Le 9 juin 1972: Kim Phuc devient le symbole de la barbarie

Dans «24 heures»La photo de la petite Vietnamienne courant nue et hurlant sa douleur va choquer la planète entière.

La photo de Nick Ut qui va bouleverser la planète. On y voit Kim Phuc, ses deux frères (à gauche), et deux cousins (à droite). Deux autres cousins sont morts.

La photo de Nick Ut qui va bouleverser la planète. On y voit Kim Phuc, ses deux frères (à gauche), et deux cousins (à droite). Deux autres cousins sont morts. Image: NICK UT/AP/KEYSTONE

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Ce 9 juin 1972, 24 heures publie en première page une photo qui, diffusée dans le monde entier, va créer une immense émotion et entrer dans l’Histoire comme l’un des symboles de la barbarie guerrière. Prise le jour précédent au Vietnam, au nord de Saigon, elle montre une fillette nue courir sur une route en hurlant, entourée d’autres enfants fuyant, suivis par des soldats sud-vietnamiens. «Des enfants terrorisés fuient dans les rues de Trang Bang. Par erreur, un avion de Saigon y a lâché des bombes au napalm. Une fillette vient de se défaire de ses vêtements en feu», dit la légende. On l’apprendra plus tard: elle s’appelle Kim Phuc, elle est âgée de 9 ans et elle est gravement brûlée au troisième degré sur la moitié du corps.

Le photographe est un jeune Vietnamien nommé Nick Ut. Il emmène la petite à l’hôpital, avant d’aller livrer son rouleau de pellicule. Il lui sauve ainsi la vie, mais la fillette devra subir 17 opérations chirurgicales en quatorze mois d’hospitalisation.

La photo paraît aussi dans le New York Times du 9 juin, alors que d’autres éditeurs américains en repoussent la publication, la trouvant trop choquante en raison de la nudité de la fillette, tabou absolu. Comme dans 24 heures, l’image publiée est recadrée de manière à exclure les photographes de presse visibles sur la droite. Dans un livre paru en 1997 (Retour sur images, Ed. Grasset), Kim Phuc raconte à la journaliste française Annick Cojean ses sensations durant ce tragique 8 juin 1972: «Du feu. Du feu partout. Du feu en moi surtout. Il me consume, je ne comprends pas, j’ai si chaud, si chaud. On dirait que ma peau brûle, qu’elle se détache, qu’elle part en lambeaux, comme mes vêtements calcinés, qui sont tombés d’eux-mêmes. (…) Alors on va me verser un peu d’eau sur le corps, et ce geste sera fatal. Personne n’a encore la moindre idée de ce qu’est le napalm.»

Bientôt la plus connue du conflit vietnamien, la photo vaudra à son auteur le Prix Pulitzer 1973. Devenue une icône, Kim Phuc sera utilisée par le gouvernement communiste vietnamien à fins de propagande. Après avoir étudié la médecine à Cuba, elle obtient l’asile au Canada en 1992, en devient citoyenne en 1997. Mariée, elle a deux garçons et souffre régulièrement de divers maux liés à sa peau brûlée qui a perdu son système de défense. En 1994, elle a été nommée ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco. Trois ans plus tard, elle a créé une fondation venant en aide aux enfants de la guerre (www.kimfoundation.com).

Créé: 09.06.2015, 08h58

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