Des miches de pain au village

Histoire d'iciEn terres vaudoises, la célébration de Noël a donné lieu à plusieurs coutumes singulières. Dont cette donation.

Image: Edouard Curchod

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A La Chiésaz, au-dessus de St-Légier, une coutume perdure depuis 1792. A cette date, le sieur Jean-Pierre Bonnard, un lieutenant de la région, lègue au village quelque «six-cent francs» pour distribuer «par chaque feu, 4 livres de pain blanc à chaque Noël». Selon le vœu du légataire, la donation s’adresse alors aux ressortissants du village. Du coup, les ayants droit ne sont aujourd’hui plus qu’une quarantaine, la tradition étant appliquée à la lettre. Chaque foyer du vieux village reçoit ainsi par courrier une invitation à venir retirer le 24 décembre les deux miches de pain qui lui sont destinées.

«Les ayants droit doivent faire feu la veille, c’est-à-dire être présents, avoir le foyer allumé», explique Pierre Décombaz, le «recteur» de la Donation Bonnard qui gère la distribution assisté de deux assesseurs. Pas question de nourrir les propriétaires qui n’occupent pas leur bien. «Certains ont tenté d’acheter un droit à la miche de pain pour y participer, mais cela n’a pas été accordé», raconte le recteur.

Le jour venu, c’est au vieux carnotzet des pompiers que les pains, façonnés par le boulanger du village, attendent les heureux récipiendaires. «On boit un verre, on mange une salée et on fait un petit feu, c’est la tradition», explique Pierre Décombaz.

Si la plupart des habitants sont de la partie, «il y en a toujours quelques-uns pour ne pas répondre» à l’invitation. Notamment les nouveaux locataires à qui, le cas échéant, une missive est adressée afin de les enjoindre à participer. Les autres citoyens du village (qui fait partie de la commune St-Légier-La Chiésaz), eux, ne sont pas conviés et «n’ont rien à faire là». Les autorités de la commune, qui soutient l’événement, sont invitées et il arrive que la Municipalité débarque in corpore pour la distribution. «Ceux du vieux quartier, je les connais presque tous, confie le recteur. C’est seulement à cette occasion qu’on peut se retrouver et échanger quelques propos entre «faisant feu».»

Créé: 22.12.2014, 11h35

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