Le 13 avril 1960, le peuple suisse, ému, a dit adieu à son général

Dans la «Feuille d'Avis de Lausanne»Le cortège funéraire d’Henri Guisan rassembla plus de 120 000 personnes à Lausanne.

Le convoi funéraire sur la place de la Riponne, à Lausanne.

Le convoi funéraire sur la place de la Riponne, à Lausanne. Image: 24H

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Le 7 avril 1960, à Pully, disparaissait Henri Guisan, à l’âge de 86 ans, dans son sommeil. Le lendemain, afin de lui rendre hommage, la Feuille d’Avis de Lausanne consacrait quatre pages spéciales à celui que personne n’avait arrêté d’appeler tout simplement «le général». L’émotion est grande en Suisse, où Guisan, comme l’écrivit le rédacteur en chef Pierre Cordey, «a incarné mieux qu’aucun autre la volonté de résister» au moment où le pays était entouré par les puissances de l’Axe lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le 13 avril, le quotidien lausannois publie à nouveau quatre pages, avec de grandes photos, cette fois-ci pour rendre compte du «dernier et émouvant hommage» rendu par les citoyens à «leur» général lors de ses obsèques.

Confédération en deuil

«Ce n’est pas seulement la ville de Lausanne et le canton de Vaud qui ont rendu hier après-midi un dernier hommage au général Guisan, mais toute la Confédération endeuillée. Le défunt avait, aux heures les plus graves de la dernière guerre, su créer l’unité nationale, et l’ensemble du peuple suisse a voulu, hier à Lausanne, exprimer à la fois sa tristesse et sa reconnaissance. La cérémonie eut ainsi un double caractère, personnel et unanime, et les fleurs, sur la tombe pulliérane, allaient de l’humble bouquet à la grande couronne officielle.

» Non sans raison, le président Petitpierre évoqua, à la cathédrale, la conception large qu’avait le général de la défense nationale. Il ne s’agissait, en effet, pas seulement d’un chef militaire, mais encore d’un citoyen qui avait senti qu’il était responsable de la défense morale du pays. Parce qu’il était d’un caractère exceptionnel, d’une nature heureuse, d’une profonde compréhension humaine, il avait su mériter ce que le président de la Confédération appela avec justesse «la réponse des Confédérés»: cette extraordinaire popularité qui, dès le premier jour, ne connut d’un bout de la Suisse à l’autre aucune des frontières que dressent d’ordinaire la langue, la confession, les opinions politiques ou simplement la tradition.

«L’hom­mage n’aurait pas pu être plus unanime. La mort du général a marqué la fin d’une époque»

» Hier, à Lausanne, une dernière fois, tout un peuple en deuil a répété au général Guisan cette «réponse des Confédérés». Habits civils et uniformes se mêlaient fraternellement dans le cortège et la cathédrale. A nouveau, autour du cercueil, diversités de langues et de confessions disparurent. L’hom­mage n’aurait pas pu être plus unanime. La mort du général a marqué la fin d’une époque. C’est une page de notre histoire qui se tourne. Déjà, les uniformes d’anciens officiers semblaient hier démodés. Mais le souvenir d’Hen­ri Guisan restera gravé dans les cœurs indélébilement.» (24 heures)

Créé: 13.04.2016, 09h27

Ce jour-là

Tiré de la «Feuille d’Avis de Lausanne» du 13 avril 1960

New York
La chatte et les coffres
Parce qu’elle a choisi de mettre bas ses petits dans un endroit réputé inaccessible, une chatte de New York a eu les honneurs de la presse. Elle avait réussi à s’introduire dans la salle des coffres-forts d’une banque de Manhattan, sans déclencher le système d’alarme. Cet incident a d’abord beaucoup amusé le directeur, mais, depuis quelques jours, il déchante. La moitié de ses clients sont allés louer des coffres dans la banque voisine.

Cuba
Défections
Trois membres d’équipage d’un avion de transport cubain – le pilote, le copilote et le caissier de bord – ont demandé à bénéficier du droit d’asile après un atterrissage à Miami. L’un des quinze passagers a fait de même.

28 Le nombre de valises accompagnant Marlene Dietrich à son arrivée à Paris, en provenance de New York. Très détendue, souriante, celle que l’on surnomme l’«Ange bleu» séjournera quelques jours dans la Ville Lumière avant une tournée d’un mois à travers l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark, la Suède et la Suisse.

Etats-Unis
Visionnaire
Vannevar Bush, qui pendant la guerre était à la tête de l’office créé par le gouvernement pour la recherche scientifique et collabora à la mise au point de la bombe atomique, qualifie de «numéro de cirque» le projet de l’Office des Etats-Unis pour l’exploration de l’espace interplanétaire d’envoyer dans ledit espace un satellite monté par un homme: cela n’aurait que peu de valeur, tant du point de vue scientifique que militaire.

Vatican
Hallebardier aliéné
Adolf Rucker, le jeune hallebardier de la garde suisse qui, en avril de l’année dernière, blessa à coups de revolver le colonel Robert Nunlist avant de tenter de se suicider, est atteint d’aliénation mentale. Telle est la conclusion de l’expertise médicale effectuée à la demande du juge chargé de l’instruction. Ce dernier devra décider s’il y a lieu de donner une suite à cette affaire ou s’il faut conclure à un non-lieu.

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