Le 9 septembre 1912: l’empereur est venu observer l’armée suisse

Dans la «Feuille d'Avis de Lausanne»Guillaume II se réjouit de constater que les soldats suisses sont prêts au combat.

Guillaume II saluant, au côté du président Ludwig Forrer, lors de son arrivée à Berne le 6 septembre 1912.

Guillaume II saluant, au côté du président Ludwig Forrer, lors de son arrivée à Berne le 6 septembre 1912. Image: A. KRENN/PATRIE SUISSE

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Deux ans après le président français Armand Fallières, c’est au tour de l’empereur allemand Guillaume II d’être accueilli en Suisse en visite officielle, du 3 au 7 septembre 1912. La Suisse maintient ainsi l’équilibre entre ses deux puissants et ombrageux voisins.

«L’empereur désirait depuis longtemps assister aux manœu­vres de l’armée suisse», affirme Alfred von Bülow, ambassadeur d’Allemagne à Berne, au Journal de Genève, cité par la Feuille d’Avis de Lausanne le 9 septembre. Le diplomate précise immédiatement: «Mais toute arrière-pensée d’envahissement pangermanique est absolument étrangère à l’esprit de l’empereur. (…) Cette visite est un hommage rendu par le chef de notre empire précisément à l’indépendance et à la neutralité de la Suisse et, à ce titre, il me semble que même les Suisses les plus chatouilleux peuvent en être satisfaits. Du reste, c’est bien ainsi que votre sympathique population l’a compris. L’accueil chaleureux fait à l’empereur en témoigne.»

Président de la Confédération, le radical bernois Ludwig Forrer avait tenu à mettre les choses au clair lors du dîner officiel, selon la Feuille d’Avis: «Il a nettement déclaré que la Suisse considérait son indépendance comme son bien suprême et qu’elle était fermement décidée à combattre jusqu’à la mort pour défendre sa liberté. Ces mâles paroles répondent bien au sentiment général de notre peuple.»

Le quotidien vaudois tire un portrait fort amical du futur chef de guerre de l’Allemagne, 53 ans: «Guillaume II est un de ces êtres privilégiés qui d’emblée attirent la sympathie. Chez lui, rien de hautain, de solennel ou de gourmé. Une bonne grosse figure de brave homme, ornée d’une paire de moustaches qui ne ressemblent nullement à des crocs, et de beaux grands yeux, clairs, limpides et francs. Avec cela, une bonhomie charmante, un rire sonore comme celui d’un enfant, des gestes d’une gaminerie délicieuse, un froncement de sourcils à faire trembler l’Europe, un regard d’une tendresse, d’une douceur à désarmer le plus implacable ennemi. Guil­laume est bien véritablement un charmeur. Dès son apparition, mardi soir, sur la place de la Gare, à Zurich, il a conquis la foule.»

Le Kaiser, pour qui l’armée suisse était un bouclier face aux troupes françaises, «a reconnu les grandes qualités dont les troupes suisses avaient fait preuve sous ses yeux, et son «cœur de soldat, a-t-il ajouté, s’est réjoui de voir les Confédérés marcher dignement sur les traces de leurs aïeux». Cet éloge aura été certainement au cœur des officiers suisses, qui éprouvent pour l’armée allemande une admiration des plus profondes.» (24 heures)

Créé: 09.09.2015, 09h41

Ce jour-là

Tiré de la «Feuille d’Avis de Lausanne» du 9 septembre 1912

Berne: cadeaux
L’empereur Guillaume II a remis, en souvenir de sa visite, divers cadeaux à un certain nombre de personnages suisses. M. Forrer et M. Hoffmann (ndlr: conseiller fédéral, chef du Département militaire) ont reçu le buste en bronze du souverain, les autres membres du Conseil fédéral un portrait-photographie avec cadre doré et la signature autographe de l’empereur. (…) Les officiers suisses commandés pour le service de l’empereur ont de leur côté reçu un souvenir.

Berne: carottes
A la fosse aux ours, au milieu des uniformes dorés, des aides de camp, des généraux, un gamin s’était glissé. Il avait sa casquette grise bien plantée sur ses cheveux blonds et il se faufilait tranquillement. Il arriva ainsi au bord de la grille à côté de Guillaume II et tranquillement regarda les ours. Il était si petit que la police fédérale, sévère entre toutes les polices, ne l’avait pas remarqué. Et puis maintenant, il était trop tard pour l’aller chercher et lui tirer les oreilles pour tant d’impudence. La haute stature du général von Plessen, du prince de Fürstenberg, du général von Moltke, entourant l’empereur et le petit garçon, protégeait l’audacieux. Quand Guillaume II le vit, il eut un sourire et, très gentiment, lui dit: «Tiens, jette les carottes pour moi. (…)» Et le bambin, sans plus s’émouvoir, jeta les carottes que l’empereur lui passait.

Guillaume II, empereur allemand: «C’est avec une gratitude particulière que je me rappelle les deux jours de manœuvres pendant lesquels il m’a été donné d’observer et d’admirer vos braves troupes sous la conduite d’excellents et brillants officiers, ainsi que d’entrer en contact avec la population. Je quitte le sol de ce pays hospitalier en faisant des vœux sincères pour sa prospérité.»

Allemagne: manœuvres
L’empereur (…) est parti pour assister aux manœuvres allemandes qui ont lieu cette semaine en Saxe, autour de Leipzig.

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