Le 12 juin 1914: l'aviateur vaudois Lugrin réussit un raid de 750 km

Dans la «Feuille d'Avis de Lausanne»Parti du sud de Paris, il s’est posé à la Blécherette le même soir.

Marcel Lugrin devant son biplan Farman à moteur Gnôme, en compagnie du pilote espagnol Montalvan.

Marcel Lugrin devant son biplan Farman à moteur Gnôme, en compagnie du pilote espagnol Montalvan. Image: MUSÉE HISTORIQUE DE LAUSANNE

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Marcel Lugrin, né en 1891 à Noville, fut l’un de ces héros de la Belle Epoque soulevant l’enthousiasme des foules grâce à leurs exploits aériens. En ce printemps 1914, le sien fut de relier Etampes à Lausanne sur son biplan Farman. A 50 km au sud-ouest de Paris, Etampes abritait alors trois écoles d’aviation, dont celle de Louis Blériot.

Violent orage

Le voyage a comporté son lot de péripéties, comme le narre la Feuille d’Avis de Lausanne du 25 juin. «Un vent très fort s’étant levé vers 3 h du matin, les voyageurs durent différer jusqu’à 5 h leur départ d’Etampes. A 9 h, atterrissage à Dijon pour se munir d’un complément d’essence. (…) A 10 h, les aviateurs décollaient de nouveau et prenaient la direction de la Suisse. Mais le ciel s’était assombri; un orage éclata, très violent, qui mit à rude épreuve le sang-froid et l’habileté des voyageurs de l’air. (…) De plus, un épais brouillard masquait leur direction aux aviateurs. Une déchirure se fit soudain dans la brume, qui laissa apercevoir la ville de Bâle.

» Lugrin se dirigea de ce côté et un peu après midi atterrissait sans incident. A Bâle, les curieux, le voyant se diriger vers la place d’atterrissage, s’y portèrent en foule. Au moment où il toucha le sol, l’aviateur et son passager furent salués par de chaleureuses acclamations.»

Très demandés, ils ne repartirent qu’à 6 h du soir. «Les aviateurs sont salués par les acclamations enthousiastes d’une foule qui avait grossi de minute en minute», poursuit la Feuille. Parvenus en terre vaudoise, ils font à nouveau face aux intempéries. «Lugrin, sûr de lui et de son appareil, n’en continua pas moins son voyage.

» Il fut surpris au-dessus d’Yverdon par une forte pluie et des sautes de vent qui l’obligèrent à de savantes manœuvres pour maintenir et sa direction et son appareil fort secoué.»

Enfin, vers 8 h, les «faucheurs de marguerites» sont en vue de la Blécherette. «De grands draps blancs furent étendus sur le sol. M. le capitaine R. de Weiss organisa un service d’ordre avec le secours de l’école d’équitation des officiers. (…) Enfin, après un vol plané qui provoqua l’admiration de la foule, Lugrin atterrit aux applaudissements enthousiastes de tous les assistants. Il était 8 h 05. (…) D’Etampes à Lausanne, en ligne droite, il y a 600 km; mais étant donné les contrariétés qu’a éprouvées Lugrin, il a parcouru bien près de 750 km.»

Au moment de la Mob, Lugrin sera l’un des cinq premiers aviateurs militaires suisses. Il connaîtra une fin tragique le 24 juin 1915, s’écrasant sur la piste de Dübendorf à bord d’un monoplan Grandjean. (24 heures)

Créé: 12.06.2015, 08h50

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