retraités qui aiment cuisiner de se faire quelques sous. «C’est aussi une opportunité de faire des rencontres. Et, pour les consommateurs, c’est l’occasion de goûter à la cuisine de grand-mère, relève Fabrice Sarlot. Par contre, pas question qu’un particulier transforme son appartement en restaurant. C’est pourquoi nous limitons le nombre de plats par chef amateur, qui sont de toute façon à l’emporter.»

(24 heures)

Créé: 13.10.2017, 16h16

Repas en route

Le marché attire toujours plus d’acteurs intéressés par l’amour des gens pour manger à la maison une cuisine préparée ou pensée par d’autres.

Des restos à domicile
Ailleurs, le géant Uber lance UberEats (pas encore en Suisse) pour utiliser ses taxis. Chez nous, les groupes FoodArena ou Eat.ch font déjà le lien entre restos (plutôt fast-food) et clients. Mais des acteurs locaux se sont lancés avec des restaurants plus haut en gamme. Smood, par exemple, qui après Lausanne et Genève, livre aussi à Zurich. VenezVite, fondé sur La Côte par six associés, a essaimé en Suisse romande et même à Annemasse. Gookers, fondé par des étudiants de l’EPFL, a lancé son application mobile.

Resto virtuel
Le pari de Mium est différent, puisqu’il propose un restaurant virtuel dont la cuisine est à Malley, avec sa carte du jour et ses menus. Comme HomeGourmet, à Rolle.

Un petit déj’
A Lausanne, BonMatin apporte boissons et viennoiseries à la maison.

C’est vous le chef
Sinon, de plus en plus d’acteurs vous apportent les ingrédients et les recettes à domicile, mais c’est à vous de travailler les paniers-repas de VitaVerdura, de LaimaDinner ou d’autres.

Manger ailleurs
SurfingDinner fait la démarche inverse: le cuisinier amateur organise une soirée culinaire chez lui où tous ceux que cela intéresse peuvent réserver une place.

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