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Martin Luther le flamboyant était mal embouché

Portrait contrasté du premier père de la réforme protestante, qui fut lancée il y a un demi-millénaire.

Une gravure du père de la Réforme, Martin Luther, datant d’environ 1520.
Une gravure du père de la Réforme, Martin Luther, datant d’environ 1520.
GETTY

Le 31 octobre 1517 , soit cinq siècles avant celle qui vient, les habitants de la ville saxonne de Wittenberg, au bord de l’Elbe, virent un éminent frère augustin natif d’un bourg proche, Eisleben, clouer des placards sur la porte de l’église du château. Martin Luther avait alors 34 ans, une carrière de théologien déjà reconnue par-delà les Allemagnes et un fichu caractère. Le libellé des affiches annonçait, en 95 arguments, l’avènement d’un christianisme en rupture avec le catholicisme apostolique de Rome – auquel il avait longtemps souscrit – mais surtout l’aurore d’une ère des Lumières avant la lettre. La cible directe de Luther était le pape Léon X (1475-1521). Un mécène de la race florentine des Médicis, qui échangeait ouvertement du Bon Dieu sans confession, et sous forme d’«indulgences», à tout pécheur fortuné disposé à financer l’édification du dôme de l’église Saint-Pierre.

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