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Comment Lucens a fissuré le mythe du nucléaire

Le 21 janvier, la première centrale nucléaire suisse vit l’un des accidents les plus graves de l’histoire.

Le groupe d'intervention s'équipe avant d'entrer dans les couloirs contaminés par la fusion du coeur du réacteur nucléaire de Lucens.
Le groupe d'intervention s'équipe avant d'entrer dans les couloirs contaminés par la fusion du coeur du réacteur nucléaire de Lucens.
Keystone

«Herr Buclin, Lucens am Apparat.» Court silence. «Il y avait Lucens au téléphone. Je me suis dit que ça devait tout de même être grave pour qu’on me sorte comme ça de séance.» Il est 17h30 à Würenlingen (AG), Jean-Paul Buclin, directeur de la centrale de Lucens et expert de la Commission fédérale de sécurité nucléaire, va passer 40 minutes avec ses collègues du poste de commande. C’en était fini. Le rêve d’un nucléaire 100% suisse avec, on l’espérait, un uranium des Alpes et une autonomie nationale en pleine guerre froide, n’avait fonctionné que six minutes, et Lucens devenait l’un des accidents les plus graves de l’histoire, aujourd’hui classé entre la fuite de Fukushima (2013) et Saint-Laurent-des-Eaux (1969 et 1980).

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